lundi 6 décembre 2021
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Le sport sur ordonnance :
et si ça marchait ?

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Seance de Fitness
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L’Académie de médecine française recommande la prescription de séances de sport par les médecins. L’expérience est tentée à Strasbourg et donne déjà des résultats en Midi-Pyrénées. Eclairages…

Des séances de vélo d’appartement sur ordonnance ? Des traitements à base d’aviron ou de marche pour combattre diabète, hypertension ou cancers ? Longtemps rangée au rayon des bonnes intentions, la pratique sportive est en passe de devenir un nouveau champ de prescription pour combattre des maladies chroniques de plus en plus nombreuses… Depuis une semaine, une cinquantaine de médecins généralistes de Strasbourg peuvent dresser des « ordonnances de sport » pour des patients atteints de symptômes sévères de diabète, obésité ou maladies cardiovasculaires. Grâce à leur ordonnance « sport-santé », les malades ont le droit gratuitement à une évaluation par un éducateur sportif et une orientation vers des activités sportives municipales : natation, marche nordique, aviron ou vélo (200 sont mis à disposition par la mairie). 400 patients devraient bénéficier du dispositif la première année pour un coût total estimé autour de 130 000 euros.

Bienfaits
L’initiative n’est pas la première du genre : depuis sept ans déjà, le réseau EFFORMIP en Midi-Pyrénées propose des ordonnances de sport à des patients atteints de maladies chroniques. Chaque année, 200 malades bénéficient de prescriptions d’activités sportives par des généralistes spécialement formés. Les patients sont ensuite orientés par des éducateurs vers des fédérations sportives où leur licence est financée à hauteur de 120 euros pendant un an. En contrepartie, les malades s’engagent à suivre deux séances par semaine minimum. Au bout d’un an, 89 % des patients renouvèlent leur licence, dès lors payée entièrement de leur poche !
Ces initiatives font écho à la multiplication des études scientifiques récentes mesurant les bienfaits du sport sur la santé : réduction moyenne de 30 % du risque de mortalité par une pratique de trois heures hebdomadaires, baisse de la pression artérielle, prévention du diabète de type 2, aide au sevrage tabagique… Dans un rapport rendu public fin octobre, plusieurs membres de l’Académie de Médecine française réclament même un remboursement de séances de sport qui « devraient faire partie des prescriptions au même titre que l’aspirine ou les antidépresseurs. » D’ores et déjà, certaines mutuelles remboursent jusqu’à 150 euros par an de frais liés à la pratique d’activités sportives encadrées pour des patients atteints d’affections de longue durée.

Médecine et sport, conciliables ?
Dans la pratique, ce sport sur ordonnance reste pourtant encore délicat à mettre en place. Mouvements sportifs et médecine sont deux mondes qui se connaissent mal et collaborent peu. Mal intégrés, les patients risquent de se retrouver stigmatisés dans les clubs sportifs. Les médecins de leur côté ne sont pas toujours au fait des types de sports adaptés aux différentes pathologies. Le réseau EFFORMIP a intégré dans son dispositif des formations communes pour les éducateurs sportifs et généralistes impliqués dans le réseau. « Cela permet de dépasser les peurs et les aprioris qui existent de part et d’autre, explique le docteur Philippe Gesthem, l’un des responsables du réseau. Les patients sont généralement orientés vers des fédérations multisports et des cours collectifs. Certains tiennent à rester « anonymes » au sein du club. » D’autres régions, comme la Franche-Comté, commencent à mettre en place des formations aux « maladies chroniques » pour les éducateurs sportifs et fédérations.
L’enjeu est d’importance à l’heure où les autorités de santé travaillent de plus en plus à la mise en place de parcours santé autour des malades chroniques. Objectif ? Coordonner les différents acteurs de soins mais aussi tous ceux qui prennent en charge le bien-être et la santé des patients. Ordonnances de sport comprises…

Et si la grippe donnait… le diabète ?
Depuis des années, les chercheurs soupçonnent des virus saisonniers de favoriser l’apparition de diabète de type 1. L’équipe de la chercheuse italienne Ilaria Capua vient de montrer que le virus de la grippe pourrait être un facteur déclencheur important de la maladie. Selon les travaux de la scientifique, en migrant jusqu’au pancréas, le virus grippal peut générer des réactions inflammatoires accélérant l’apparition de diabète de type 1chez les personnes prédisposées. Le récent virus H1N1 serait un facteur aggravant particulièrement redoutable, plusieurs équipes de l’OMS ayant constaté une augmentation des cas de diabètes en Italie ou au Japon après les pandémies grippales H1N1. Les auteurs de l’étude italienne recommandent la vaccination des personnes à facteur de risque de diabète de type1.
Un jeu vidéo pour calmer les enfants en colère ?
Il s’appelle Rage Control et consiste à tirer à feu nourri sur des vaisseaux ennemis tout en épargnant les vaisseaux alliés. Conçu par des médecins de l’hôpital de Boston, le jeu s’accompagne d’un moniteur qui suit le rythme cardiaque du joueur en direct et l’affiche sur l’écran. Au-delà de la fréquence dépasse le seuil toléré, les joueurs doivent retrouvent leur calme pour pouvoir continuer à jouer. Objectif ? Leur apprendre à maîtriser leurs émotions…
La santé sur le net, ça rassure…
C’est le constat d’un récent sondage conduit auprès de 2000 internautes français. 58 % avouent avoir modifié des comportements quotidiens après avoir consulté des sites spécialisés. 77 % utilisent cette ressource pour mieux appréhender les diagnostics et 17 % se contentent même des contenus en ligne, plutôt que d’aller voir leur généraliste…

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Monaco Hebdo