Stéphane Valeri :
« Il est grand temps que le gouvernement change de braquet »

Raphaël Brun
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C’est la petite phrase lancée par le président du Conseil national, Stéphane Valeri, à l’occasion de l’assemblée générale de son groupe politique, Priorité Monaco (Primo !), le 30 septembre au soir, au Monte-Carlo Bay, devant près de 400 personnes. Offensif, il a balayé à la tribune les sujets politiques du moment. A commencer par le logement, un dossier dans lequel Stéphane Valeri estime « payer l’inaction du début de la mandature précédente ». Résultat, lors de la prochaine commission d’attribution, les presque « 400 demandes » se retrouveront face à « environ une centaine de logements à attribuer ». Au vu des délais « incompressibles » de construction d’un immeuble, il faudra attendre 2022 pour que « tous les foyers monégasques dont la situation le justifie » soient logés en principauté. En ce qui concerne les sujets de société, le président du Conseil national a confirmé que sa majorité voterait le 30 octobre la loi sur la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), ainsi que le projet de loi sur le contrat de vie commune, qui permettra de « reconnaitre l’union libre sous toutes ses formes en principauté ».

Enfin, Stéphane Valeri a évoqué la consultation publique, confiée à BVA, destinée à mieux cerner les attentes de la population sur la qualité de vie à Monaco et à faire taire certains : « Nous avons aussi entendu parfois ça ou là, que le Conseil national en ferait trop sur cette question, notamment en parlant trop négativement de ce ressenti de la population. Nous avons donc décidé de nous appuyer sur des données concrètes et objectives, sur une mesure fiable de l’avis de la population monégasque et résidente, ainsi que des salariés pendulaires. » Et l’objectif reste simple : « Plus la participation sera forte, plus le gouvernement sera bien obligé de nous entendre. » Quant aux deux arrêtés obtenus par Primo ! en décembre 2018 l’un sur l’interdiction des chantiers la nuit et les week-ends, l’autre imposant de nouvelles normes pour lutter contre les nuisances sonores, ils ne sont pas assez appliqués a jugé Stéphane Valeri : « Aucun chantier n’a été décalé dans le temps » et un seul sarcophage acoustique a été installé sur l’avenue princesse Grace. Réclamant une révision « en profondeur » de la gestion et du suivi des chantiers publics dans lesquels l’Etat va investir « plus de 600 millions en 2019 », le président du Conseil national a promis de mettre la pression sur le gouvernement « pour infléchir la tendance ». Pour le vérifier, rendez-vous les 8, 10 et 17 octobre pour le vote du budget rectificatif 2019.

journalistRaphaël Brun