Quand le trafic est paralysé

La Rédaction
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Les usagers de la gare de Monaco

© Photo Monaco Hebdo.

Les usagers de la gare de Monaco ont pris leur mal en patience lors du mouvement social des 10 et 11 octobre derniers, qui a sérieusement perturbé le trafic SNCF.

Par Carine Julia.

Venir en principauté par le chemin de fer demandait beaucoup de patience les 10 et 11 octobre derniers. Côté TER, la journée nationale française d’action contre l’austérité a en effet été suivie à Monaco. Les salariés de la SNCF dénonçaient les mauvaises conditions de travail des contrôleurs, suite à l’agression de l’un d’eux le 6 octobre. Le service des TER en gare de Monaco était par conséquent très perturbé. Le trafic étant officiellement réduit au quart pendant ces deux jours. En tout, vingt trains de la ligne Les Arcs-Vintimille se sont arrêtés le 10 octobre dans la gare, sur les 105 habituels en semaine. Soit un vrai parcours du combattant pour les usagers, obligés parfois de se rabattre sur d’autres moyens de locomotion.
François Gamand habite Gattières, à l’ouest de Nice. Pour venir à son travail en intérim à Monaco, la route est longue?: « Le problème a commencé dès le jeudi soir, le jour où un agent de la SNCF s’est fait agresser. Le train était bondé. J’ai alors pris la voiture dès le lendemain, je sais que c’est le bordel quand c’est le service minimum. Même le premier train arrive trop tard pour moi. »
La plupart des usagers sont habitués à la situation et restent philosophes. Comme François Sequeval, peintre en bâtiment qui a pris le train une heure après le début de son travail ces lundi et mardi de manifestation. S’il comprend et soutient le droit de grève, « car c’est une chance pour ceux qui l’ont » estime-t-il, son problème reste que son patron n’accepte pas cette excuse. Il lui a déjà mis un avertissement et François Sequeval risque d’être renvoyé à chaque grève.

Les retards quotidiens pénalisent plus que les grèves

Mais pour les usagers de la gare de Monaco, qui ont l’impression d’être pris en otage par ces mouvements sociaux, les retards quotidiens sont bien plus pénalisants que les grèves ponctuelles. Exemple?: François Gamand sait que le TER de 7h01 à Nice Saint Augustin est souvent en retard et l’évite, quitte à venir plus tôt. Selon François Sequeval, ce sont au moins deux jours par semaine où les trains accusent des retard?: « C’est dommage, dans ces cas-là, de rester sur le quai alors que j’aurai pu prendre du temps pour autre chose. » Même Martine, qui ne vient que rarement en TER à Monaco, doit suivre un parcours du combattant puisque « les transports en communs dans la région n’engagent pas à les utiliser. Il y en a trop peu, pas suffisamment répartis. Par exemple, le dernier bus de la gare de Biot pour rentrer chez moi est à 19h26. En partant à 19h de Monaco, c’est mission impossible, même sans retard?! »
Sur le blog de l’association les Naufragés du TER Grasse Vintimille, créé pourtempêter contre les dysfonctionnements du trafic, Eric Sauri, le président naufragé, dresse un bilan étonnamment positif. Son constat?? « Nous venons de vivre quasiment douze mois […] sans conflit social sur notre ligne. » Il note que la situation de la ligne TER PACA s’est grandement améliorée en s’appuyant sur la réduction du taux de non conformité critique (retard supérieur à 30 min et/ou suppression de TER). Ce taux serait passé de 11,49 % à 2,65 % en un an. Dans le souci d’améliorer les performances du TER, l’association indique vouloir relever impartialement les réussites, comme les échecs du réseau. En continuant de « dénoncer les abus de certains » et de demander des raisons valables quand le service n’est pas assuré. Notamment en cas de grève. Alors que les usagers de la gare de Monaco se rassurent, aucune grève n’est prévue prochainement. Pour le moment.

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