Monaco se rappelle son passé

La Rédaction
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commémorations des 68 ans de la fin de l'occupation allemande

© Photo Eric Mathon/Palais Princier.

La Principauté a fêté les 68 ans de la fin de l’occupation allemande. Entre commémorations officielles et, pour la première fois depuis longtemps, bal populaire.

Par Andy Calascione.

Quelle ne fut pas la stupeur des touristes venus admirer le palais les dimanche 2 et lundi 3 septembre derniers. Camions de combats, voitures de guerres et motos camouflées se sont invitées sur la place du palais. Aux alentours, des hommes habillés en G.I.’s stationnent le sourire aux lèvres. Un œil non averti aurait pu penser à un siège. C’était en réalité tout l’inverse?! Il s’agissait d’une commémoration donnée en hommage à l’anniversaire de la libération de Monaco le 3 septembre 1944. Soixante-huit ans après, passionnés et témoins de l’époque se sont rassemblés afin de se remémorer cette période sombre de notre histoire contemporaine… Avec l’organisation d’un bal populaire, le dépôt d’une gerbe à la Maison de France et l’hommage des autorités monégasques aux héros de la Libération, les officiels se recueillant sur les tombes de Lajoux et Borghini.
Car la Seconde Guerre Mondiale n’a épargné personne et certainement pas les habitants du Rocher. Avec la défaite française en 1940, arrive le temps de l’Occupation, d’abord italienne, puis à partir du 10 septembre 1943 remplacée par l’armée allemande. Il faudra attendre l’arrivée des forces alliées en septembre 1944 pour que la Principauté se libère de l’oppression nazie et son lot d’exactions.

Après la pluie…
Si le débarquement des alliés en Provence eut lieu le 15 août 1944, il fallut néanmoins attendre 19 jours pour que la Principauté soit enfin libérée. 19 jours de combats, de bombardements, de blessures et de morts. La soirée du 2 au 3 septembre, veille du jour tant attendu, ressembla à un dernier soubresaut, de ce chapitre tragique du XXème siècle. C’est sous une pluie diluvienne que se déroulèrent les ultimes affrontements où « les coups de mortier répondirent aux coups de tonnerre (1) ». Le lendemain, pour la première fois depuis des jours, le silence se fit entendre. Sous un soleil radieux, les drapeaux monégasques et français fleurirent sur les fenêtres et la population libérée pu enfin manifester sa joie. Les Américains et les soldats des F.F.I. (Forces françaises de l’intérieur) sont fêtés. Malgré tout, il ne faut pas s’y tromper. Certes, le 3 septembre est et restera la date de la libération de Monaco, mais il ne faut pas imaginer que cela signifie la fin des combats pour autant. Le soir même, des tirs d’artilleries résonnèrent dans le ciel.
En réalité il fallut attendre la fin du mois de décembre 1944 pour réellement entrevoir le bout de ce long tunnel.

(1) Article réalisé à l’aide des ouvrages Histoire de Monaco de Thomas Fouilleron, 1938-1945?: Monaco et la grande tourmente de Jean Drouhard (Annales Monégasques n° 7) et Monaco sous les barbelés de Denis Torel.

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