jeudi 15 avril 2021
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AstraZeneca : un lien entre le vaccin et des cas « très rares » de thromboses reconnu

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C’était un avis qui était très attendu. Le 7 avril 2021, l’Agence européenne des médicaments (AEM) a indiqué que dans certains cas, « très rares », le vaccin d’AstraZeneca contre le Covid-19 peut provoquer des caillots sanguins qui peuvent mettre en danger la vie des patients.


A l’occasion d’une visioconférence le 7 avril 2021, Emer Cooke, la directrice exécutive de l’Agence européenne des médicaments (AEM) a longuement insisté : les « bénéfices » du vaccin AstraZeneca «restent largement supérieurs aux risques qu’il fait encourir». Néanmoins, il reste tout de même quelques points d’ombre. En effet, alors que les femmes de moins de 60 ans, sont en tête de liste concernant l’apparition d’effets secondaires dangereux, l’AEM n’a pas pu confirmer que ses conclusions étaient également applicables à cette catégorie, bien spécifique, de patients. Deuxième flou notable : l’AEM n’a pas pu détailler une liste précise de facteurs de risques, et n’a donc pas émis de recommandations concernant l’usage du vaccin d’AstraZeneca. En attendant, en Europe, les scientifiques continuent de suivre avec attention l’évolution des chiffres concernant ce vaccin. Au 22 mars 2021, 62 cas de thrombose du sinus veineux cérébral et 24 cas de thrombose de la veine splanchnique avaient été détectés, provoquant 18 morts pour 25 millions de personnes vaccinées avec AstraZeneca en Europe continentale et au Royaume-Uni. Mi-avril 2021, ces chiffres ont augmenté, mais cela ne remet pas en cause les conclusions de l’AEM, a souligné Emer Cooke. En parallèle, cette agence a demandé à AstraZeneca de lancer de nouvelles études sur ce sujet. De plus, l’AEM a contacté des équipes de chercheurs des universités de Rotterdam et d’Utrecht (Pays-Bas) afin qu’ils travaillent également sur ce dossier sensible.

Les « bénéfices » du vaccin AstraZeneca «restent largement supérieurs aux risques qu’il fait encourir» Emer Cooke. Directrice exécutive de l’Agence européenne des médicaments

Contexte

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un communiqué le 7 avril 2021 dans lequel elle se montre prudente. Concernant le lien entre le vaccin d’AstraZeneca et l’apparition d’une forme rare de caillots sanguins, l’OMS le juge  « plausible, mais non confirmé ». Du coup, là encore, l’OMS estime que «des études spécialisées sont nécessaires», tout en rappelant que « bien qu’inquiétants, [ces cas] sont très rares ». Ce qui est sûr, c’est que le contexte pèse beaucoup. Les vaccins manquent, alors que les variants se développent à très grande vitesse un peu partout dans le monde. Du coup, actuellement, il est difficile de tourner le dos au vaccin d’AstraZeneca. Mais les choix, très différents, faits par les gouvernements européens entretiennent le flou. En effet, en France, le vaccin d’AstraZeneca est réservé aux personnes âgées de plus de 55 ans, alors qu’il est toujours suspendu en Norvège et au Danemark. Du côté de l’Allemagne, ce vaccin est proposé aux plus de 60 ans, alors qu’il est donné aux plus de 65 ans en Finlande et en Suède. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 13 avril 2021, ce vaccin n’était pas disponible en principauté. Seul le vaccin Pfizer-BioNTech était utilisé à Monaco. Dans le monde, plus de 200 millions de personnes ont été vaccinées avec AstraZeneca. 

La Haute autorité de santé (HAS) recommande aux 533 302 personnes de moins de 55 ans qui ont reçu une première dose du vaccin AstraZeneca, de faire leur deuxième injection avec un vaccin à ARN messager, c’est-à-dire Pfizer-BioNTech et Moderna

Précaution

En tout cas, globalement, la confiance pour les vaccins continue de progresser en France. Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour franceinfo et Le Figaro, si en décembre 2020, seulement 42 % des Français approuvaient la vaccination, ils étaient 56 % en janvier 2021, et 61 % en février 2021. En revanche, pour AstraZeneca, le mal est fait : en France, 71 % des personnes interrogées ne veulent plus de ce vaccin. Enfin selon une information publiée par Le Monde le 9 avril 2021, la Haute autorité de santé (HAS) recommande aux 533 302 personnes de moins de 55 ans qui ont reçu une première dose du vaccin AstraZeneca entre le 6 février 2021 et le 13 mars 2021, de faire leur deuxième injection avec un vaccin à ARN messager, c’est-à-dire avec ceux proposés par Pfizer-BioNTech et Moderna. Le ministre de la santé français, Olivier Véran, a précisé le 9 avril au matin qu’il s’agissait d’une mesure qui relevait du principe de précaution, mais que rien n’était figé. La situation reste mouvante, et pourrait donc encore évoluer, en fonction des études scientifiques à venir. Et ce n’est pas de nature à rassurer l’opinion publique. 

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