Laurent Puons : « Au Sportel, on vient y faire du business »

La 30ème édition des Sportel Awards se déroulera du 20 au 23 octobre au Grimaldi Forum. L’occasion de rencontrer Laurent Puons, directeur de Monaco Mediax, organisateur de cette manifestation dédiée aux rapports entre sport et médias. Il y présente le programme, divisé entre une offre pour le public et une offre pour les professionnels.

Ce sera la 30ème édition cette année des Sportel Awards : y aura-t-il quelque chose de particulier pour cet anniversaire ?

Depuis deux ans nous faisons la distinction entre Sportel Convention et Sportel Awards. Désormais les Sportel Awards sont organisés comme une manifestation à part entière. Avant, c’était une remise de prix inclus dans la manifestation Sportel. Cette année, nous allons avoir un programme beaucoup plus important pour les Sportel Awards que ce qu’il était auparavant. Auparavant les Sportel, c’était une remise de prix, point barre. En séparant, les deux évènements, cela nous a permis de mettre en place un programme dédié au public sur les Sportel Awards.

Le public pourra vraiment rencontrer les sportifs présents ?

C’est justement pour cela qu’on organise ces rencontres. Eux, sont tout à fait disponibles et ouverts à rencontrer du monde et parler de leur discipline. Ce sont des nouveautés qu’on met en place. On l’a testé l’année dernière sur un ou deux évènements. Les sportifs sont aussi demandeurs. C’est une manière pour eux de se mettre en avant, de rencontrer leur public. On songe même à élargir encore plus ces rencontres, dans un programme plus riche pour les années à venir, quitte à ajouter une journée ou deux à l’évènement. Enfin, il y a bien entendu la traditionnelle soirée de remise de prix, le mardi soir. Tous les sportifs invités dans le cadre de l’évènement seront présents, des officiels, des professionnels. Certains seront primés durant cette cérémonie. Nous décernerons le prix du podium d’or, le prix du meilleur ralenti, du meilleur digital, etc.

Qui compose le jury qui délivre les prix et comment sont-ils attribués ?

Les professionnels inscrivent leur séquence à la compétition. Puis, il y a un comité de présélection composé de professionnels du milieu du sport et de l’audiovisuel. Ils sélectionnent les séquences qui seront nommées, annoncées cette semaine. Dans chaque catégorie, trois programmes seront nommés. Ensuite, ceux-ci seront visionnés et discutés par le jury qui décidera du lauréat. Jury composé de professionnel de la publicité, de l’édition, et de grands champions sportifs, notamment Yelena Isinbayeva. On choisit le jury selon leur capacité de pouvoir visionner des séquences. Ils se réunissent pendant une journée de travail pour visionner tous les programmes sélectionnés. A l’issue de cette journée, il y a une délibération pour attribuer les prix en fonction de chaque catégorie.

La cérémonie est-elle ouverte également au public ?

Oui. Gratuitement, sur réservation. Les gens auront l’occasion de côtoyer des grands champions avec le tapis rouge et tout le cérémonial qui va avec.

Concernant les conférences, quels seront les sujets abordés ?

Il y aura un évènement sur l’e-sport. C’est à confirmer, mais il devrait y avoir la participation du Team Vitality, leader français des clubs d’e-sport, grâce à ses joueurs internationaux et des titres mondiaux remportés. La personne qui viendra parler est le leader d’opinion dans ce domaine-là. Monsieur e-sport en France voire même en Europe [il s’agit de Nicolas Maurer — N.D.L.R.]. Cela va être un moment important, même si nous ne sommes pas une manifestation dédiée à l’e-sport. En revanche, il y a quelques entreprises impliquées dans l’e-sport qui participent au Sportel. Il y aura aussi une conférence sur le piratage et la protection des données.

Il y a un caractère très technologique dans les conférences qui sont dispensées et dans les partenaires qui sont les vôtres ?

C’est une ouverture mise en place il y a cinq, six ans. Si on voulait faire évoluer le marché, il fallait le diversifier, notamment vers les “new techs”. Aujourd’hui avec la rapide évolution de l’industrie, il était primordial que la convention Sportel s’ouvre vers les nouvelles technologies. On consomme le sport différemment aujourd’hui, plus seulement à télé, mais aussi sur les tablettes et les smartphones.

Il y a des nouveautés ?

