dimanche 25 octobre 2020
Accueil Actualités Maladie d'Alzheimer : « A partir de 45 ans, il faut faire de...

Maladie d’Alzheimer : « A partir de 45 ans, il faut faire de la prévention »

Publié le

Quelques jours avant la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer qui se déroulera le 21 septembre 2020, le professeur de santé publique et directeur général de la Fondation Alzheimer, Philippe Amouyel, évoque pour Monaco Hebdo les principaux enjeux et les espoirs face à ce fléau.

Dans le monde, 50 millions de personnes sont diagnostiquées aujourd’hui de la maladie d’Alzheimer, et, sans avancée thérapeutique majeure, elles devraient être 152 millions en 2050 : cette maladie touche combien de personnes en France et à Monaco ?

En France, il y a entre 900 000 et un million de malades diagnostiqués. Ce chiffre progresse avec le vieillissement de la population, car plus on avance en âge et plus la fréquence de cette maladie est élevée. Au-delà de 80-85 ans, c’est quasiment 15 à 20 % de la population qui peut être atteinte.

Combien de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année ?

En France, on estime qu’il y a chaque année 200 000 nouveaux cas de maladie d’Alzheimer diagnostiqués.

On confond parfois sénilité et maladie d’Alzheimer : comment être sûr du diagnostic ?

Jusque dans les années 1980, on parlait de sénilité, de démence sénile, de gâtisme… Et puis, au fil du temps, on a vu des gens vivre jusqu’à des âges avancés avec des fonctions intellectuelles quasiment parfaites. En 1984, des critères ont été établis pour isoler un certain nombre de signes spécifiques, et on a parlé à ce moment-là de maladie d’Alzheimer. Le médecin, psychiatre et neurologue allemand, Alois Alzheimer (1864-1915), étudiait les cerveaux des gens après leur mort. Il avait décrit des lésions dans le cerveau. Donc, aujourd’hui, la sénilité c’est un vieillissement normal. Et le fait de développer une démence de type Alzheimer, c’est une maladie. Mais tout ça, est finalement assez récent puisque ça remonte aux années 1980.

Peut-on réellement prévenir la maladie d’Alzheimer en adoptant un style de vie plus sain et plus actif physiquement, comme l’ont montré des études publiées pendant l’été 2019 ?

Oui. Le plus souvent, les symptômes sont des troubles de mémoire qui sont suffisamment gênants pour que l’on prenne rendez-vous avec son médecin. Depuis une quinzaine d’années, on sait que cette maladie, qui apparaît le plus souvent au-delà de 65 ans, commence en fait à se développer 10 ou 20 ans avant. Pendant cette phase, où il n’y a pas de symptômes, le cerveau résiste grâce à son capital neuronal et synaptique. Et puis, à un moment, il ne peut plus résister et les premiers symptômes apparaissent. Avec mes collègues, on s’est donc dit qu’il faudrait parvenir à étendre cette phase pendant laquelle le cerveau résiste. Ainsi, les symptômes apparaîtraient plus tard. Or, à cet âge-là, plus les symptômes apparaissent tard, et plus le risque de mourir d’autre chose augmente.

C’est ce qui a été fait ?

Au début des années 2000, des simulations ont été faites. En repoussant de 5 ans l’âge de début des symptômes dans une population comme celle des Etats-Unis, où il y a entre 5 et 6 millions de malades et le double dans 10 ou 20 ans, il n’y aurait alors plus que 7 millions de patients, au lieu de 13 millions. Le gain est donc très net, même si cela ne résout pas la question des gens malades ou des familles, bien sûr. Et puis, une étude intéressante est sortie.

Laquelle ?

En 2013, une équipe hollandaise s’est intéressée aux gens nés en 1920, en 1930, en 1940… Dans chaque catégorie, ils ont regardé si le nombre de nouveaux cas de maladie d’Alzheimer était le même. Ils ont constaté que plus on avançait, et plus le nombre de malades semblait diminuer. Cette hypothèse s’est vérifiée dans les pays les plus développés et les plus riches. Ça s’est vérifié en Angleterre, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, dans les pays nordiques, en Hollande…

Qu’est-ce que cela signifie ?

