vendredi 27 novembre 2020
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Monaco renforce ses capacités de dépistage avec un laboratoire haute sécurité

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Le prince Albert II a inauguré, lundi 16 novembre 2020, le tout nouveau laboratoire P3 dont vient de se doter la principauté.

Installé au centre scientifique de Monaco, il permettra d’analyser jusqu’à 3 000 tests par semaine.

Alors que le Covid-19 continue de circuler activement à Monaco (62 nouveaux cas entre le 9 et le 15 novembre 2020), les autorités ont inauguré ce lundi un nouveau laboratoire au centre scientifique de Monaco (CSM). Hautement sécurisé (niveau 3, P3) et équipé d’un automate dernière génération, le Cobas 6 800 de Roche Diagnostics, ce laboratoire permet à la principauté de renforcer ses capacités de dépistage. Seule arme efficace aujourd’hui pour lutter contre le coronavirus, en l’absence de vaccin et de traitement (lire notre dossier dans ce numéro).

Jusqu’à 3 000 tests par semaine

Après avoir fait l’acquisition de deux premiers automates qui lui ont permis d’analyser quelque 6 000 tests PCR, le CSM continue donc de prêter main forte aux laboratoires de ville avec cette nouvelle infrastructure, qui lui permettra désormais de réaliser jusqu’à 3 000 tests par semaine. « Nous serons en capacité de réaliser l’ensemble des tests prélevés en principauté et ainsi de ne plus dépendre du pays voisin », indique le docteur Hervé Raps, responsable du nouveau laboratoire. Une « indépendance totale » ô combien importante pour Monaco qui avait fait les frais de la saturation des laboratoires français pendant l’été 2020. Avec pour conséquence des délais rallongés pour obtenir les résultats. Cette structure doit d’ailleurs aussi permettre de réduire les délais de diagnostic. Grâce à ce laboratoire flambant neuf, il faudra attendre entre 12 et 15 heures pour obtenir un résultat PCR contre 24 à 36 heures actuellement. Un gain de temps rendu possible grâce à la numérisation de tous les processus puisque, comme l’explique le délégué interministériel chargé de la transition numérique, Frédéric Genta, « chaque personne qui se fera tester aura un QR code et un identifiant unique. Elle laissera son numéro de téléphone et dès que les résultats seront disponibles, elle recevra un SMS pour les consulter soit via le lien du message, via le QR code ou une plateforme web ». Ces données, stockées en principauté donc sous législation monégasque, seront également précieuses pour les autorités sanitaires qui pourront ainsi suivre, en temps réel, l’évolution de la circulation du virus en principauté. Et donc prendre des mesures adaptées à la situation.

« On ne manipulera pas de virus »

Parallèlement à ce renforcement des capacités d’analyses, Monaco va aussi accroître ses capacités de prélèvements comme l’a révélé en conférence de presse Ludmilla Raconnat-Le Goff, secrétaire générale du département des affaires sociales et de la santé : « Dès lundi (23 novembre), nous allons les doubler au centre Léo Ferré. Nous allons passer à 8 postes de prélèvements dans un premier temps, peut-être plus si nécessaire ». Pour le moment l’automate n’analyse que des tests PCR, « méthode la plus aboutie en termes de sensibilité », mais Roche Diagnostics envisage de proposer « d’ici la fin de l’année » des tests antigéniques « complètement automatisés », qui pourront être montés sur la machine. « On aura des résultats en 18 minutes avec une capacité de 300 tests par heure », ont fait savoir les représentants du laboratoire suisse, qui travaille aussi conjointement « sur des tests de recherche d’anticorps qui permettent de contrôler l’immunité du patient et sur des tests qui permettent de suivre l’efficacité du vaccin ». En attendant ces nouveaux outils, le CSM dispose avec le laboratoire P3 d’une arme supplémentaire contre le Covid-19. Mais pas que. Car, comme le souligne le professeur Patrick Rampal, « une telle structure P3 permet aussi de manipuler d’autres agents bactériens ou viraux […] qui risquent de se développer dans les années à venir et qui seront encore plus méchants que le SARS-CoV-2 ». Cette plateforme, qui aura coûté 3 millions d’euros à l’État, permettra ainsi à la principauté de mieux faire face à d’autres menaces sanitaires potentielles. « Quelque part, ce drame du Covid a été une chance parce que cela nous amène à anticiper. Il faut considérer l’avenir et nous positionner pour être aptes à affronter dans le futur d’autres maladies transmissibles. Je pense que là, on s’est mis en situation de pouvoir bien gérer ce type de drame à l’avenir », s’est félicité le président du CSM. Et alors que l’hypothèse d’un coronavirus échappé d’un laboratoire circule de plus en plus sur les réseaux sociaux, le CSM a tenu à rassurer : « Il n’est pas dans notre intention de travailler sur des virus ou de structurer une recherche sur des virus au centre scientifique. Nous n’avons pas d’équipe de virologie, on ne manipulera pas des virus. Ce laboratoire est une plateforme de diagnostic médical, mais si à l’avenir un nouveau germe classé niveau 3 — comme l’a été le coronavirus de décembre à mars 2020 — apparaissait, cela nous permettrait de le tester immédiatement au sein de notre laboratoire ».

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