mardi 28 septembre 2021
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Un à deux ans requis pour un pédophile

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Tribunal
© Photo Monaco Hebdo.

Un homme de 41 ans était jugé le 17 mai pour avoir proposé à 24 collégiens et lycéens de la principauté, résidant à Monaco, de le rencontrer, pour commettre des actes sexuels avec eux.

Les rencontres anodines faites sur les réseaux sociaux tels que Facebook peuvent s’avérer effroyables. Plusieurs dizaines de collégiens et de lycéens de Monaco en ont fait l’amère expérience entre 2008 et 2009. Ils avaient ajouté dans leurs amis virtuels, Vincent, un « pervers récidiviste », selon les psychiatres, âgé de 41 ans. Un « pervers » à qui la justice monégasque reproche des délits graves?: propositions de rencontres adressées à des mineurs par voie électronique en vue de commettre une infraction à caractère sexuel et attentat aux moeurs (1).

Les faits?? Vincent a abordé via Facebook 24 mineurs résidant en principauté, alors âgés de 12 à 15 ans. Que des jeunes garçons. L’homme agissait depuis les communes avoisinantes et employait plusieurs pseudonymes?: Sick my duck, Ange gardien, Harry Cover ou encore Benjamin de Monaco. Un effet « boule de neige » s’est produit. Le prévenu est accepté parmi les amis des amis, par le jeu des connaissances en commun. Lorsque le « pervers » engageait la discussion avec eux, elle s’orientait très vite vers la sexualité. Il se présentait comme « un bisexuel de 28 ans, gardant les femmes pour l’amitié et les hommes pour le sexe ». Immonde, Vincent se vantait également auprès des mineurs contactés d’avoir déjà masturbé ou fait des fellations à des élèves du collège Charles-III. « Tu connais pas des copains à qui je pourrais en faire mais des pas trop jeunes », a-t-il même demandé à l’un des jeunes garçons, qui l’a bloqué dès la fin de la conversation. A 7 de ses contacts, il aurait proposé une rencontre de visu. Et pour l’un d’eux, il était prêt à se faire passer pour un prof de soutien dans l’unique but d’avoir des relations sexuelles avec lui. L’homme aurait également exhibé son sexe à plusieurs mineurs via une webcam et leur aurait envoyé des photos de lui nu. Trois mères d’élèves étaient présentes dans la salle. Deux d’entre elles se sont constituées parties civiles. Un euro symbolique a été demandé.

Un lourd casier judiciaire franco-monégasque

Vincent a été jugé en 2010 pour la même affaire à Nice, pour le volet qui concernait les collégiens et lycéens de Monaco résidant sur le territoire français. L’un de ces derniers avait eu beaucoup moins de chance que ses camarades, après avoir entretenu des relations sexuelles avec le prévenu. Le « pervers », incarcéré depuis décembre 2009 à Nice, avait écopé de quatre ans de prison dont deux ferme. Une condamnation qui venait s’ajouter à un lourd casier sur le territoire français?: deux ans ferme pour relation sexuelle avec un mineur de moins de 15 ans en 2003, un an ferme pour corruption de mineurs en 2008. L’homme était aussi connu en principauté pour vol et recel de fichiers à caractère pédophile en 2005, violences en 2006. « Il faut une décision à la valeur symbolique, extrêmement ferme. Il n’y a pas de circonstances atténuantes », a soutenu le substitut du procureur, Jean-Jacques Ignacio. Un à deux ans de prison ferme ont été requis avec délivrance d’un mandat d’arrêt et dénonciation officielle aux autorités françaises. Décision le 28 juin.

(1) lundi 17 mai, le prévenu, qui avait reconnu les faits, était absent à son procès. Seuls les faits qui concernaient les jeunes résidant en principauté étaient examinés par le tribunal.

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