Tour à tour premier conseiller au Saint-Siège, ambassadeur délégué à l’environnement, chef du protocole à l’Élysée ou encore ambassadeur auprès de l’Unesco, Laurent Stefanini est devenu en septembre 2019 le nouvel ambassadeur de France à Monaco. Il succède à Marine de Carné de Trécesson, qui était en poste depuis 2016. Décrit comme le « Petit Prince de la diplomatie » par le Quai d’Orsay, cet énarque revient sur son parcours pour Monaco Hebdo. Interview.

Sa nomination et son histoire avec Monaco

Après avoir occupé de nombreux postes divers et variés, du Saint-Siège à l’Élysée, vous êtes devenu en septembre 2019 ambassadeur de France à Monaco : qu’est-ce que cette nomination représente pour vous ?

Cette nomination est un aboutissement. Je connais la principauté depuis près d’une trentaine d’années. J’ai eu l’occasion d’y travailler et j’ai toujours eu envie, sous une forme ou une autre, de venir exercer quelque temps en principauté, où je compte de nombreux amis. C’était une ambition de plusieurs années, et même de plusieurs décennies.

Que représente Monaco pour vous ?

Monaco se trouve aux portes de la France. C’est une richesse pour la France, pour les Français qui y travaillent, pour les Français qui y résident. Je vois la principauté comme un plus pour la France. Et nous sommes très heureux de cette coopération.

Quels sont vos rapports avec le prince Albert II ?

J’ai rencontré pour la première fois le prince Albert II en 1992 dans des circonstances officielles, au palais. Nous avions organisé un colloque pour l’anniversaire de la commission RAMOGE (1) sur la protection de l’environnement en Méditerranée occidentale. Depuis, j’ai aussi régulièrement eu l’occasion de le croiser dans mes fonctions de chef du protocole puisque le prince Albert II se déplace très régulièrement. Il participe aux sommets internationaux. Je me souviens notamment d’une belle visite en 2012 pour le sommet qui s’est tenu à Rio (Rio+20). Je l’ai donc croisé tout au long de ma carrière, et j’ai été en mesure de l’apprécier.

Son rôle d’ambassadeur à Monaco

Quel rôle a un ambassadeur aujourd’hui en 2019, et en particulier ici à Monaco ?

Je suis à Monaco pour représenter les intérêts français, c’est-à-dire les intérêts de la France et des Français. Des Français qui résident à Monaco mais aussi des nombreux Français qui travaillent en principauté. C’est le sujet principal avec toutes les déclinaisons que cela peut impliquer, en termes de transports, de mobilité… Je suis ici pour faciliter les liens entre la principauté et son environnement immédiat. C’est un travail important.

Quelles sont vos autres missions en tant qu’ambassadeur ?

Mon deuxième travail est d’être présent pour faire le lien entre le chef de l’État français, ses équipes et le chef de l’État monégasque. Je dois faire le lien entre Paris et Monaco sur tous les sujets d’intérêts communs, planétaires. Il y a un travail d’information et d’assistance aussi car Monaco n’a pas le même réseau consulaire que la France… Je suis aussi à l’écoute du gouvernement princier. Les relations entre Monaco et la France sont excellentes, mais la proximité de Monaco et de la France, sa géographie, fait que des petits motifs d’irritation, des deux côtés, peuvent exister. Et l’un des rôles de l’ambassadeur est aussi de faciliter les échanges.

Les relations entre la France et Monaco

Les relations entre la principauté et la France sont très fortes et anciennes : de quelles natures sont ces relations aujourd’hui ?

Les relations entre la France et Monaco sont excellentes. Monaco, en tant qu’État indépendant, représenté dans toutes les enceintes internationales, ayant d’ailleurs sa propre politique, mais en lien avec la France, est une richesse pour notre pays. Une richesse globale, et pas seulement pour la région Paca, la métropole de Nice et la Riviera française. Et les relations entre le prince Albert II et le président de la République française sont très bonnes. Nous avons à faire de petits réglages fins et toutes les autorités publiques françaises cherchent à aider la principauté.

De quels réglages s’agit-il ?

Ce sont toutes les questions de transport, de financement des transports, de fiscalité. Il s’agit aussi de questions d’ordre judiciaire. Et puis, cela concerne aussi les hommes ou les femmes à bien choisir.