Cela signifie que quelqu’un qui est né aujourd’hui voit le risque de développer une maladie d’Alzheimer diminuer un peu. En fait, les gens développent la maladie beaucoup plus tard. Tout cela valide l’hypothèse de départ : si on arrive à repousser l’âge de début de la maladie, la « mortalité compétitive » réduira le nombre de malades.

Qu’est-ce qui explique cela ?

Plusieurs facteurs ont un impact. Le niveau d’éducation joue : plus la personne a mené des études longues, et plus sa protection cérébrale lui permettra de combattre l’avancée de la maladie. En France, avant la Seconde Guerre mondiale, le diplôme standard, c’était le certificat d’étude. Après 1950, c’était le brevet, puis le bac. Autre élément : depuis les années 1970, dans des pays riches et développés, comme la France, on constate une baisse des maladies cardiovasculaires. Cette baisse s’explique en partie par la qualité des traitements mis en place par les cardiologues, et en partie par des améliorations de la qualité de vie de la population, qui fait plus d’activité physique, et fait un peu plus attention à son alimentation. Or, on s’est aperçu que cela permet aussi de repousser l’âge de début de maladie d’Alzheimer. En revanche, lorsque le risque vasculaire est élevé, on a tendance à développer une maladie d’Alzheimer plus tôt.

Quels sont les traitements existants aujourd’hui ?

Aujourd’hui, on n’a pas de traitement qui stoppe la maladie d’Alzheimer. Il existe quelques traitements symptomatiques qui ne sont plus remboursés en France. Ces traitements ne fonctionnent pas avec tout le monde, et ils ne traitent que les symptômes pendant un temps limité. Donc, en attendant d’avoir un traitement efficace, il serait intéressant d’agir sur ces facteurs de prévention de la maladie d’Alzheimer.

Quels sont les principaux facteurs de risque qu’il faut surveiller ?

Il y a d’abord l’importance de la stimulation cérébrale. Car le cerveau ne s’use que lorsqu’il ne travaille pas. Scientifiquement, on parle de « réserve cognitive », mais je préfère parler de « capital cerveau ». Au fond, c’est un peu comme un capital retraite : il faut le travailler tout de suite pour pouvoir en bénéficier à la fin de votre vie. Le cerveau est composé d’à peu près 100 milliards de neurones qui ont été acquis quand on a une vingtaine d’années. Après, ils ne se divisent plus, mais le cerveau garde la capacité de se modifier : ainsi, on peut apprendre de nouvelles choses. C’est ce que l’on appelle la plasticité cérébrale. C’est lié au fait que nos neurones sont capables d’établir des connexions entre eux.

Comment ?

Un neurone peut établir une connexion avec 10 000 autres neurones, par exemple. Or, 10 000 multiplié par 100 milliards, ça laisse des possibilités de combinaisons extrêmement importantes. Mais ces connexions n’apparaissent que lorsque le cerveau travaille.

Que faire pour stimuler efficacement son cerveau ?

La lecture stimule le cerveau, car elle fait appel à beaucoup de nos sens. Cela fait appel à notre mémoire, au langage, aux associations… La lecture est un exercice très riche. Il ne s’agit pas forcément de lire l’intégrale de La Pléiade. La lecture d’un simple journal, d’un magazine, d’une BD est très efficace, pourvu que l’on éprouve du plaisir à lire.

D’autres activités sont efficaces pour stimuler le cerveau ?

Il y a aussi le bricolage et le jardinage. Mais aussi les voyages, car se projeter dans le temps et dans l’espace pour savoir où on va aller, c’est très efficace aussi. Autre activité : le tricot, parce qu’il s’agit d’une activité très complexe qui demande des plans, mais aussi de la projection, de la régularité et de l’anticipation. Pour stimuler son cerveau, on peut aussi se lancer dans l’apprentissage d’une nouvelle langue. D’une manière générale, il faut sortir de sa zone de confort. Par exemple, si on est droitier, dix minutes par jour on peut s’obliger à utiliser sa main gauche pour faire ce que l’on fait habituellement avec sa main droite.

© Photo DR

« Le niveau d’éducation joue : plus la personne a mené des études longues, et plus sa protection cérébrale lui permettra de combattre l’avancée de la maladie »

Le cerveau est un organe essentiel, mais fragile ?

