Mort de Jacques Chirac
Monaco se souvient

Raphaël Brun
-

L’ancien chef de l’Etat français, mort le 26 septembre 2019 à 86 ans, a entretenu des liens avec la principauté, notamment à travers une visite présidentielle le 25 juillet 1997.

Ce n’était pas une année comme les autres, puisqu’elle correspondait aux 700 ans de règne des Grimaldi. Le 25 juillet 1997, le chef de l’Etat français, Jacques Chirac (1932-2019) s’est rendu en principauté, comme l’avaient fait avant lui Charles de Gaulle en 1960 et François Mitterand en 1984. Invité par le prince Rainier III, le président français était alors accompagné de son ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine. Arrivé à 11h30, et après une cérémonie officielle dans la cour du palais, Jacques Chirac avait alors évoqué en privé ce que le palais décrivait à l’époque comme « les grands dossiers qui ont connu des avancées récentes ». En clair, il s’agissait, pour l’essentiel, de discuter de la convention franco-monégasque de sécurité sociale. Après un déjeuner au palais princier, Jacques Chirac était allé visiter la salle des maquettes au ministère d’Etat, avant de se rendre sur le chantier de la future gare de Monaco. L’après-midi avait été consacrée à la visite des laboratoires Theramex, à Fontvieille. A cette occasion, une série de distinctions avaient été échangées entre les deux pays. Jacques Chirac avait été élevé au rang de Grand-Croix de l’ordre de Saint-Charles par le prince Rainier III, alors que la France attribuait au prince héréditaire Albert la médaille de Grand-Croix de l’ordre du Mérite, et que la princesse Caroline devenait grand officier de la Légion d’honneur.

Et puis, pendant l’été 2005, Jacques Chirac avait reçu le prince Albert II, intronisé depuis quelques jours seulement. L’occasion d’évoquer, sans doute, les fameux accords franco-monégasques qui allaient trouver leur épilogue quelques mois plus tard.

« Chaleureuse »

En effet, c’est le 8 novembre 2005, un peu après midi, que Jacques Chirac et Albert II ont ratifié les nouveaux accords franco-monégasques dans les salons des Jardins de l’Elysée. Indiquant être « très heureux de la signature de cette convention sur la coopération administrative, sur l’entraide judiciaire en matière pénale et l’échange de lettres sur la garantie des investisseurs », le prince Albert II s’était aussi félicité des rapports entretenus avec le président français, comme le rapportait Monaco Hebdo en 2005, dans son n° 490 : « Il y a des amitiés personnelles de ma famille avec la famille du président Chirac. C’était une visite vraiment très amicale, très affectueuse et très chaleureuse. » Celui qui a été président pendant 11 ans, 11 mois et 29 jours, du 17 mai 1995 au 16 mai 2007, a reçu l’hommage d’Emmanuel Macron, qui a estimé que Jacques Chirac « portait en lui l’amour de la France ». Avant d’ajouter : « Nous, Français, perdons un homme d’Etat que nous aimions et qui nous aimait. » Dimanche 29 septembre 2019, des milliers de Français se sont rendus aux Invalides, à Paris, pour rendre un dernier hommage à l’ex-président, mort le 26 septembre, à 86 ans. Après les cérémonies officielles dans la journée du 30 septembre, qui se sont déroulées en présence du prince Albert II, l’ancien chef d’Etat a été enterré au cimetière du Montparnasse, dans l’intimité familiale.

mort-jacques-chirac-monaco-souvient-albert-ii

Un parcours politique dense

C’est un parcours politique de près de 40 ans qu’a effectué Jacques Chirac. Son tout premier mandat politique, remonte à 1965, date à laquelle il est devenu conseiller municipal à Sainte-Féréole, en Corrèze. Secrétaire d’Etat en 1967, président de la République entre 1995 et 2007, il a aussi aligné une série de neuf mandats de député de Corrèze de 1988 à 1995, ou de maire de Paris entre 1977 et 1995. Nommé sept fois ministre, et deux fois Premier ministre, il a également été député européen de 1979 à 1980 et président de son parti, le Rassemblement pour la République (RPR) de 1976 à 1984, qui deviendra l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002. Affaibli par un accident vasculaire cérébral en 2005, il n’a pas été candidat à un troisième mandat présidentiel. Il s’est retiré de la vie politique en 2007.

journalistRaphaël Brun