La dernière visite officielle d’un président de la République en principauté date d’il y a six ans, en novembre 2013 : peut-on s’attendre à une nouvelle visite officielle, très prochainement ?

Le président de la République française, Emmanuel Macron, a prévu de faire une visite en principauté. La date n’est pas encore fixée. Si cette visite officielle n’est pas une urgence, c’est justement parce que les relations bilatérales sont excellentes. Quelques fois, on fait une visite officielle pour marquer publiquement qu’au fond, la relation qui a pu traverser des périodes un peu compliquées est rétablie. En principauté, on n’a pas vraiment besoin de ça. Mais il est naturel que le président de la République fasse une visite. Il a simplement un agenda international très chargé (G7, travail sur les questions européennes, Brexit…). La relation bilatérale avec Monaco tourne tellement bien, que cette visite n’est pas une urgence. Mais Emmanuel Macron me l’a dit, il fera sa visite officielle en principauté dans les mois qui viennent.

L’environnement

Vous avez tenu un rôle, dont l’enjeu est une problématique chère à Monaco et à son prince, puisque vous avez été ambassadeur délégué à l’environnement et vous avez aussi été impliqué dans l’organisation de la COP21 : ces expériences ont-elles eu une influence dans votre nomination ?

Le fait que j’ai été ambassadeur pour l’environnement, qu’à différentes reprises de ma carrière je me sois occupé de ces sujets de développement durable… qui sont des sujets importants pour la principauté, qui veut être un modèle dans ce domaine, est aussi un plus pour la relation bilatérale. Il vaut mieux avoir un ambassadeur qui a cette connaissance d’un certain nombre de sujets qui comptent en principauté que pas.

Vous avez donc aussi été impliqué dans l’organisation de la COP21 ?

Organiser la COP21 a été quelque chose d’extraordinaire. Non seulement, nous avons eu 157 chefs d’État et de gouvernement. Plus des trois quarts des chefs d’État et de gouvernement sont venus à l’ouverture de la COP21, dont les plus grands comme le président chinois, le président américain de l’époque Barack Obama, le président russe… et d’autres aussi moins connus notamment d’Amérique latine. Cela ne s’était jamais fait auparavant et cela ne s’est plus retrouvé depuis. Il a donc fallu mettre en place des éléments assez exceptionnels pour que ça marche, pour que les choses se passent bien. Dans un contexte qui n’était pas facile — les attentats du Bataclan et du stade de France ont eu lieu quinze jours avant l’ouverture de la COP21 — on a réussi à créer un environnement qui a permis une vraie négociation pendant trois semaines.

L’accord signé pendant la COP21 semble aujourd’hui remis en cause ?

Cette négociation de trois semaines a abouti à un accord qui malheureusement est aujourd’hui remis en cause par un certain nombre de grands pays. Ces pays ont pourtant signé cet accord donc cela pose tout le problème de la valeur de l’engagement signé. On est malheureusement dans un monde de moins en moins juridique. Mais cette négociation a toutefois abouti à un état des choses et à un ensemble de mesures ou de recommandations qui, si elles sont mises en œuvre, devraient nous permettre d’éviter de prendre de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique.

Que pensez-vous de l’engagement environnemental du prince Albert II ?

Je n’ai pas un gros travail de conviction à faire en principauté, contrairement à un certain nombre de mes collègues, notamment au Brésil où il y a tout un travail d’explication de l’accord de Paris et des résultats de la COP21 à mener en ce moment. A Monaco, tout le monde est convaincu. On cherche ici non seulement à être relativement exemplaire mais surtout à être porte-parole. Et le prince utilise sa notoriété et son image internationales pour porter cette cause, ce qui est une très bonne chose.

Les conclusions du dernier rapport du GIEC sur les océans et la cryosphère sont alarmantes (lire Monaco Hebdo n° 1122) : quel regard portez-vous sur ce rapport et que pensez-vous des politiques environnementales actuelles ?