Le cerveau est une formidable machine, ultra complexe, dont on commence à mieux comprendre le fonctionnement. Mais comme beaucoup de choses complexes, c’est fragile. Notamment par rapport aux chocs, même si le cerveau est protégé par la boîte crânienne. Mais ce n’est pas suffisant. On s’est rendu compte que des petits chocs répétés, la pratique de sports comme le football américain, la boxe ou le rugby, engendrent un risque beaucoup plus élevé de développer une maladie neurodégénérative. On s’aperçoit que les joueurs de football, à force de jouer avec leur tête, ont des lésions proches de la maladie d’Alzheimer. Des Ecossais qui ont fait une étude sur ce sujet, ont d’ailleurs demandé que dans les écoles de football, jusqu’à 12 ans, le jeu de tête soit interdit.

Mais les lésions sont sans doute mineures ?

Les lésions mineures vont détruire quelques neurones. Or, à la longue, cela va réduire le capital cerveau que l’on doit au contraire entretenir.

Le cerveau peut aussi être abîmé de l’intérieur ?

Le cerveau est protégé par la barrière hémato-encéphalique qui empêche ce qui est dans le sang de passer dans le cerveau. Malgré cela, certains médicaments, en particulier certains antidépresseurs ou anxiolytiques, le tabac, l’alcool et les drogues peuvent pénétrer dans le cerveau.

Quels sont les profils qui doivent faire le plus attention ?

Tous les gens qui ont un risque cardiovasculaire élevé, hypertension artérielle, taux de cholestérol élevé, surcharge pondérale, sédentarité développent leur maladie d’Alzheimer plus tôt. Donc une vérification à 40-45 ans pour évaluer les risques vasculaires et leur prise en charge est essentielle. Car c’est à ce moment-là que se joue le risque sur le cerveau. Si ces risques ne sont pas pris en charge entre 45 et 55 ans, ils feront le lit de cette accélération de la maladie.

L’alimentation joue aussi un rôle ?

Une seule chose a été démontrée. Tous les compléments alimentaires n’ont pas montré d’effets particuliers, sauf en cas de carences. En revanche, le régime méditerranéen a montré de réels effets. Diminuer la consommation de viande rouge, avoir une consommation de viande maigre, de type volaille, une ou deux fois par semaine, manger du poisson au moins deux fois par semaine, consommer des fruits frais, avoir une alimentation à base d’huile d’olive, consommer des noix et des graines, réduire sa consommation d’alcool… Tous ces éléments ont montré qu’ils étaient utiles pour repousser l’âge de début de la maladie d’Alzheimer.

Quoi d’autres ?

Ce qui nourrit notre cerveau, c’est le lien social. Les optimistes font moins d’Alzheimer que les pessimistes. Et l’optimisme, ça se travaille. Le pessimisme n’est pas une fatalité. Les gens qui vivent en couple ont un risque plus faible de développer la maladie. Tout comme ceux qui ont un très bon réseau social, avec beaucoup d’amis et qui sortent beaucoup. Tout ce qui favorise la vie en société et l’interaction avec les autres est positif.

A l’inverse, qu’est-ce qui est défavorable ?

Ceux qui souffrent de presbyacousie, c’est-à-dire d’une perte neuro-sensorielle progressive de l’audition qui survient souvent à partir de 50 ans, feront un Alzheimer plus tôt. Car cela modifie les structures cérébrales et cela isole. En effet, souvent, les gens n’aiment pas répéter ou qu’on réponde à côté. Du coup, cela coupe le lien social. L’autre phénomène qui réduit le lien social, c’est la retraite. Si on part à la retraite à 55 ans au lieu de 65 ans, le risque de développer la maladie d’Alzheimer va augmenter d’environ 30 %.

A partir de quel âge faut-il commencer à travailler pour maintenir sa réserve cognitive ?

A partir de 45 ans, le cerveau vieillit et ses capacités mémorielles diminuent. La première chose qu’on oublie, ce sont les noms propres, parce que c’est quelque chose de difficile à retenir. Donc à partir de 40-45 ans, il faut commencer à faire de la prévention. C’est-à-dire voir ses amis, sortir, soigner son réseau social, faire du sport, faire un bilan cardiovasculaire, lire… Il faut aussi éviter de se retenir quand on éternue ou que l’on tousse. Car lorsqu’on retient un éternuement avec des gouttelettes qui partent à 50 km/h, cela crée une pression dans le cerveau et les vaisseaux les plus faibles éclatent.

