dimanche 23 janvier 2022
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Blanchiment : prison ferme pour la femme d’un député italien

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La femme d’un député italien a été condamnée le 6 janvier à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Monaco pour blanchiment. De l’argent provenant d’une opération immobilière en Italie qui avait défrayé la chronique judiciaire en 2009 et 2010.

 

Absente à l’audience de son procès qui s’est tenu le 25 novembre, R.G. l’était aussi à l’énoncé du verdict le 6 janvier. Elle expliquait alors sa non présence dans une lettre : « Je ne peux pas être condamnée pour les mêmes faits à Monaco et en Italie. » L’affaire monégasque découle en effet d’une plus vaste enquête en Italie.

 

Escroquerie

Là-bas, les policiers ont découvert une fraude de 22 millions d’euros, entre 2001 et 2008, portant sur de faux contrats d’assainissements. Les protagonistes auraient procédé à des majorations de frais lors de la construction d’un complexe immobilier dans la région de Milan. En janvier 2010, R.G., femme d’un député italien, Giancarlo Abelli du parti du peuple pour la liberté, a été condamnée pour sa participation à cette escroquerie à deux ans de prison ferme. Une peine ramenée à du sursis par la suite.

 

Signalement

A Monaco, l’affaire débute en 2009 par un signalement du Service d’Information et de Contrôle sur les Circuits Financiers (Siccfin) suite à une série d’articles de presse publiés en Italie. « Les fonds détournés transitaient à Madère, puis en Suisse. Et basculaient enfin vers d’autres comptes, dont celui de Monaco, détenu par Mme G. » raconte le procureur. Une information judiciaire est ouverte. Puis la prévenue est inculpée. « Elle ne s’est jamais expliquée devant le juge d’instruction » souligne le président du tribunal monégasque, Jérôme Fougeras-Lavergnolle.

 

Inexistantes

Au total, les autorités italiennes bloquent 1,1 million d’euros sur un compte. R. G. était donc poursuivie en Principauté pour avoir sciemment détenu des biens et des capitaux d’origine illicites enre 2007 et 2009. De l’argent dissimulé pour échapper à de possibles conséquences juridiques. Ce que R. G. conteste. Pourtant l’enquête italienne a révélé l’existence de fonds occultes et la surfacturation de prestations inexistantes pour lesquels plusieurs entreprises ont été créées. « Toutes ces entreprises avaient pour seul objet de drainer des fonds de manière illicite. La procédure a été longue et minutieuse en Italie » rappelle le tribunal.

 

« Graves »

« Monaco est parfaitement compétent pour condamner madame. Il s’agit d’agissements graves qui ont provoqué un trouble à l’ordre public. Elle a utilisé sciemment une banque monégasque pour son infraction. De plus, elle ne s’est pas expliqué à Monaco estimant avoir déjà été condamnée en Italie pour les mêmes faits » insiste le procureur. Des actes qui le poussent à requérir une peine de 15 mois de prison ferme pour R. G. Le tribunal opte finalement pour une année d’emprisonnement et la confiscation sur le compte bancaire incriminé de 782 280 euros.

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Monaco Hebdo