Il ne faut pas baisser la garde. Le contexte international n’est pas favorable car c’est un contexte, politiquement, de multiplication des zones de tensions. On a donc plus tendance à s’occuper de ces sujets qu’aux sujets transversaux. Le contexte politique est tendu et le contexte économique est fragile. Et la tendance consiste à dire que la protection de l’environnement, globale ou locale, est un plus. On y pense quand on a le temps, quand on a les moyens mais sinon il faut aller à l’essentiel. Même si cela est difficile à l’heure actuelle, il faut sensibiliser les uns et les autres. Le but de la conférence de Paris de 2015 était d’essayer de montrer l’unanimité mondiale. Malheureusement, depuis, un certain nombre de gouvernements populistes sont arrivés au pouvoir à la faveur d’inquiétudes, de populations un peu déboussolées par les modifications quasiment « anthropologiques » du monde contemporain. Et cela donne des personnes au sens propre réactionnaires, c’est-à-dire qu’elles pensent qu’en revenant à un état antérieur dans leur politique, elles vont entraîner la société humaine internationale, les Nations unies à revenir à cet état antérieur perçu comme plus favorable mais cela ne fonctionne pas. Par la force des choses, on est coincés donc il faut se serrer les coudes.

L’environnement sera au cœur de la 36ème édition de la Conférence ministérielle de la Francophonie, qui se déroulera les 30 et 31 octobre en principauté : qu’attendez-vous de ce rendez-vous ?

Ce qui fait la force de la francophonie, c’est qu’elle regroupe des pays très différents les uns des autres. Elle regroupe essentiellement quelques pays européens, le Canada et des pays africains dont certains font partie des pays les moins avancés. Il s’agit d’un cadre pour essayer que les pays plus développés voient avec les pays moins développés comment on peut améliorer leur situation et la situation globale. La francophonie a traversé des phases différentes de son histoire. Et le fait que Louise Mushikiwabo, une ancienne ministre des affaires étrangères d’un pays qui a longtemps été en guerre, en soit sa présidente, est une bonne chose. Pour avoir beaucoup travaillé avec elle dans mes précédentes fonctions d’ambassadeur auprès de l’Unesco, on voit bien qu’elle veut réorienter la francophonie pour qu’elle traite des questions de société, d’environnement, de développement durable… Nous ne sommes plus dans la francophonie « littéraire » ou culturelle, même si ces dimensions existent encore. Nous traitons maintenant de ce qui préoccupe les populations locales. Il ne faut pas simplement être une association d’autosatisfaction où l’on se renvoie les félicitations, les remerciements…

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Sa connaissance de l’Église

Autre domaine que vous connaissez parfaitement, l’Église : cette connaissance est un « plus » incontestable en principauté ?

Oui et non. Il s’agit effectivement de l’une de mes trois spécialités au fil de 35 ans de carrière diplomatique avec les questions d’organisation d’événements et les questions de développement durable et d’environnement. J’ai été conseiller pour les affaires religieuses au Quai d’Orsay. Aujourd’hui, les questions religieuses sont surtout tournées vers l’islam, vers l’islamisme, vers l’utilisation politique d’une religion, moins vers le christianisme. Il m’est facile de venir ici et de trouver des rapports entre l’Église et l’État qui, il est vrai, ne sont plus ceux que l’on connaît dans la plupart des pays d’Europe occidentale, à commencer par la France. Mais à Monaco, l’archevêque Mgr Barsi est une remarquable figure qui connaît bien sa principauté, sa communauté… La religion est un élément de stabilité et d’équilibre important pour la principauté. Je suis content de pouvoir exercer ici mais je ne suis pas un clerc, je suis ambassadeur laïque.

Vous avez été ministre conseiller à l’ambassade de France près le Saint-Siège de 2001 à 2005 : quels étaient votre rôle et vos missions ?

L’ambassade de France près le Saint-Siège a quatre missions. En tant que numéro 2, j’étais un peu l’alter ego de l’ambassadeur. La première mission est politique. Il s’agit d’échanger avec le Saint-Siège sur tous les sujets d’intérêts communs, que ce soit en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient… La France, toute laïque qu’elle est, a une politique souvent évangélique. Elle est présente pour qu’il n’y ait pas de conflit, pour que le droit soit respecté… Il s’agit d’une politique pacificatrice. Nous étions souvent sur la même ligne que le Saint-Siège et nous avions le rôle de leur expliquer un certain nombre de choses notamment sur les crises africaines. Nous obtenions en retour un certain nombre de prises de position publiques du pape Jean-Paul II, qui a une image internationale. Et ce qu’il dit, porte.

Quelle était votre deuxième mission ?