© Photo DR

« A partir de 45 ans, le cerveau vieillit et ses capacités mémorielles diminuent. La première chose qu’on oublie, ce sont les noms propres, parce que c’est quelque chose de difficile à retenir »

Est-il exact qu’en contrôlant chacun des 12 facteurs de risque listés dans une étude publiée le 30 juillet 2020 dans la revue The Lancet, on pourrait prévenir ou retarder jusqu’à 40 % des cas d’Alzheimer ?

C’est exact. Dans les 12 facteurs (2), il y a le tabac, la sédentarité, la forte consommation d’alcool, la pollution…

Faut-il pratiquer certains sports plus que d’autres ?

Plutôt que de parler de « sport », je préfère parler d’activité physique. Aujourd’hui, il n’y a que 30 % des Français qui font du sport régulièrement. L’activité physique de base, c’est la marche. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de faire 10 000 pas par jour. Or, la moyenne pour la population qui est sédentaire, c’est 3 000 à 4 000 pas par jour. On peut s’équiper facilement d’un compteur de pas et essayer d’atteindre les 5 000 pas par jour pour sortir de la sédentarité. Le yoga et la méditation pleine conscience permettraient d’enrichir le « capital cerveau », et de protéger de l’apparition précoce des symptômes. Des études sont en cours à ce sujet, notamment chez des collègues de Caen.

Aujourd’hui, on ne sait toujours pas soigner la maladie d’Alzheimer ?

Actuellement, l’idée c’est de commencer les essais 5 à 10 ans avant que les symptômes n’apparaissent. Pour cela, il faut des outils, que l’on appelle des biomarqueurs pour pouvoir identifier, avant que les signes cliniques n’apparaissent, si la personne développera, ou non, une maladie d’Alzheimer dans les années à venir. Les traitements qui se profilent stoppent la maladie. Mais il faut la stopper suffisamment tôt pour conserver des fonctions intellectuelles qui puissent aider la personne à continuer à vivre.

Et lorsque la maladie d’Alzheimer est là ?

Si le diagnostic est posé de manière précoce, cela laisse un certain nombre d’années avant qu’une dégradation ne survienne. Lorsque cette dégradation accélère, une mise en institution s’impose. La plupart du temps, le décès n’est pas dû à la maladie d’Alzheimer en elle-même, mais à cause de complications diverses.

Est-il exact que les gingivites chroniques favorisent la maladie d’Alzheimer ?

C’est exact. Certains germes pourraient passer par différents circuits jusqu’au cerveau. Donc avoir une bonne hygiène dentaire est important.

Pourquoi la recherche semble impuissante face à cette maladie ?

On s’adresse à l’organe le plus complexe du corps humain. Depuis la fin du siècle dernier, on commence à faire des progrès, essentiellement grâce aux outils d’imagerie fonctionnelle. Mais c’est une maladie qui commence tôt, avec des dommages qui se font en accumulation, avec le temps. Du coup, il est très difficile de capter cela, à un moment donné.

Il y a d’autres difficultés ?

Aujourd’hui, on n’a pas de modèle animal de maladie d’Alzheimer. Chez la souris, on injecte des gènes humains qui sont associés à la maladie pour simuler quelque chose qui ressemble à la maladie. Chez le primate, on fait la même chose. Enfin, le cerveau c’est 100 milliards de neurones et 10 000 connexions. Il y a donc une complexité et un volume d’informations à traiter qui est gigantesque. Grâce à la puissance informatique, on commence à pouvoir y accéder. Sur les 10-15 dernières années, on a fait des progrès. Il faut profiter de la phase pendant laquelle la maladie est latente. C’est probablement là que devront s’appliquer les traitements.

Quels sont les essais en cours les plus prometteurs ?

Actuellement, une centaine de molécules sont testées dans le monde. Parmi les principales, il y a les essais sur les inhibiteurs de la protéine tau, par exemple. On peut aussi citer le traitement anti-Alzheimer, Aducanumab qui a fait parler de lui. Il cible l’autre protéine du cerveau qui est la protéine amyloïde. Les essais sur des formes d’Alzheimer très légères ont été arrêtés en février 2019, car il n’y avait pas de bénéfice en fonction des critères qui avaient été définis au départ. Et puis, coup de théâtre en octobre 2019 : les données ont été réanalysées, et il semblerait finalement qu’il y ait un effet.

Vous y croyez ?

