Edito n°1185 : Cause

La « règle des 30 kilomètres » imposée par la France à Monaco va-t-elle devenir un sujet de friction diplomatique entre les deux pays ? Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 16 février 2021, la question se posait avec acuité. En effet, depuis le 1er février 2021, la France exige que les Monégasques et les résidents de la principauté soient porteurs d’un test PCR négatif lorsqu’ils se trouvent à plus de 30 kilomètres de Monaco. La contestation est rapidement montée du côté monégasque, et des relais ont été activés à Paris pour faire remonter ces doléances auprès du gouvernement d’Emmanuel Macron. Résultat, le 13 février 2021, la France a desserré un peu son dispositif. Désormais, les résidents de la principauté peuvent circuler sans condition dans l’ensemble du département des Alpes-Maritimes. Au-delà, il faut un test PCR. Du coup, les Monégasques ou les résidents qui souhaitent se rendre dans le Var pour profiter de leurs maisons secondaires sont obligés de fournir un test négatif. Une situation qui a irrité le gouvernement monégasque, tout comme les élus du Conseil national. Jugeant l’avancée proposée par la France « insuffisante », le gouvernement princier a décidé d’appliquer la stricte réciprocité sur son territoire pour les Français qui n’habitent pas dans les Alpes-Maritimes : pour entrer sur le territoire monégasque, un test PCR leur est demandé depuis le 15 février 2021. En parallèle, les négociations continuent entre la France et Monaco, et certains politiques locaux français ont pris la défense de la principauté, notamment la sénatrice Les Républicains (LR) Dominique Estrosi-Sassone et le député LR, Eric Ciotti. Reste à voir si, du côté du Premier ministre, Jean Castex, ou du cabinet du président de la République, Emmanuel Macron, on est prêt à lâcher encore du lest sur le dispositif sanitaire appliqué à la principauté. Alors que la question de la montée en puissance des variants du Covid-19 inquiète de plus en plus les autorités françaises, le contexte ne semble pas propice à un relâchement. Même si Monaco continue de plaider sa cause.