jeudi 16 septembre 2021
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Laurent Stefanini : « Ces mesures ne sont en rien dirigées contre Monaco »

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L’ambassadeur de France à Monaco, Laurent Stefanini, confirme à Monaco Hebdo avoir fait remonter les doléances du gouvernement princier et du Conseil national auprès des autorités françaises.

Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement d’Emmanuel Macron.

Les élus du Conseil national de Monaco jugent la mesure prise par la France consistant à limiter les déplacements autour de Monaco à 30 kilomètres pour les résidents de la principauté« restrictive » et « pénalisante » : quelle est votre position ?

Il ne m’appartient pas de commenter sur le fond la prise de position du Conseil national de Monaco vis-à-vis des évolutions réglementaires françaises, mais j’entends ses préoccupations, et elles sont portées à l’attention des autorités françaises. Je crois qu’il est important de rappeler le contexte dans lequel s’inscrivent ces mesures : comme l’a indiqué le Premier ministre français, M. Jean Castex, dans son intervention du vendredi 29 janvier 2021, la situation sanitaire n’est pas bonne, et l’apparition de nouveaux variants, comme leur propagation, constitue un vrai motif d’inquiétude. Il est donc dans l’intérêt collectif d’éviter le brassage de populations, et de ne se déplacer que si la situation le justifie vraiment. 

Quelles solutions adopter ?

Dès lors, deux solutions étaient envisagées : un reconfinement avec des règles de déplacement strictes, comme lors des deux premiers confinements, ou un renforcement des mesures existantes, avec une vigilance plus grande autour des déplacements internationaux. Le gouvernement français a opté, pour le moment [cette interview a été réalisée le 4 février 2021 – NDLR], pour cette dernière solution. 

Qu’est-ce que cela suppose ?

Très concrètement, tous les déplacements internationaux sont conditionnés à l’obtention d’un test RT-PCR négatif de moins de 72 heures. C’est dans un souci de minimiser l’impact de cette mesure sur les bassins de vie frontaliers que le gouvernement a mis en place une exemption d’effectuer un test RT-PCR pour les personnes se déplaçant dans un rayon de 30 kilomètres. De même si une personne doit effectuer un déplacement professionnel au-delà des 30 kilomètres, il lui est tout à fait possible de le faire sans réaliser de test RT-PCR, à condition qu’il puisse attester de l’urgence ou du caractère fréquent de ce déplacement. 

Mais à Monaco beaucoup de résidents sont en colère ?

Ces mesures ne sont en rien dirigées contre la principauté de Monaco, Etat voisin et ami. Elles visent à juguler la propagation de la pandémie.

Les élus du Conseil national souhaiteraient que la France accorde un « régime d’exception » à Monaco : cela est-il envisageable ? De quelle manière ?

Comme je l’indiquais précédemment, les préoccupations du Conseil national, et, plus encore, celles du gouvernement princier, sont portées à la connaissance du gouvernement français. De même, nous avons recensé un certain nombre de difficultés pratiques dont nous informons nos autorités. Tout cela s’intègre dans un processus d’évaluation des mesures prises et de leur impact, aux frontières de la France ; il appartient ensuite au gouvernement français de prendre les décisions qui s’imposent, dans l’esprit d’étroite entente et de coopération que la communauté de destin entre les deux pays implique.

Pour lire la réponse du président du Conseil national, Stéphane Valeri cliquez ici

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Monaco Hebdo