Il faut rester prudent, car c’est un produit qui n’a pas subi les règles habituelles des essais cliniques. Pendant l’été 2020, une demande d’autorisation de mise sur le marché a été faite auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence du médicament américaine. Mais il faut savoir que ça ne traitera pas toutes les maladies d’Alzheimer, plutôt des cas relativement précoces. Enfin, il existe des phénomènes d’inflammation dans le cerveau. Donc certains produits anti-inflammatoires pourraient avoir un impact sur la progression de la maladie d’Alzheimer.

Le dépistage par une prise de sang, c’est pour quand ?

On l’a dit, l’intérêt c’est de savoir identifier une maladie d’Alzheimer avant que les symptômes ne soient là. Voilà pourquoi on cherche des biomarqueurs dans le liquide céphalorachidien. Mais souvent, les gens ne sont pas ravis à l’idée de faire une ponction lombaire… Du coup, c’est vrai que l’idéal serait une simple prise de sang. Pendant l’été 2020, les premiers tests ont été réalisés avec les marqueurs spécifiques de la protéine tau dans le sang. Même si tout ce qui est dans le sang ne va pas dans le cerveau, et inversement. L’idée n’est pas de faire du dépistage. Mais le jour où on aura un traitement, il faudra avoir le marqueur le plus précoce possible, afin de pouvoir traiter les gens avant l’apparition des symptômes.

Face à cette maladie, les familles et les proches sont-ils suffisamment informés et pris en charge ?

Avoir un proche qui développe une maladie d’Alzheimer crée une charge affective et mentale auprès de ceux que l’on appelle les « aidants », qui débouche parfois sur un épuisement de ces gens. Les patients sont malades 24 heures sur 24, et même leur sommeil est très agité. Il faut donc les surveiller de près. En France, les différents gouvernements qui se sont succédés ont mis des structures en place, avec parfois des hébergements temporaires pour soulager un peu les familles. Une réflexion est aussi en cours pour voir comment les nouvelles technologies peuvent aider à maintenir les gens en autonomie le plus longtemps possible à leur domicile.

Quels outils technologiques vous semblent prometteurs ?

Certains outils peuvent assurer une surveillance. Les Japonais investissent d’ailleurs massivement dans des robots pour prendre en charge les malades. Ces robots créent une présence, ce qui est important, surtout en ces temps de Covid-19, où les malades ne peuvent même plus voir leurs familles.

Le Covid-19 a eu un effet dévastateur pour les malades d’Alzheimer ?

C’est un vrai drame. Pendant cette période de Covid-19, l’isolement qu’il y a eu dans les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (Ehpad) a été un drame épouvantable pour les patients et pour les familles. Or, le lien social est important pour le maintien du fonctionnement cérébral. En cas de nouveau confinement, il faudra minimiser ce problème, en laissant au moins une personne qui respectera tous les gestes barrières, accéder à ces malades. Enfin, les associations de familles et les associations de patients viennent également en aide aux familles. Sans oublier les associations de prise en charge à domicile, qui sont souvent vues par le médecin généraliste.

1) Le guide anti-Alzheimer. Les secrets d’un cerveau en pleine forme, de Philippe Amouyel (Cherche Midi), 208 pages, 19 euros (format physique), 14,99 euros (format numérique).

2) L’étude parue le 30 juillet 2020 dans The Lancet évoque 12 facteurs de risque qui permettraient de prévenir ou de retarder des cas d’Alzheimer entre 45 et 65 ans, selon les pourcentages entre parenthèses : la pollution de l’air (2,3 %), l’abus d’alcool (0,8 %), le niveau d’éducation (7,1 %), les pertes auditives (8,2 %), les traumatismes crâniens même légers (3,4 %), une pression artérielle systolique égale à 130 mmHg au plus (1,9 %), l’obésité (0,7 %), le tabac (5,2 %), la dépression (3,9 %), l’isolement social (3,4 %), l’activité physique (1,6 %), et le diabète (1,1 %).

Publié le

Article précédentLa Sélection mode n°1165
Article suivantParrainer un artiste

Les plus lus

Plan social : pour Stéphane Valeri, « la SBM doit faire plus que...

Le 8 octobre 2020, le président du Conseil national, Stéphane Valeri a pris la parole pour évoquer le plan social de la SBM.

Télétravail : stop ou encore ?

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!