Le deuxième champ concernait les questions de société françaises. Contrairement au concordat de 1801, qui disait que la religion catholique est la religion de la majorité des Français, on ne peut pas dire aujourd’hui que la religion catholique soit la religion de la majorité des Français. Elle est aujourd’hui profondément agnostique, éloignée de toute considération spirituelle ou religieuse. Nous étions donc souvent à expliquer les conséquences réglementaires ou légales de cette profonde transformation de la société française, surtout depuis mai 68. Contrairement aux questions internationales où nous étions en phase avec le Saint-Siège, nous avions des difficultés sur ces questions de société. Nous expliquions des choses qui ne satisfaisaient pas la curie romaine, qui sur les questions de société et de mœurs, défend des positions qui ne sont pas celles de la majorité des Français ou des Européens dans un pays occidental développé.

Quels étaient vos autres rôles au Saint-Siège ?

A Rome, nous avons la charge du centre culturel Saint-Louis qui est l’unique centre culturel français de Rome. Il est à la fois un centre religieux et un lieu où l’organise des colloques, où l’on donne des cours de langue… Enfin, notre dernière mission était de nous occuper des pieux établissements. L’ancienneté de la relation bilatérale entre la France et le Saint-Siège fait que nous avons cinq monuments historiques et treize immeubles de rapport dans Rome. Nous avions donc un travail de gestionnaire de monuments historiques et d’immeubles de rapport. Et le numéro 2 est traditionnellement président de la députation administrative des pieux établissements à Rome et Lorette.

A votre départ en 2005, vous avez été fait commandeur avec plaque de l’ordre de Saint-Grégoire-Le-Grand par le pape Jean-Paul II : c’est un grand moment de votre carrière ?

Lorsque vous terminez votre temps de numéro 2, il est un peu naturel de recevoir cette distinction. L’ambassadeur de France est fait grand-croix de l’ordre de Pie IX et le numéro deux est fait grand officier de l’ordre Saint-Grégoire-Le-Grand. J’en suis très fier parce qu’il s’agit d’une belle distinction qui m’a été remise au palais apostolique. Et surtout, plusieurs m’ont dit que j’ai été le dernier décoré par Jean-Paul II. Ma lettre de nomination a été signée fin mars 2005 et Jean-Paul II (1920-2005) est mort le 5 avril. Je serais donc le dernier décoré par Saint Jean-Paul II dans un ordre pontifical.

Le refus du Vatican

En 2015, François Hollande, alors président de la République, avait décidé de vous nommer en tant qu’ambassadeur de France au Vatican, mais vous n’avez finalement obtenu aucune réponse de la part du Saint-Siège pour votre candidature et s’en est suivi un conflit d’un an entre Paris et le Vatican : comment avez-vous vécu ce refus et à quoi est-il dû ?

C’est une affaire qui a plus ses origines en France qu’à la curie romaine. La curie romaine a dans cette affaire été très mal traitée. J’ai été nommé. Le décret en conseil des ministres du 5 janvier 2015 existe, demandant mon agrément. Ensuite, un certain nombre de petits camarades du Quai d’Orsay, y compris certains qui avaient des fonctions importantes, parce qu’ils avaient un autre candidat qu’ils voulaient plus que moi, alors que le président de la République m’avait choisi, ont cru malin de divulguer des informations sur mes orientations sexuelles. Ces personnes ont alors rendu difficile le fait que je sois nommé.

Les fuites concernant votre homosexualité viennent donc de Paris ?

J’ai failli passer très facilement, d’autant plus que les personnes en charge de la nomination au Vatican m’avaient connu pendant quatre ans et tout s’était très bien passé. C’est vraiment venu de Paris, c’est venu de malveillances. Croyant que ces malveillances allaient avoir comme conséquence que j’allais être facilement retoqué en quelque sorte, sans qu’il y ait de publicité donnée à l’affaire. Mais je n’ai pas facilement été retoqué justement parce que le cardinal Tauran, le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard… plaidaient pour moi. Beaucoup de personnes dans l’entourage du pape François étaient d’accord pour ma nomination. Mais les articles du Canard Enchaîné fin mars-début avril 2015 et de Valeurs actuelles ont déclenché une sorte d’onde médiatique mondiale. Et à partir du moment où c’était devenu une affaire publique et mondiale, c’était devenu une question de principe.

Vous avez rencontré le pape François en avril 2015 : que vous a-t-il dit ?

