mardi 25 janvier 2022
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Faut-il faire confiance aux psys sur Internet ?

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jeconsulteunpsy.com
Un contact téléphonique ou par mail aussi efficace qu'une consultation directe en cas de crise de panique ? © Photo D.R.

De plus en plus de sites proposent des consultations de psy payantes sur le net. Les professionnels s’interrogent sur l’intérêt de ces analyses à distance…

Un coup de blues passager, un trop plein de stress, l’envie de faire le point sur sa vie ? Plutôt que de vous allonger sur le divan, tentez une virée sur le net. En l’espace de quelques mois, les sites de consultations psy se sont multipliés sur la toile. Près d’une vingtaine propose actuellement des séances d’analyse à distance, sous forme de conversations téléphoniques, d’échanges de mails, de chat en ligne et même via des webcams – en attendant les inévitables applications pour iPhone et Twitter ! Le tout est facturé entre 25 et 60 euros la demi-heure en moyenne. L’un des dernier nés du genre, jeconsulteunpsy. com, propose même de choisir son analyste “virtuel” parmi un panel de 45 professionnels référencés avec photos (souriantes) et pédigrées (clinquants). Très en vogue outre-Atlantique où elles sont devenues une discipline à part entière, ces thérapies à distance sont loin de faire l’unanimité en France. Plusieurs spécialistes et associations professionnelles ont déjà mis en garde contre les dérives possibles de cette “fast food therapy”. Aux USA, certains sites se sont fait épingler pour avoir fait passer – et facturé – des étudiants en guise de thérapeutes confirmés. En France, un seul site bénéficie pour l’instant du label HONCODE (la meilleure garantie en terme de web médical francophone). Les experts s’inquiètent surtout des amalgames qui, derrière un même terme “psy”, confondent l’écoute d’urgence, le soutien psychologique et le véritable travail d’analyse qui peut s’étaler sur des années… Et s’accommode difficilement de rendez-vous par écrans interposés.

Polémiques

Les promoteurs des sites eux revendiquent leur souhait de proposer une offre alternative – pour ceux qui n’osent pas franchir le pas d’un cabinet de psy ou qui n’en ont pas le temps, en raison d’emplois du temps surchargés… « On ne prétend pas pour autant se substituer au travail d’analyse », explique-t-on à la direction de jeconsulteunpsy.com.
Au-delà des polémiques, plusieurs études récentes tendent à montrer que ces thérapies à distance peuvent apporter de réels bénéfices… en accompagnement de prises en charge en face à face. Une étude américaine menée à Seattle auprès de 400 patients sous anti-dépresseurs a ainsi attesté que l’accompagnement virtuel favorisait la prise des traitements. Une autre étude a montré qu’un contact téléphonique ou par mail pouvait être aussi efficace qu’une consultation directe en cas de crise de panique. Autant de données qui devraient conduire divans de psys et sites de soutien psychologique à cohabiter de mieux en mieux à l’avenir.

Votre santé, en bref

¦  La cigarette électronique bientôt mise au ban ?

La député française des Alpes-Maritimes, Muriel Marland-Militello, vient en tout cas de demander un «moratoire» sur ces fausses cigarettes censées aider les fumeurs dans leur sevrage. La parlementaire s’inquiète de la composition des dites cigarettes, et plus particulièrement de la « vapeur aromatisée souvent à base de glycérol, contenant ou non de la nicotine.» Le ministère français de la santé a commandé une expertise approfondie pour savoir ce que cachent vraiment ces volutes et appelle en attendant les usagers à «la plus grande prudence».

¦  Femmes enceintes : zen, mais pas trop…

Une étude de chercheurs du très célèbre John Hopkins Hospital de Baltimore (USA) vient de montrer qu’un stress modéré peut favoriser le développement cérébral des fœtus. Les scientifiques ont suivi une vingtaine de femmes durant leurs derniers mois de grossesse, mesurant leurs niveaux de stress. Celles qui ont subi un stress plus élevé ont donné naissance à des bébés dont la motricité était meilleure et qui répondaient à différents tests de maturation cérébrale. Selon l’équipe, l’hormone de cortisol, généralement déclenchée par le stress pourrait jouer un rôle clé dans le développement cérébral des fœtus.

¦  Puberté précoce: la faute à la pollution?

Une étude de chercheurs américains menée sur plus de mille jeunes filles de 8 à 10 ans a montré la présence de composés chimiques jugés dangereux dans les urines d’une majorité de jeunes. Les scientifiques ont repéré des traces de phytoestrogènes, phtalates et phénols – soit différents produits présents dans l’environnement. Ces composés peuvent entrainer un développement précoce de signes de puberté – et entraîner plus tard un risque accru de cancer du sein…

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Monaco Hebdo