dimanche 28 novembre 2021
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La Croix-Rouge monégasque s’inquiète pour les exilés en Italie

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L’hiver est éprouvant pour les exilés qui transitent à la frontière italienne. Ils sont toujours une centaine à vivre et à dormir dehors, à la merci de la pandémie de Covid-19, sans véritable solution d’hébergement, alors que l’aide internationale pourrait diminuer.

Ils seraient encore 100 à 150 à transiter de manière permanente à Vintimille, selon la fondation Caritas, souvent dans l’espoir de rejoindre la France, puis le nord de l’Europe. En pleine pandémie de Covid-19, les exilés de la frontière italienne, habitués à dormir sur les bords de la Roya, traversent un hiver particulièrement rude, et leur sort inquiète les équipes de la Croix-Rouge monégasque. Depuis le démantèlement du camp de Vintimille le 31 juillet 2020, la plupart des migrants n’a en effet aucun endroit où se loger, quand bien même temporairement. Directement exposés aux agressions du froid et aux dangers de la vie en extérieur, certains auraient peut-être même perdu la vie. En octobre 2020, suite au passage de la tempête Alex, plusieurs exilés auraient en effet disparu selon certaines associations comme l’ONG We World ou Kesha Niya. Bien qu’aucune victime n’ait été à déplorer à Vintimille, officiellement, plusieurs bénévoles craignent cependant que les données officielles des services d’État n’aient pas pris en compte les migrants et les sans-papiers dans leur décompte.

La situation pourrait s’aggraver

Aujourd’hui, l’ouverture d’un nouveau centre d’accueil ne serait pas d’actualité à Vintimille. Compte tenu des mesures sanitaires et des contraintes liées à la distanciation physique, la tâche s’avèrerait en effet bien difficile pour les autorités italiennes : « Plusieurs associations veulent faire pression sur le gouvernement italien pour qu’un centre fermé voit le jour, afin d’éviter les squats et d’inciter ces personnes à faire des demandes d’asile, explique Claude Fabbretti, directeur de la Croix-Rouge monégasque. Mais la situation n’évolue pas et, actuellement, elles font un roulement avec les deux appartements que met à disposition la fondation Caritas, pour y passer une à deux nuits. Il n’y a pas assez de places. » La situation pourrait même s’aggraver. Les budgets de l’aide internationale, destinée aux associations sur place, risquent de diminuer compte tenu de la crise sanitaire et des fermetures des frontières : « Monaco ne va pas réduire l’aide publique au développement cette année. Mais je crains que d’autres pays d’Europe la diminuent, comme ils l’ont fait lors de la crise financière de 2008 », glisse Claude Fabbretti. Et, dans ce contexte, de nouveaux flux migratoires pourraient pourtant s’accentuer : « La plupart des pays d’Europe ont établi un plan d’aide économique pour garantir la plupart des salaires, mais cela n’a pas été le cas au Maghreb par exemple, où le nombre de chômeurs a augmenté à cause de la baisse d’activité. Selon le Mouvement international de la Croix-Rouge, les flux de migrations sont déjà préoccupants. »

Un accueil à Monaco ?

Dans l’hypothèse où un nombre important de nouveaux exilés pourrait atteindre la frontière italienne, l’Etat monégasque sera-t-il amené à contribuer à la gestion de ces éventuels flux migratoires ? C’est probable. La principauté coopère en effet avec le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) depuis 1956, pour venir en aide aux personnes fuyant la guerre ou la persécution, mais aussi aux réfugiés et aux migrants depuis 2016. Dans le cadre de la déclaration de New-York, adoptée par les Nations Unies, Monaco a contribué à hauteur de 670 000 euros pour financer des projets en faveur des réfugiés au Maroc et en Tunisie. Douze Irakiens fuyant Daech ont aussi été logés à Beausoleil en 2015, par l’intermédiaire de l’association monégasque Collectif réfugiés d’Orient, dans des biens appartenant au régime monégasque. Le prince Albert II est d’ailleurs membre d’honneur de cette association. Pourrait-on alors imaginer un accueil d’exilés directement à Monaco ? Probablement pas : « Il n’y a généralement pas de demandes de protection à Monaco, car cela limiterait la personne à se limiter à vivre uniquement sur 2 km2, répond Claude Fabbretti. Il vaut mieux en rester à la France et à l’espace Schengen, et poursuivre l’aide au-delà de la frontière. » Actuellement, la Croix-Rouge monégasque soutient les demandes d’asile, en procédure légale, de 17 exilés de Vintimille. Depuis le début de la crise sanitaire, cette association se consacre essentiellement à la formation aux soins et à la lutte contre le Covid-19 en principauté. Mais Claude Fabbretti l’assure : « Si on nous sollicite en Italie, on interviendra. » 

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