L’emballement médiatique a conduit le Saint-Père à me recevoir longuement fin avril en tête à tête. Cet entretien a été d’une grande force et d’une grande qualité. Mais après cet emballement, quelle que soit la sympathie que l’on vous porte, me donner l’agrément n’était plus possible. Chacun est resté sur ses positions. D’un côté, la France ne comprenait pas que le Saint-Siège ne me donne pas l’agrément. J’ai pourtant fait beaucoup d’efforts au printemps 2015. Et de l’autre, le Saint-Siège n’a pas voulu faire ce cadeau à la France, alors qu’il y a eu le mariage pour tous, que les milieux catholiques en général étaient hostiles à cette mesure… Tout cela a duré près d’un an, et je suis devenu en avril 2016 ambassadeur de France à l’Unesco.

Vous faisiez pourtant figure de candidat idéal : est-ce un regret dans votre carrière ?

Bien sûr, c’est un regret. Parce que je suis très attaché à l’institution romaine, à la curie où je compte des amis. Je n’étais peut-être pas la personne idéale auprès du président idéal d’un point de vue curie. Mais j’ai fait d’autres choses très intéressantes. J’ai été très heureux d’être ambassadeur auprès de l’Unesco.

Sa carrière de chef du protocole à l’Élysée

Vous avez été chef du protocole à l’Élysée de 2010 à 2016 : quel était votre rôle ?

Chef du protocole, c’est être à la tête d’un service assez important en nombre qui organise des sommets et des voyages et qui gère le quotidien du palais de l’Élysée. C’est une grosse machine et le travail est le même quel que soit le président de la République. Il évolue parce que le monde évolue. Il évolue relativement lentement d’une décennie sur l’autre. Ensuite, il y a le caractère du président de la République : aime-t-il beaucoup les voyages ou non ? Aime-t-il recevoir des personnalités étrangères ou moins ?… Tout cela fait que nous sommes obligés de nous adapter. Le président de la République est le chef. Mais il y a une grande continuité dans le travail. On a d’ailleurs adapté le nom du poste. On n’est plus « chef du protocole », on est « directeur du protocole et des événements diplomatiques ». Ce titre correspond exactement à ce que fait le « chef du protocole ».

Vous avez aussi travaillé avec Jacques Chirac (1932-2019) lorsque vous étiez chef adjoint du protocole (de 1996 à 2001) : quel souvenir gardez-vous de lui et quel président était-il ?

Le président Chirac était un grand professionnel qui était parfaitement dans la fonction de président de la République. Il était très exigeant. Il était non seulement un bosseur, il était aussi un boss.

Quel serait votre message aux Français de Monaco ?

Mon message serait de continuer à être aussi présents qu’ils le sont en principauté. Les Français résidents, les enfants du pays, ont un rôle ici. Ils représentent un quart de la principauté. Il faut qu’ils aient confiance en eux. Il ne faut pas qu’ils se considèrent comme périphériques, ils sont au cœur du système de la principauté. Et pour les Français qui viennent travailler tous les jours, sans qui la fonction publique, les services publics monégasques ne marcheraient pas, il faut qu’ils aient aussi confiance en eux et qu’ils soient fiers d’être Français en principauté de Monaco.

1) L’accord RAMOGE est un traité relatif à la protection de l’environnement marin et côtier d’une zone de la mer Méditerranée (zones maritimes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), de la principauté de Monaco et de la région Ligurie). Il a été signé en 1976 par la France, l’Italie et Monaco.

Vidéo : 1 Question 1 Minute avec Laurent Stefanini

La Francophonie s’invite à Monaco

La 36ème édition de la Conférence ministérielle de la Francophonie se tiendra, pour la première fois, les 30 et 31 octobre à Monaco. A cette occasion, la principauté a décidé de mettre la protection de l’environnement au cœur des débats. Durant deux jours au Grimaldi Forum, les ministres de 88 États et gouvernements en charge de la francophonie échangeront autour du thème : “Réconcilier l’Humanité et la Planète : perspectives dans l’espace francophone à la veille des 50 ans de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)”. L’idée est de lancer une réflexion sur les perspectives de l’OIF, notamment en faveur du développement durable, dans toutes ses composantes alliant économie, social et environnement. Le gouvernement princier présentera durant ce rendez-vous international un projet de résolution relatif à la préservation des océans et organisera un événement relatif au tourisme durable.