mardi 30 novembre 2021
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Edito n°1176 : Devoir

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Forcément, avec la pandémie de Covid-19 qui frappe Monaco depuis mars 2020, la question du téléenseignement est devenue cruciale. En France, l’apprentissage à distance pendant les périodes de confinement a fait ressurgir les disparités d’origine sociale. Les élèves les plus défavorisés ont aussi été ceux qui ont le plus souffert lorsque le téléenseignement a été déployé. D’après les chiffres d’une étude du Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco) publiée le 15 octobre 2020, l’école primaire française dispose, en moyenne, d’un ordinateur pour 12,5 élèves. Les collèges français disposent d’un poste informatique pour 4,5 élèves, en moyenne. Quant aux lycées, ils ont, en moyenne, un ordinateur pour 3,4 élèves. En Europe, on a huit élèves par poste informatique, en moyenne. Du coup, pas étonnant que l’enquête Talis menée en 2018 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), montre que 30 % des principaux de collèges français et 57 % des directeurs d’écoles se plaignent d’un équipement numérique insuffisant pour assurer un enseignement de qualité. En principauté, cette problématique est beaucoup moins vraie, et elle est même en passe d’être réduite à néant. Alors que le prince Albert a lancé un plan numérique en 2014, 1 200 ordinateurs portables ont été distribués aux collégiens de Monaco. Chaque élève a reçu ce matériel fin novembre 2020 et il le conservera pendant toutes les années où il sera scolarisé au collège. Mais il serait illusoire de penser que la seule présence d’un équipement numérique va faire évoluer dans le bon sens les pratiques pédagogiques. « Le collège numérique est d’abord un projet pédagogique », clame d’ailleurs la directrice de l’éducation nationale de la jeunesse et des sports, Isabelle Bonnal, dans l’interview qu’elle nous a accordée dans ce numéro. Autre point central : le désir de numérique des professeurs, ainsi que leur accompagnement et leur formation. En France, toujours selon l’enquête Talis 2018, seulement 16 % des enseignants du premier degré et 29 % des enseignants de collège s’estiment bien ou très bien préparés à l’utilisation du numérique. Pire : ces manques ne sont pas compensés par la formation continue. Pour juguler ce problème, en principauté, tous les professeurs du collège ont bénéficié d’une formation de 3 heures pour apprendre à utiliser le logiciel de gestion de classe numérique, qui permet notamment de contrôler les ordinateurs des élèves dans la classe. Et une formation continue est aussi disponible. Une certitude, les possibilités apportées par le numérique en classe sont multiples : « Améliorer l’interactivité entre professeur et élève, identifier plus rapidement et de manière plus fine les besoins des élèves, mettre en place la classe inversée… », détaille Isabelle Bonnal, sans nier le poids du contexte global : « Aujourd’hui, notre société est inondée de technologie numérique. L’école ne peut pas rester en dehors de cette transformation. Dans ce contexte, notre devoir est de faire acquérir aux élèves les compétences nécessaires aux métiers de demain. » Mais pas question pour autant de céder au piège du numérique à tout va, sans visées pédagogiques précises. « Il ne s’agit pas de faire disparaître une manière d’enseigner par une nouvelle, mais plutôt de profiter de ce qu’apporte la technologie numérique pour mieux apprendre », prévient Isabelle Bonnal. Du numérique maîtrisé, en somme.

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