lundi 18 octobre 2021
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Pandora Papers : un nouveau scandale planétaire d’évasion fiscale

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C’est un nouveau “leak” [fuite massive de données confidentielles — NDLR] qui fait beaucoup de bruit. Le 3 octobre 2021, en fin de journée, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dont Le Monde, Radio France et « Cash Investigation » en France sont partenaires, a révélé avoir eu accès aux archives de quatorze cabinets distincts, tous spécialistes de la création de sociétés anonymes. Sur les dizaines de milliers de propriétaires de sociétés révélés par les “Pandora Papers” figurent 600 Français. Mais aussi quelques grands noms, comme l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn, le premier ministre tchèque Andrej Babis, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président équatorien Guillermo Lasso, le premier ministre ivoirien Patrick Achi, le président congolais Denis Sassou-Nguesso, le président kenyan Uhuru Kenyatta, le roi de Jordanie Abdallah II, le président gabonais Ali Bongo, le premier ministre libanais Najib Mikati… Soit, au total, plus de 300 personnages publics, venus du monde entier. Dans la région, Andrej Babis, premier ministre tchèque, a acheté en 2009 le château Bigaud à Mougins (Alpes-Maritimes) pour 14 millions d’euros à travers une série de sociétés offshore. Ce montage opaque dissimulait son identité. « Il n’avait pas déclaré détenir 40 000 m2 de propriétés diverses de l’autre côté de la rue, grâce à une myriade de sociétés domiciliées à Monaco, aux îles Vierges britanniques (BVI) et aux États-Unis. Aucune des déclarations de patrimoine qu’il a dû remplir depuis sa première élection au Parlement, en 2013, ne fait ainsi apparaître SCP Bigaud, Blakey Finance ou Boyne Holdings, ces sociétés offshore révélées par les “Pandora Papers” », écrit Le Monde. Andrej Babis n’a pas répondu aux questions de l’ICIJ. Karel Hanzelka, porte-parole de son groupe, Agrofert a assuré : « Toutes nos transactions ont eu lieu de façon parfaitement légale et nous avons payé toutes les taxes requises ». Autre dossier révélé par ces “Pandora Papers” : l’actuel premier ministre libanais, Najib Mikati, devenu propriétaire d’un appartement à Monaco pour 10 millions de dollars (7,5 millions d’euros) via une société panaméenne. D’une manière générale, dans ces opérations immobilières, l’origine des fonds est difficile à établir. Notamment lorsque l’argent est prêté non pas par une banque, mais par une société offshore, il est alors compliqué de connaître avec certitude l’identité du prêteur. Interrogé par franceinfo Nicolas Meurot, président de la chambre des notaires des Alpes-Maritimes explique : « On a beau demander des documents à l’étranger, des certificats juridiques sur la validité de la société, il y a une limite. Dans certains cas, on peut identifier le bénéficiaire, dans d’autres cas c’est extrêmement compliqué, notamment quand il y a une interposition de sociétés. » De quoi alimenter des soupçons de fraude fiscale, le plus souvent niés par les intéressés.

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