De Monaco à Nashville

Aymeric Brégoin
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Entre la Suisse et Monaco, la chanteuse Diana K. vient de sortir son premier disque. Cinq titres aux accents du Tennessee, où cette native de la Principauté a passé deux mois pour enregistrer ses compositions.

Née à Monaco, Diana K. est moitié britannique, moitié suisse. C’est pourtant aux États-Unis, à Nashville, que la jeune auteur-compositeur-interprète a enregistré son premier disque, Tennessee, sorti le 29 novembre. « Cet EP n’était pas prévu ! », s’amuse la chanteuse. Quand elle démissionne d’un emploi dans le marketing où elle « ne se voyait pas rester », elle choisit de céder aux sirènes de l’Amérique. « Cela faisait cinq ans que je travaillais dans différents postes, j’avais besoin de m’envoler », se souvient Diana. À Nashville, capitale de l’Etat du Tennesse, elle est prise dans « un marathon musical » de deux mois. Elle qui pensait « travailler ses techniques vocales » et « se concentrer sur l’écriture », se retrouve à poser sa voix et sa guitare en studio. « C’était une surprise d’enregistrer ça si vite », se rappelle Diana. La basse et la batterie sont enregistrées en Suisse, où l’album final est mixé à son retour. En tout, cinq chansons se retrouvent sur ce premier disque qui porte le nom de l’État américain qui l’a envoûté. La jeune chanteuse le reconnaît : c’est la bande originale aux relents country de la série télévisée Nashville qui l’a séduite. « Musicalement, en Suisse, il ne se passe pas grand chose. Il y a du potentiel, mais pas de moyens pour le développer », déplore la native de Monaco. « Avant, j’étais un peu folk, mais beaucoup plus pop. Là-bas, il y a une énorme influence country, également blues. » La musicienne a oscillé entre ses différents registres pour trouver son style : « Quand j’entends mon disque, j’entends cinq chansons différentes, assez variées, avec un lien entre elles. »

Diana K

Marketing

À 28 ans, le Tennessee s’impose surtout comme une respiration après des années consacrées aux études et au travail. Celle qui a fait de la guitare classique à l’Académie de musique de la Principauté a toujours voulu en faire son métier. Tout en la soutenant, ses parents l’invitent à choisir une carrière moins incertaine. Ses dix-huit ans et son bac en poche, elle quitte Monaco, direction Lausanne. Cinq ans d’études de management et marketing l’attendent. « J’ai choisi HEC en me disant que je pourrais gérer des artistes ou rentrer dans le monde de la musique par cette porte », explique-t-elle. Elle n’abandonne pas sa passion première : composer et jouer. Des scènes ouvertes, des premières parties, des tremplins comme le casting NRJ Experience, qui l’emmène à Strasbourg en duo avec Jesse McCartney. Les études deviennent de plus en plus exigeantes, même si Diana y trouve sa voie. Concilier sa bonne situation dans le monde du marketing, devenu « une seconde passion » au fil des ans, et son désir ardent de musique depuis sa plus tendre enfance semble une épreuve. Mais tout chaos est créatif. En 2011, après une mauvaise journée au travail, elle donne naissance à Society Wants, premier titre de cet EP. « Cette chanson a pas mal pris au fil du temps, et elle a évolué à Nashville, passant de l’acoustique à quelque chose de plus blues-rock. » De l’amour à la rupture, Silence narre « une relation qui se défait ». C’est son premier titre écrit dans la capitale de la country. Tennessee est une ode à cet endroit où « elle se sent à la maison », une « chanson très blues écrite très vite, avec un texte posé en une heure ». Feel Me Now, son titre préféré, dont elle se dit « très contente de l’arrangement », est histoire de sensualité qu’elle a commencé à écrire en Suisse. An Awful Lot Like You parle « d’une amie chanteuse en train d’essayer de percer et des phases qu’elle traverse, comme la magie d’être chanteur et les moments de blues ». Comme un miroir de ce que Diana K. vit elle-même. Un exercice difficile, mais authentique. « Les personnes dont je parle allaient les entendre », explique-t-elle, acceptant de livrer une part de son intimité en musique.

Diana K

Blog

Comme dans tout album, la chanteuse a laissé des chansons sur le côté. Comme la première qu’elle a écrite, Farewell Isn’t My Friend, alors qu’elle part de la Principauté pour la Suisse. Pour l’instant, Diana K. est encore dans l’ivresse de son voyage et de la sortie de Tennesse : quelques interviews, des passages à la radio, des partages sur les réseaux sociaux. Si elle a retrouvé un poste à temps plein dans le marketing, elle va « continuer à faire vivre le projet avec [son] blog. Nashville est un énorme changement vécu, les gens ont suivi, maintenant, je vais raconter la suite de l’histoire », assure Diana. Pendant son séjour américain, tout était resté secret sur l’enregistrement imprévu de ce disque. À son retour, Diana s’est fait la promesse de moins travailler pour prendre plus de temps pour la musique. Mais elle ressent une « petite frustration », parce qu’elle n’y parvient pas totalement. Commercialement parlant, elle s’est occupée de tout, de A à Z, sur ce premier EP. « Surtout, je vais me remettre à la composition. J’ai envie de studio, mais surtout de travailler avec d’autres musiciens avec qui le courant passe bien », projette cette jeune chanteuse. Pour Diana K., l’heure est au retour en Principauté pour les fêtes de fin d’année. « Ma maman et mes amis sont là-bas. Chaque vacances, je rentre à Monaco, c’est-à-dire environ tous les deux mois. Avec Nashville, c’était la première année où je ne rentrais pas. »

 

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