Edito n°1199 : Promesse

C’est un sujet sensible dont on parle depuis de nombreuses années à Monaco. Faut-il donner un statut, et des droits, aux enfants du pays ? Une proposition de loi déposée au Conseil national pendant l’automne 2017 par l’ancien élu Jean-Charles Allavena, entendait donner une définition précise de ce qu’est un enfant du pays. Mais ce texte n’apportait alors aucun droit à cette communauté. Devenu un projet de loi, ce texte ne satisfait pas la majorité Priorité Monaco (Primo !) du Conseil national, qui n’y voit, par l’intermédiaire du président de la commission du logement, Franck Lobono, qu’une « déclaration d’intention, par laquelle le gouvernement reconnaît la contribution des enfants du pays au développement de la principauté, à la prospérité économique, ainsi qu’à son rayonnement sur la scène internationale ». Du coup, les conseillers nationaux sont en train d’amender ce texte, afin qu’il donne une définition précise des enfants du pays, et qu’il détaille également une série de droits en ce qui concerne essentiellement le logement et l’emploi. Quelques précisions ont été données par le président du Conseil national, Stéphane Valeri, à l’occasion de l’émission Üntra Nui, diffusée le 9 mai 2021 sur Monaco Info. Il faudra « au moins quarante ans de résidence en principauté, et donc deux générations sans discontinuité » pour être considéré comme étant un enfant du pays, a indiqué le président Valeri, avant d’évoquer des critères « de priorité » : « Ceux qui sont nés à Monaco et qui y ont toujours vécu, auront un rang encore supérieur de priorité. Ceux qui sont nés à Monaco, qui y ont toujours vécu et dont l’un des parents, père ou mère, est né à Monaco, auront encore un rang supérieur de priorité. Tout cela, ça forme la communauté des enfants du pays, qui partagent notre identité et notre culture. » Expliquant que l’État vient de préempter deux maisons, Stéphane Valeri a dit souhaiter que l’une d’elles, soit destinée aux enfants du pays, qui seraient ainsi logés dans « plusieurs dizaines de logements ». Évoquant le projet Ida, initialement destiné aux enfants du pays avant d’être intégré à un ensemble immobilier plus large réservé uniquement aux Monégasques, le président du Conseil national a ajouté : « Ainsi, la promesse faite avec Ida, sera tenue ». Achetée en 2009 par le gouvernement monégasque pour 15 millions d’euros, la villa Ida, située dans le quartier Plati, devait offrir 32 logements pour les enfants du pays. Reste désormais à connaître la position du gouvernement. Interrogé par Monaco Hebdo, il n’a pas souhaité s’exprimer sur ce dossier, « pour le moment ».