Femme poignardée à Monaco, Le mari placé en détention provisoire

Anne-Sophie Fontanet
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La fin de la saison estivale a été marquée par un épisode à la fois dramatique et peu commun en principauté.

Le jeudi 28 août, aux alentours de 18h30, une femme âgée de 43 ans sort en sang de son appartement situé au 37, boulevard du Jardin Exotique, bousculant la quiétude régnant habituellement dans les rues de Monaco. Accompagnée par une voisine qui avait été alertée par ses cris, elle reçoit les premiers secours du pharmacien du quartier. Quelques minutes plus tôt, c’est dans le huit clos de leur appartement que tout a dégénéré pour ce couple marié. Car l’agresseur de cette victime, d’origine polonaise, n’est autre que son époux. La dispute a basculé dans l’horreur lorsque celui-ci lui a asséné une quinzaine de coups de couteau sur l’ensemble du corps et notamment la poitrine. Transporté d’urgence à l’hôpital Pasteur de Nice, les jours de cette quadragénaire ne sont plus en danger. Reste une longue convalescence, aussi bien physique que psychologique, pour cette victime de violences conjugales. Son mari, un Monégasque de 40 ans, a pu être interpellé très rapidement par la sûreté publique. Il s’était rendu lui aussi à la pharmacie de quartier pour obtenir de l’aide. Il n’a opposé aucune résistance lorsque les policiers l’ont arrêté. Emmené au centre hospitalier Princesse Grace (CHPG) pour y recevoir des soins, il a ensuite été placé en détention provisoire. L’enquête suit son cours, avertit le parquet de Monaco. Si rien ne filtre au sujet de cette affaire, les premiers éléments montrent une personnalité extrêmement perturbée, sujette à des troubles psychiatriques. Cette affaire revêt un retentissement particulier dans la région Paca. Car, quelques jours plus tard, c’est une jeune femme de 21 ans qui trouvait la mort à Cagnes-sur-Mer, suite à des coups d’une extrême violence portés par un homme. Le suspect n’est autre que le conjoint de la victime. Dans le département voisin des Alpes-Maritimes, les violences faites aux femmes atteignent un niveau très élevé. En 2018, 1 800 plaintes pour violences conjugales ont été déposées, dont 450 pour des violences sexuelles. Huit femmes sont mortes des conséquences de ces violences l’an passé. Le 3 septembre, la France a ouvert le Grenelle des violences conjugales qui durera jusqu’au 25 novembre. Pour rappel, dans ce pays, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

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