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2013 : Les partis avancent leurs pions

Milena Radoman
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l'assemblée générale de l'UDM

Parmi les 300 personnes présentes à l'AG de l'UDM, on retrouvait des candidats aux élections de 2008 comme Jacques Rit. © Photo D.R.

Si la réélection de Jean-François Robillon à la tête du conseil national n’a pas créé le suspense, la séance du 3 avril a réservé un coup de théâtre?: la majorité parlementaire a offert la présidence de la commission de législation à l’opposant Laurent Nouvion. Retour sur une semaine politique marquée par l’assemblée générale de l’UDM et la première réunion de quartier de R&E.

Qui a dit que la vie politique monégasque ne réservait pas de surprise?? Le 3 avril, lors de l’ouverture de la session de printemps, la majorité parlementaire a offert au public présent dans l’hémicycle un coup de théâtre qu’il était impossible d’anticiper. Fraîchement réélu président du conseil national, Jean-François Robillon a proposé à Laurent Nouvion la présidence de la commission de législation. Regards médusés de l’intéressé, concertation express de ses co-listiers… Le leader de R&E n’a pas hésité longtemps avant d’accepter cette main tendue à l’opposition faite, dixit Robillon, au nom des vertus de l’ouverture démocratique de l’assemblée.
Le secret avait été bien gardé. Il n’y avait qu’à voir les visages des trois élus de Rassemblement & Enjeux pour comprendre qu’ils apprenaient la proposition sur le siège. Si l’offre calculée ressemble fort à un coup politique de la majorité, il n’est pas sûr pour autant que l’UDM avait anticipé le grand oui de Nouvion. D’ailleurs, ce n’est qu’à la majorité relative (4 voix pour, 17 blancs) et après deux tours de scrutin que la présidence de Laurent Nouvion a été validée.

Rapprochement UDM-Unam-indépendants entériné
Pour le reste pas de surprise. Pour cette troisième année depuis le départ de Stéphane Valeri, la réélection de Jean-François Robillon — tout comme celle des présidents de commission sortants — représentait cette fois-ci une formalité. Ce qui n’a pas empêché le président de l’assemblée, une fois adoubé, de se livrer à un véritable discours de campagne électorale, caressant dans le sens du poil son prédécesseur Stéphane Valeri et empruntant des formules employées jadis par Nicolas Sarkozy (notamment dans son « J’ai changé parce qu’à l’instant même où vous m’avez désigné à la présidence du conseil national, j’ai cessé d’être l’homme d’un seul parti, fût-il le premier de la Principauté »). Compte tenu que le cardiologue était le seul candidat à sa succession, l’hémicycle ne pouvait frémir d’un suspense suffoquant. Pour autant, l’enjeu était de savoir sur combien de voix peut désormais compter la majorité UDM. A moins d’un an des élections. Les 14 voix scellent le rapprochement UDM-Unam et confortent la thèse d’un élargissement aux indépendants Pierre Svara et Philippe Clérissi. Le 29 mars, l’assemblée générale de l’UDM avait d’ailleurs confirmé ce retour en grâce. « Je sais pouvoir compter sur l’aide de Philippe Clerissi dans les mois qui viennent et bien au-delà », a ainsi déclaré Robillon, président d’honneur de l’UDM à ses adhérents au Monte-Carlo Bay.

Rapprochements
On savait déjà qu’en politique, le dicton « Fontaine, je ne boirai jamais de ton eau » ne s’appliquait pas. Mais à observer l’auditoire de l’assemblée générale de l’UDM, on en est convaincu. A l’heure où les tractations démarrent afin de former les listes pour les élections de 2013, il est en effet toujours intéressant de voir les transferts d’un camp à l’autre. Rien que dans le comité directeur de l’UDM, on retrouve des transfuges de l’UP (comme Monique Arnulf, Eric Battaglia, Josette Gauthier) et du Parti monégasque (Christophe Brico). Le même Christophe Brico et Jean-Michel Cavallari étaient même candidats en 2008 pour les élections nationales sur la liste Enjeux monégasques… avant que le rapprochement de dernière minute avec le RPM ne les évince du jeu électoral. Parmi les 300 personnes présentes, on retrouvait d’ailleurs un autre candidat de 2008 et ex-conseiller national, Jacques Rit — proche du groupe d’indépendants Svara-Clérissi — et des personnalités marquées R&E comme Alberte Escande ou Patricia Grimaud-Palmero. Mais ce n’est pas tout. Le trublion Didier Garofalo, qui ne cache pas son intention de se présenter en 2013, avait également fait le déplacement.
Pour l’UDM, outre l’élection de son premier comité directeur (par 192 votants), l’idée était de motiver les troupes en listant les avancées du mandat (contrat habitation-capitalisation, interruption médicale de grossesse, loi sur la nationalité, etc) et d’anticiper la passation de pouvoir à venir à la présidence du mouvement entre Bordero et Fiorucci. Sans oublier de tâcler (un peu) l’opposition?: « Pendant que certains se croisent les bras, s’abstiennent sur tout et préfèrent la critique stérile quand ce n’est pas la politique de la peur destinée à faire fuir les investisseurs étrangers, nous faisons front avec responsabilité pour défendre notre économie et nos acquis sociaux », a ainsi placé Jean-François Robillon, sans nommer ses adversaires.
R&E drague les quartiers
Des adversaires qui, la veille, avaient organisé leur première réunion de quartier au Colombus. A près de 10 mois des élections, R&E a en effet décidé de multiplier les rendez-vous de terrain. Après Fontvieille, la prochaine cible sera le quartier des Moneghetti, le 19 avril à la Chaumière. Toujours dans l’idée de faire remonter des informations pour bâtir le projet politique de 2013. Le 28 mars, une centaine de personnes ont ainsi évoqué les nuisances sonores de l’héliport ou encore l’avenir de l’usine d’incinération. Tandis que les élus de R&E et Christophe Spiliotis-Saquet ont (r)appelé de leurs vœux l’organisation d’un appel d’offres pour la restructuration du centre commercial de Fontvieille.
Un message direct au gouvernement qui, d’ici février 2013, d’un côté comme de l’autre, peut s’attendre à en voir arriver une cargaison… Un gouvernement qui, le 3 avril, devant l’assemblée, a assuré qu’il conserverait une parfaite neutralité dans les mois à venir. A voir.

journalistMilena Radoman