Après Singapour,
la stratégie de Ferrari sur le grill

Pascallel Piacka
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Le 22 septembre, à Singapour, Sebastian Vettel a remporté son premier Grand Prix de la saison. L’Allemand a devancé Charles Leclerc, deuxième, et Max Verstappen, troisième. Un succès en trompe-l’oeil, qui interroge sur la stratégie de Ferrari initiée à Marina Bay. Décryptage.

Charles Leclerc a ouvertement questionné la stratégie de la Scuderia à Singapour. Une stratégie qui l’aurait privé d’une troisième victoire d’affilée après Spa-Francorchamps et Monza. La déception du Monégasque est à la hauteur de sa frustration. Victorieux lors des deux derniers Grand Prix en Belgique et en Italie, Leclerc visait une troisième victoire de rang. À Singapour, sur le tracé sinueux avec 23 virages sans longue ligne droite, les Ferrari n’étaient pas favorites. À Marina Bay, le Monégasque a tout de même signé sa troisième pole position d’affilée et cinquième de la saison. Désormais, il devance Lewis Hamilton et Valterri Bottas (4) dans cette exercice. Sur ce circuit, l’adversaire principal de Leclerc était le Britannique Hamilton. Leader au classement (296 points), Hamilton aligne 6 podiums, dont quatre succès, en 11 participations à Singapour. Hamilton n’a plus gagné depuis début août 2019, en Hongrie. Les données de la course semblaient simples. Mais rien ne s’est déroulé comme prévu pour Charles Leclerc. Explications.

“Undercut”

Alors que le Monégasque était en tête, il n’a pas compris la décision de Ferrari au 20ème tour. Pourquoi son écurie a joué l’“undercut” (1) en faveur de Vettel ? Une stratégie qui a eu pour conséquence de le faire ressortir derrière l’Allemand lorsqu’il a dû s’arrêter à son tour. Problème, sur un tel tracé les écuries optent pour un arrêt au stand. Ce qui implique pour Charles Leclerc de voir la victoire lui échapper. Dépité, le Monégasque a fait bonne figure à l’issue de la course. Mais ce nouvel imbroglio dans la stratégie de la Scuderia interpelle. L’“undercut” consiste à profiter d’un jeu de pneus neufs pour prendre de l’avance sur au moins un tour. Mais cette stratégie s’applique face à un adversaire et pas un coéquipier. D’où l’incompréhension de Charles Leclerc qui a dû se plier au choix de son écurie. Bien sûr, le succès de Vettel apporte à la Scuderia une troisième victoire consécutive et c’est aussi le premier doublé de Ferrari depuis le Grand Prix de Hongrie en 2017, où Vettel s’était imposé face à Räikkönen. Deux ans et 45 Grand Prix que la firme au cheval cabré attendait de réaliser cette performance et 22 courses que Sebastian Vettel espérait remporter une victoire. Son dernier succès remonte au Grand Prix de Belgique en 2018. Néanmoins Charles Leclerc, troisième avec 200 points au général, ex-æquo avec Verstappen, aurait pu creuser l’écart avec le Néerlandais en cas de succès à Singapour.

Sotchi

Désormais Lewis Hamilton, quatrième à Marina Bay, a les yeux rivés sur le Grand Prix de Russie le 29 septembre. Mais, désormais, le quintuple champion du monde reconnaît que Mercedes fait face à la concurrence de Ferrari. À Sotchi, la firme au cheval cabré devra régler les tensions internes. Sur les bords de la mer Noire, les doutes de Charles Leclerc seront-ils dissipés sur la stratégie de son écurie ? Implanté dans l’enceinte du parc olympique des Jeux d’Hiver 2014, le circuit de Sotchi a réussi l’an dernier à Hamilton. En 2018, l’écurie Mercedes avait demandé à Valterri Bottas, alors en tête, de laisser passer le Britannique. Le Finlandais s’était exécuté et Hamilton avait décroché une troisième victoire d’affilée. De son côté, Charles Leclerc avait terminé septième sur Alfa Romeo Sauber. Sur le SotchiAutodrome, Ferrari cherchera à réitérer le doublé de Singapour. Mais tout est une question de stratégie. À suivre.

journalistPascallel Piacka