Pollution : le Larvotto victime d’une
« erreur de manipulation humaine »

Maxime Dewilder
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Le 1er juillet, le gouvernement monégasque interdisait la baignade sur les plages du Larvotto et au Solarium de la digue. Une pollution organique en était la cause. Depuis, des contrôles qualité indiquent que les baigneurs peuvent à nouveau profiter de l’eau.

Alerte rouge en principauté ! Les baigneurs locaux et autres touristes ont été accueillis par un drapeau rouge sur les plages du Larvotto et au Solarium de la digue, lundi 1er juillet en fin d’après-midi. La nouvelle a été promulguée par communiqué du gouvernement princier, sur le site internet de ce dernier dans la rubrique “Actualités”. Le titre du communiqué ne laissait aucune place au doute : « Suite à une pollution organique accidentelle survenue aujourd’hui : baignade interdite jusqu’à nouvel ordre en principauté ». La nouvelle tombait alors plus que mal, en pleine saison estivale, et une question était sur toutes les lèvres aux abords des plages : « Pourquoi ce drapeau rouge ? ». Contacté par Monaco Hebdo, le gouvernement expliquait qu’une « erreur de manipulation humaine a conduit au débordement d’une vidange d’eaux usées dans le collecteur d’eaux pluviales du Larvotto, ce qui explique ce rejet en mer et cette pollution ». L’erreur, en l’occurrence, a été de laisser une vanne du réseau des eaux usées ouverte. Ces eaux ont débordé jusqu’à atteindre le réseau des eaux pluviales avant de finir leur course en mer. Suffisant pour hisser le drapeau rouge, qui succédait au drapeau orange des jours précédents à cause de la présence de méduses. Sur le site internet du Centre d’information sur l’eau, il est écrit au sujet des eaux usées : « L’eau est altérée par l’activité humaine qu’elle soit domestique, industrielle, artisanale, agricole… En effet, après usage, l’eau est dite “polluée” et se doit d’être traitée avant de rejoindre le milieu naturel. Sans cela, elle pourrait causer de graves dommages ». Cette lecture permet de comprendre aisément toute la batterie de tests diligentés par le gouvernement pour certifier la bonne qualité de l’eau après cet incident. Huit prélèvements d’eau de mer ont été effectués le jour même, le 1er juillet 2019. Dans le détail, il y a eu six prélèvements au niveau des zones de baignade et deux prélèvements complémentaires au niveau de la zone proche du rejet. Cette zone se situe au niveau de la base de l’épi du Larvotto.

Interdiction préventive

Mardi 2 juillet au soir, les premiers résultats d’analyse sont arrivés. « Des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés sur chaque zone de baignade, et chaque échantillon a fait l’objet d’analyses bactériologiques conformément aux articles du Code de la Mer », indique-t-on au gouvernement. Plus précisément, deux types de tests ont été effectués par la direction de l’Environnement. Les premiers sont des analyses rapides, avec résultat sous 24 heures, alors que les seconds donnent un résultat sous 48 heures. Les analyses bactériologiques menées par le laboratoire de la même direction de l’Environnement « portent sur les coliformes totaux, les coliformes fécaux et les streptocoques fécaux ». Les multiples prélèvements attestaient d’une « bonne qualité » de l’eau dans les zones de baignade. Le gouvernement rappelle par ailleurs « qu’au-delà de cet épisode, la réglementation impose une analyse hebdomadaire de la qualité sanitaire des eaux de baignade, pour la période estivale du 1er mai au 30 septembre ». Et si dans un premier temps les résultats n’étaient pas diffusés, conformément à la réglementation, ils sont maintenant affichés par la division de police maritime et aéroportuaire sur chaque zone de baignade du littoral. Dès mercredi 3 juillet au matin, les baigneurs ont pu enfiler à nouveau leur maillot de bain pour se jeter à l’eau. L’interdiction de baignade, par le biais du drapeau rouge, a été prononcée à titre préventif par le département de l’intérieur, sur recommandation de la direction des affaires sanitaires. Aujourd’hui, selon les analyses organisées par le gouvernement, tous les indicateurs sont au vert.


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