Edito n°1212 : Pokémon

L e marché de l’art est-il immunisé contre la pandémie de Covid-19 ? Cette semaine, c’est à cette question que s’est intéressée la rédaction de Monaco Hebdo. Pour le savoir, nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui font le marché de l’art en principauté. Artcurial, Monaco Legend Group, Christie’s, l’hôtel des ventes de Monte-Carlo… Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont le sourire. Il faut dire que l’été 2021 leur a été particulièrement favorable. Entre les résidents de la principauté, les Riviera française et italienne, le golfe de Saint-Tropez, l’arrière-pays provençal, et les clients, notamment britanniques, de passage pendant l’été, les collectionneurs fortunés ne manquent pas. Pourtant, on pouvait craindre que le Covid-19 n’ait refroidi ce marché. Il n’en est rien. Malgré un variant Delta qui a mis à mal le tourisme de luxe en réduisant le volume de touristes étrangers présents à Monaco, le marché de l’art a affiché une belle résistance. Sans doute en partie grâce à un certain nombre de résidents monégasques amateurs d’art qui sont finalement restés à Monaco cet été, plutôt que de partir en vacances à l’autre bout du monde. D’autres ont aussi acheté à distance, grâce à des ventes diffusées en simultané sur Internet. Chez Artcurial, à Monaco, le chiffre d’affaires est ainsi passé de 17 millions d’euros en 2018, à plus de 21 millions en 2020 malgré le Covid, et à plus de 25 millions frais inclus pour l’été 2021. À l’image du marché monégasque, la maison de ventes des Dassault confirme donc sa bonne santé économique. Ce que Louise Gréther, directrice du bureau Artcurial de Monaco, explique par « des produits très bien choisis, une sélection rigoureuse, des pièces désirables, et beaucoup d’attrait de clients internationaux, par Internet, mais aussi par téléphone. Depuis trois ans, nous devons prendre trois interprètes chinois par téléphone. Mais nous les accueillons aussi sur place, lorsque les conditions le permettent. Car le rapport humain fait la différence. » Covid-19 ou non, le marché de l’art s’adapte. Il semble se jouer des contraintes sanitaires pour se réinventer et poursuivre sa progression. La preuve, depuis quelques années, les collections de cartes, notamment Pokémon et Magic, s’arrachent et attirent un public plus jeune dans les ventes aux enchères. Les cartes de la période 1999-2003 peuvent ainsi se revendre plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les plus rares, alors qu’aux États-Unis, le YouTubeur Logan Paul a mis en avant une carte Pokémon d’une valeur de 500 000 euros sur son compte Instagram. Prouvant ainsi que, quelle que soit la forme qu’il prend, le marché de l’art a encore de beaux jours devant lui.