lundi 18 octobre 2021
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Affaire Rybolovlev-Bouvier : la justice suisse classe l’affaire

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Le 15 septembre 2021, la justice genevoise a décidé de classer l’affaire qui oppose depuis 2015 le marchand d’art suisse, Yves Bouvier, au milliardaire russe et propriétaire de l’AS Monaco, Dmitri Rybolovlev(1). Ce dernier a indiqué qu’il allait déposer un recours contre cette décision. En janvier 2015, le patron de l’ASM avait attaqué Yves Bouvier en justice, en l’accusant de lui avoir revendu avec des marges astronomiques une série de tableaux de maîtres, notamment des Picasso (1881-1973), des Van Gogh (1853-1890), des Matisse (1869-1869), et même le fameux Salvator Mundi de Léonard de Vinci (1452-1519), qui a été revendu depuis pour environ 450 millions de dollars. À Monaco, Dmitri Rybolovlev avait porté plainte pour trois transactions, qui concernaient un de Vinci, un Gauguin (1848-1903) et un Rothko (1903-1970). De son côté, Yves Bouvier a expliqué avoir réalisé des plus-values cohérentes, en rapport avec les œuvres revendues. Au total, le litige porterait sur environ 1 milliard de francs suisses (915 millions d’euros) de commission pour la vente d’une quarantaine d’œuvres d’art. Dans un communiqué, le marchand d’art suisse a estimé que « ce jour marque la fin d’un cauchemar qui a duré six ans », tout en estimant que « la vérité a prévalu, comme je l’ai dit depuis le premier jour de ses attaques. C’est une victoire totale. » De son côté, les avocats de Dmitri Rybolovlev ont répondu dans un communiqué, cité par nos confrères de L’Equipe, rappelant que « les trusts familiaux de Dmitriy Rybolovlev se sont déjà plaints de la passivité avec laquelle l’instruction a été conduite jusqu’à ce classement en déposant un recours pour déni de justice il y a déjà plusieurs mois. La décision unilatérale du ministère public de classer soulève la question d’un classement en pure opportunité. Elle est intégralement contestée et fera l’objet d’un recours à la chambre pénale de recours ces prochains jours. » En principauté, la procédure a été annulée dans son intégralité par la chambre du conseil de la cour d’appel de Monaco le 12 décembre 2019. Elle avait estimé que cette procédure avait été conduite de « manière partiale et déloyale », tout en mettant en exergue des échanges entre les avocats de Dmitri Rybolovlev, le procureur de l’époque, Philippe Narmino, et des enquêteurs. La cour d’appel avait alors notamment évoqué des « échanges occultes », ainsi qu’une « entente parfaitement contraire à l’indépendance et la neutralité devant présider aux investigations ».

1) Toutes les personnes et les entités citées dans cet article sont présumées innocentes, jusqu’à un jugement définitif.

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Monaco Hebdo