mardi 30 novembre 2021
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Monaco-Liban?: des accords d’amitié

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Le prince Albert II accueilli par le président de la République libanaise, Michel Sleiman.
Le prince Albert II accueilli par le président de la République libanaise, Michel Sleiman. © Photo Eric Mathon/Palais Princier

S’il est tombé en pleine crise politique, le déplacement du prince Albert au Liban, les 13 et 14 janvier, a permis de renforcer les liens avec cette place financière, notamment sur le plan économique.

Par Noémie Montalbano.

Lors de sa visite officielle au Liban, le prince Albert II a assisté à la plantation d’un cèdre dans les jardins du palais présidentiel. Tout un symbole. Emblème du Liban, cet arbre majestueux, robuste et durable incarne l’espoir. Un espoir indispensable aux Libanais comme le montre encore le contexte politique actuel du Liban. L’assassinat de l’ancien premier ministre Rafik Hariri en 2005 continue en effet de secouer le pays. Paralysé depuis des semaines, le gouvernement d’union nationale de Saad Hariri ne se réunissait plus. Et c’est à la veille de l’arrivée du prince Albert qu’il est tombé, suite à la démission collective de plusieurs ministres en désaccord avec l’acte d’accusation attendu du Tribunal pénal pour le Liban. Un acte d’accusation qui selon le Hezbollah, le mettrait en cause dans l’assassinat de Rafik Hariri.

Un contexte délicat pour un voyage officiel. Ce qui n’a pas empêché le chef d’Etat monégasque d’être reçu par les autorités. Y compris par le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, le Cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir. Dans une interview accordée au journal L’Orient-Le Jour, le prince Albert a d’ailleurs confirmé que « ce voyage, dans la période délicate voire difficile que traverse le Liban, montre notre très grand attachement au pays du Cèdre. » L’occasion de saluer « les efforts du président Sleiman, qui œuvre sans relâche pour le maintien du dialogue entre les Libanais et la relance des institutions de l’Etat. » Et de rappeler « le courage exemplaire dont fait preuve le premier ministre Saad Hariri, dans une situation où sa tragédie personnelle, est étroitement liée à la conduite politique de son pays ». Concernant l’assassinat de Rafik Hariri, le prince a alors expliqué que « le tribunal spécial pour le Liban a été créé par l’ONU dans le but d’aider à régler les problèmes et non de les amplifier, il faut avoir confiance. »

320 Libanais à Monaco

Le climat politique tendu n’a donc pas empêché le bon déroulement du déplacement officiel. Visite au cours de laquelle le prince a tenu a préciser que « les 320 Libanais de Monaco jouent un rôle très apprécié dans différents secteurs d’activités, tout particulièrement l’hôtellerie, la finance, la promotion immobilière, l’import-export, le commerce, etc. » Comme le montrent d’ailleurs le succès du centre Métropole mais aussi les implantations récentes de la marque Façonnable ou de la banque Audi. Côté entreprises, cette visite était l’occasion pour la Chambre de développement économique (CDE) et son président Michel Dotta d’organiser une mission au Liban. La délégation était composée d’hommes d’affaires, d’institutions monégasques et de dirigeants d’une trentaine d’entreprises, tels que Asepta, BNP Paribas, la SBM etc. Tous à la recherche de clients, fournisseurs ou encore d’une implantation libanaise. Résultat, Monaco Telecom a signé des accords de diffusion avec trois groupes de télévision libanais?: LBC, l’équivalent de notre TF1, Future TV, fondée par Rafik Hariri en 1993 et axée sur les divertissements et Murr Television, plus connu sous le pseudonyme MTV.

Quant à la CDE, elle a signé avec la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth un accord de deux ans, renouvelable par tacite reconduction. Objectif?: mettre en place un échange régulier d’informations sur les évolutions économiques, des lois et règlements des deux pays en vue de mieux identifier les opportunités d’investissement.

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