dimanche 25 octobre 2020
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« Le dépistage précoce du cancer du sein reste notre meilleur allié »

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Alors qu’a débuté, voilà quelques jours, le mois d’Octobre Rose, les services de santé monégasques rappellent l’importance du dépistage du cancer du sein.

Car, si toutes les attentions semblent tournées vers l’épidémie de Covid-19, il n’en reste pas moins une maladie grave qui fait, tous les ans, quelque 550 000 morts dans le monde.

Comme 200 autres villes dans le monde, vendredi 2 octobre 2020, la principauté de Monaco s’est mise aux couleurs d’Octobre Rose, cette campagne annuelle de communication destinée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche. Ainsi, pour la dixième année consécutive, le palais princier, la tour Odéon, le musée océanographique, le casino de Monte-Carlo, le stade Louis-II ou encore le Grimaldi Forum, ont été éclairés en rose à la tombée de la nuit. L’édition 2020 d’Octobre Rose se déroule néanmoins dans un contexte particulier : l’épidémie de Covid-19 est dans toutes les bouches, et accapare l’attention des particuliers, y compris des personnes concernées par le dépistage du cancer du sein. « Le Covid-19 a eu des effets négatifs sur le dépistage du cancer du sein, confirme le docteur Mathieu Liberatore, chef de service d’échographie mammographie au Centre hospitalier princesse Grace (CHPG) de Monaco. Aujourd’hui, quelques patientes se présentent avec des lésions plus évoluées qu’elles n’auraient pu l’être si elles avaient été identifiées plus tôt. Ce n’est malheureusement pas une surprise : le mois de mai 2020 a été très calme dans nos services, et en juin, alors que le déconfinement débutait, notre activité ne tournait qu’à hauteur de 80 % de la normale. On a perdu du temps, très clairement. » Or, aujourd’hui, les patientes n’ont plus vraiment à craindre de contracter le coronavirus en se rendant à l’hôpital pour une opération de dépistage du cancer du sein. « Les hôpitaux se sont bien adaptés aux nouvelles mesures sanitaires, d’une manière générale, et le CHPG ne fait pas exception à la règle, assure Mathieu Liberatore, Le parcours patient est pensé pour respecter les précautions contre le Covid-19, les patientes n’ont pas de peur à avoir. »

D’excellents résultats lorsqu’il est pris à temps

Reste qu’indépendamment de la pandémie de Covid-19, le cancer du sein se soigne relativement bien de nos jours. A condition, rappelle-t-on au CHPG, de respecter le rythme du dépistage recommandé par les autorités sanitaires (voir par ailleurs). « Certaines patientes peuvent penser qu’elles n’ont pas besoin de faire un dépistage, que cela ne les concerne pas vraiment, regrette Mathieu Liberatore. D’autres, que ce n’est pas grave de décaler l’examen de quelques semaines, voire de quelques mois — cela a notamment été le cas avec le coronavirus. Or, c’est une erreur : détecté à temps, le cancer du sein se soigne bien, avec 90 % de rémissions. Mais, lorsqu’on retarde le dépistage, on prend le risque de se faire diagnostiquer plus tardivement, et donc d’avoir moins de chances de s’en remettre rapidement. Quand on perd trois, quatre, six mois, on « casse » la chaîne vertueuse, qui commence avec un diagnostic précoce, et se termine avec des patientes en bonne santé et sans récidive. »

Des amplitudes horaires revues à la hausse au CHPG

Pour « remettre l’accent sur l’importance du dépistage », les équipes du CHPG vont faire en sorte de pouvoir rencontrer plus de patientes, que ce soit via des échanges en personne ou par téléphone. « Pour Octobre Rose, nous allons augmenter les amplitudes horaires de nos équipes, pour répondre aux demandes des patientes et à la recrudescence des consultations. En interne, celles qui le souhaitent pourront aussi bénéficier d’un dépistage du cancer du sein. » L’importance, selon les responsables du CHPG, reste de nouer le contact, quitte à programmer un rendez-vous dans les prochains mois — les dépistages prévus en ce mois d’octobre 2020 ont, par exemple, été fixés en règle générale au début de l’été. « Au CHPG, nous utilisons pour le dépistage du cancer du sein un appareil de tomosynthèse, qui permet d’obtenir des images d’excellente qualité, avec un niveau de radiation plus faible que celui des mammographies classiques », précise Mathieu Liberatore. Cette méthode permet également une détection plus précoce de petits cancers du sein, tout en diminuant le taux de rappel des patientes pour des clichés supplémentaires, des prélèvements ou des échographies complémentaires. Elle améliore la sensibilité de la mammographie de l’ordre de 5 à 10 %. Par ailleurs, notons que le positionnement de la patiente et la compression du sein restent les mêmes que pour une mammographie conventionnelle 2D. Rappelons, enfin, que selon les chiffres de la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. En 2017, près de 60 000 nouveaux cas ont ainsi été diagnostiqués en France. Cette maladie reste responsable de 12 000 décès par an et représente la première cause de décès par cancer chez la femme, même si son taux de mortalité a diminué en 15 ans grâce à un meilleur dépistage et au développement de nouvelles thérapies. Actuellement, plus de 87 % des patientes sont en vie 5 ans après le diagnostic.

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