mercredi 27 janvier 2021
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Compétitivité :
les inquiétudes de la FPM

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Bureau fédéral de la Fédération Patronale
Bureau fédéral de la Fédération Patronale © Photo FPM.

Après son assemblée générale du 30 mars, la fédération patronale monégasque (FPM) s’inquiète d’une baisse de la compétitivité des entreprises monégasques déjà touchées par la crise.

10. C’est le nombre de chefs  d’entreprises réunis le 30 mars au Novotel Monte-Carlo pour assister à l’assemblée générale de la fédération patronale monégasque (FPM). « Même si tout est perfectible, la FPM est satisfaite du travail effectué en 2009, et surtout de l’implication forte de ses représentants patronaux, souligne le président de la FPM, Philippe Ortelli. Ce qui ne l’empêche toutefois pas d’être inquiète de la dégradation croissante de la compétitivité des entreprises monégasques, déjà fragilisées par la crise. Par ailleurs, un hommage appuyé a été rendu à Christian Haneuse, notre vice-président, décédé le mois dernier. » Du coup, c’est un membre de la chambre patronale du bâtiment, Nicolas Gentelle, qui a succédé à Christian Haneuse au poste de vice-président prospective. Alors que l’équipe sortante a été réélu dans sa totalité.

Une bourse électronique du travail
Si 2009 a été une année difficile, notamment à cause de la crise, la FPM s’est bien sûr impliquée sur plusieurs dossiers. Dont certains assez sensibles. Comme celui des salaires minima et de l’aménagement du temps de travail. Mais aussi sur d’autres sujets. Notamment des textes de lois, comme le projet de code de l’environnement et le projet de loi sur le blanchiment de capitaux. Sans oublier la loi française de modernisation de l’économie. Une loi qui prévoit notamment la réduction de délais entre les clients et les fournisseurs.
Autre dossier chaud : le maintien du secteur industriel en Principauté. Un sujet qui inquiète la FPM, mais aussi l’union des syndicats de Monaco (USM). Car ce secteur a enregistré plusieurs centaines de licenciements sur les deux dernières années. D’ailleurs, les plus pessimistes estiment que le secteur industriel est condamné à moyen terme. Ce que la FPM veut absolument éviter bien sûr. « On a rencontré le Prince Albert et les autorités à ce sujet, raconte Philippe Ortelli. De plus, on a demandé et obtenu une prorogation, jusqu’à fin 2010, de l’allocation de soutien à l’emploi, visant à inciter les entreprises en forte baisse d’activité, à recourir au chômage partiel au lieu de licencier. » Alors que, pour booster l’emploi, la FPM a créer une bourse électronique du travail sur son site Internet (1). Objectif : faciliter la mise en relation entre les demandeurs d’emplois ou de stages avec les entreprises. Environ 100 000 pages auraient été consultées l’an dernier.

“Le gouvernement n’écoute pas assez notre fédération”
A noter qu’en 2009, pour justifier ses prises de positions, la FPM a décidé de se lancer dans la réalisation d’études comparatives chiffrées. Des études qui ont permis de révéler, selon la FPM, la perte de compétitivité des entreprises monégasques par rapport aux pays européens. « Parmi 10 pays, il ressort qu’en termes de salaire minima horaire brut, Monaco est le second plus élevé. En termes de salaire horaire net, Monaco est troisième. Et concernant le salaire minima horaire brut chargé, Monaco arrive en tête du peloton avec le coût le plus élevé d’Europe pour les entreprises. Comparé à la France, il ressort aussi que, pour un SMIC net, le surcoût patronal à Monaco est d’environ 1/3, le salaire médian est supérieur de 1/3, les allocations familiales pour deux enfants sont jusqu’à 3 fois plus importantes. Enfin, la pension de retraite est supérieure de 30 à 50 % ! A cela s’ajoutent la cherté des loyers, le manque de fiabilité de la SNCF et l’asphyxie des infrastructures routières, qui rendent très difficiles l’acheminement des personnes et des biens. Sur ces problèmes majeurs, nous regrettons que le gouvernement n’écoute pas assez notre fédération », déplore le président de la FPM. En expliquant que si on ajoute à ces préoccupations l’impact de la crise économique, on comprend mieux l’inquiétude des patrons monégasques. Surtout que tout le monde ignore quand cette crise sera définitivement terminée. Et que rien n’indique que 2010 sera marqué par une véritable amélioration de la situation économique. Ce qui inquiète Philippe Ortelli : « Les experts s’accordent à dire que la planète économique devrait renouer avec la croissance cette année : + 3,9 % de croissance mondiale, selon les estimations du FMI. Mais à un rythme très différent selon les continents. Et l’Europe sera à la traîne, avec moins de 1 %. Le marasme économique que nous venons de traverser laissera des séquelles. Surtout dans les pays développés et pendant un bon bout de temps. Du coup, difficile de se faire une idée plus précise de ce qui nous attend dans les prochains mois. La seule vertu de la crise aura été de montrer les limites de nos systèmes. Car si nous voulons redresser la barre, nous nous devons d’avoir des économies saines, avec des gestions rigoureuses. »

