jeudi 15 avril 2021
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En France, le conseil scientifique juge la situation « critique »

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Désormais, environ 66 % des Français sont soumis à un couvre-feu. C’est le cas des Alpes-Maritimes, depuis le 23 octobre 2020 à minuit.

En France, entre 21 heures et 6 heures du matin, sauf dérogation, chacun doit rester chez soi. Mais déjà, des scientifiques et des élus demandent à ce que les restrictions soient durcies. Lundi 26 octobre 2020, le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a jugé la situation sanitaire « difficile, voire critique ». En conséquence, cet expert estime qu’il faudrait muscler davantage le couvre-feu, et même l’étendre. Interrogé sur RTL, Jean-François Delfraissy a avoué que même si « on avait prévu qu’il y aurait cette deuxième vague, mais nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis dix jours. […]. La deuxième vague va probablement être plus forte que la première. » Dubitatif devant le comportement de certains, le président de l’instance qui conseille l’exécutif français, a estimé que « beaucoup de nos concitoyens n’ont pas encore pris conscience de ce qui nous attend ».

Deux scénarios possibles

Dimanche 25 octobre, la France a dépassé les 52 000 contaminations en 24 heures, une première depuis que les tests sont réalisés de façon plus massive. Mais Jean-François Delfraissy pense que le chiffre réel des cas de Covid-19 devrait plutôt se situer « autour de 100 000 par jour ». Interrogé par Franceinfo, Eric Caumes, chef du service infectiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, est allé plus loin. Pour ce médecin, « on a perdu le contrôle de l’épidémie il y a quelques semaines déjà. Le Premier ministre l’a reconnu, le ministre de la santé aussi. Le virus est tellement présent parmi nous que, là, je pense qu’aujourd’hui on n’a plus le choix, il faudrait reconfiner. » Du coup, Jean-François Delfraissy a avancé deux scénarios. Le premier consiste à établir un « couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, dans son étendue au niveau du territoire national, et qui puisse également être mis en place le week-end. [Après] dix à quinze jours […], on pourrait regarder la courbe des nouvelles contaminations […], et si on n’est pas dans la bonne direction, aller vers le confinement. » Le deuxième scénario consisterait à lancer un deuxième confinement « moins dur que celui du mois de mars 2020, qui permette à la fois le travail, qui évidemment s’accentuerait en termes de télétravail, qui permettrait probablement de conserver une activité scolaire, et qui permettrait aussi de conserver un certain nombre d’activités économiques, qui pourrait être de plus courte durée, et qui serait suivi de conditions de déconfinement très particulières, puisqu’on déconfinerait en passant par un couvre-feu ». Estimant que la vague qui s’étend sur toute l’Europe pourrait durer « plusieurs semaines, voire un ou deux mois », le président du conseil scientifique a jugé qu’il fallait en tout cas agir vite. Tout en refusant de se prononcer sur les vacances de Noël 2020.

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