En termes de nouveautés, on a mis en place l’innovation « zone ». C’est un espace sur le hall d’exposition qui permettra aux start-ups de présenter leur innovation. Il y aura notamment l’entreprise monégasque Youdome, récompensée l’an dernier par le Monaco Economic Board (MEB). C’est un dôme dans lequel vous faites rentrer un sportif et qui vous donne un avatar présentant les défauts du corps. Un déséquilibre osseux, une épaule plus basse, etc., pour pouvoir ensuite travailler sur ces défauts.

Quels sont les objectifs d’une convention comme Sportel ?

C’est très simple. Sportel a réussi, depuis une trentaine d’années, chaque fois que cela a été nécessaire, de faire évoluer son format et son contenu pour répondre de mieux en mieux à la demande des professionnels. Nous sommes encore à un tournant. La participation de nos exposants a changé. Les clients traditionnels ne prennent plus des blocs de 5 ou 6 modules. C’est à nous d’adapter nos offres à la demande de nos clients. La tendance va à la diminution, même s’il y a des nouveaux. On ne vend plus des mètres carrés comme on les a vendus dans le passé.

Que viennent chercher vos clients au Sportel ?

Quand vous venez sur un marché comme Sportel, c’est du business. Soit, vous venez vendre, ou soit vous venez acheter. Vous ne venez pas faire un tour pour regarder. L’objectif du Sportel, c’est de mettre en place le meilleur moyen de faire réaliser du business à nos participants.

Qu’est-ce qu’on y achète ?

Des programmes. Si vous voulez avoir les droits, vous devez venir au Sportel. Des négociations sont entamées, des deals sont réalisés en amont. Tout n’est pas signé sur le Sportel. Les gens ont besoin de se voir, et ils se voient ici.

Comment choisissez-vous les sportifs présents ?

On essaie d’avoir un panel assez diversifié. Des sportifs avec une actualité, en activité comme Clarisse Agbegnenou la judokate. On essaie aussi de faire revenir sur le devant de la scène des anciens, comme Edgar Grospiron, par exemple champion olympique en 1992 [en ski de bosses — N.D.L.R.]. Et je tiens à signaler qu’aucun des sportifs ne sont rémunérés pour venir. Nous les prenons en charge, mais nous ne les payons pas.

Sportel : avec Alain Prost, le 22 octobre

Loris Menoni, directeur exécutif de Sportel Awards, détaille le programme du Sportel ouvert au public : « Nous avons un gala de boxe le dimanche 20 octobre à 18h30 au Fairmont de Monte-Carlo. Pour ouvrir de façon un peu officielle les trente ans. Il y aura notamment deux championnats de France de boxe [billets à partir de 15 euros — N.D.L.R.]. Deux combats officiels, avec la Team Monaco Boxe, dont Laurent Puons est le directeur. C’est la première fois qu’il y a un évènement sportif au sein du Sportel Awards. Ce n’est pas une démonstration comme par le passé. Ce sont des vrais combats, qui seront diffusés sur La chaîne L’Équipe. C’est une bonne opportunité pour nous de mettre en avant l’évènement mais il y a aussi un vrai enjeu sportif. D’autres évènements sont prévus : le lundi soir à 19h30, projection exclusive avec Olympic Channel, la chaîne du CIO, d’un de leurs documentaires sur le thème de la gymnastique All around, avec trois gymnastes en préparation pour les Jeux olympiques (JO). Avec notamment des anciennes grandes championnes olympiques, comme Emilie Le Pennec, Nastia Liukin. Sur le même format, mardi à 14h30, on proposera la retransmission du documentaire Grand prix de Monaco : La légende, avec un prix remis à Alain Prost pour l’occasion le soir-même. Cela sera suivi d’un échange entre Alain Prost et deux membres de l’automobile club de Monaco (ACM). On garde toujours un rapport avec la télé, puisqu’on récompense des images de sport le soir de la cérémonie. On montre un contenu, et on profite de la présence de ces personnes pour débattre et discuter. Mardi 22 octobre, on devrait avoir un évènement sur le thème de l’apnée avec Pierre Frolla, recordman du monde, et Alice Modolo, vice-championne du monde. Enfin, mercredi 23 octobre, il y aura une séance de dédicace avec Clarisse Agbegnenou, quadruple championne du monde française de judo. »