“Sensibiliser les pouvoirs publics”
Résultat, le président de la FPM préfère rester vigilant. En soulignant notamment la réalité économique à laquelle sont confrontées les entreprises monégasques. « Notre rôle, c’est aussi de sensibiliser les pouvoirs publics sur l’importance de ne pas ajouter de nouvelles contraintes sociales à une période où nul ne sait comment la situation économique va évoluer », indique Philippe Ortelli. Bref, la FPM espère bien se faire entendre. Résultat, comme l’an dernier, le patron des patrons maintiendra un contact régulier avec le gouvernement. Notamment en matière sociales. « Mais aussi dans un certain nombre de domaines économiques, comme le transport et les logements. On continuera dans cette voie en 2010 pour préserver nos entreprises. » D’ailleurs, la FPM rappelle qu’elle a proposé sur ces questions des réponses concrètes. Exemple : l’obtention de droits de réservation pour la construction de logements pour des salariés, de type prêt locatif social (PLS), dans les communes proches de Monaco.
Enfin, la FPM devrait continuer à miser sur la formation. D’ailleurs, depuis fin 2009, le pôle de formation professionnelle s’est agrandi avec la signature d’un partenariat avec Iris Développement, une entreprise spécialisée dans les formations en management et en ressources humaines. A noter que, selon la FPM, les formations plus généralistes, notamment les langues étrangères, l’informatique et la bureautique, ont été suivies par 2 200 personnes. Ce qui représente une hausse de 10 % par rapport à 2008.

(1) www.federation-patronale.mc.

Relations FPM-USM : vers une sortie de crise ?
La FPM et l’USM ne se parlent plus depuis longtemps. Du coup, avec l’arrivée de Stéphane Valeri au poste de conseiller pour les affaires sociales et la santé, tout le monde espère que le dialogue social sera enfin renoué. Alors que l’USM révèle dans ce numéro de Monaco Hebdo sa volonté de ne pas lancer de « manifestations ou de débrayages au niveau interprofessionnel jusqu’en octobre », le président de la FPM, Philippe Ortelli, a réagi : « Ça nous parait un choix raisonnable. Car on est dans une période de transition, avec l’arrivée d’un nouveau conseiller de gouvernement pour les affaires sociales, et aussi d’un nouveau ministre d’Etat. En revanche, on espère des échanges constructifs avec les syndicats et avec les nouveaux représentantsdu gouvernement. » Avant d’ajouter : « En cette période de crise majeure et de basculement de la croissance économique vers l’Asie, surtout vers la Chine et l’Inde, il nous parait nécessaire de renouer un dialogue social constructif pour permettre de maintenir l’emploi à Monaco. Je répéterai jusqu’à une prise de conscience généralisée que, sans ses entreprises, Monaco n’est rien qu’un caillou de 2 km² sans ressources propres, sans matières premières, et très dépendant des échanges de biens et de personnes avec l’étranger. » Quant à l’arrêt du tribunal qui a donné raison à l’USM et à Thierry Ferrara (voir article sur l’USM), à propos de la parité des salaires minima entre monégasques et français, à travail équivalent, Philippe Ortellile temps pour analyser cette décision de justice : « Ensuite, on prendra une décision collégiale dans les prochains jours. Mais on exclue pas de se pourvoir en révision. » A suivre.

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