Alcool aux mineurs?: la Brasserie de Monaco à la barre

Adrien Paredes
-
Brasserie de Monaco

© Photo Monaco Hebdo.

Le directeur général de l’établissement, Gilles Goggia, a comparu, mardi 27 mars, pour vente d’alcool à des mineurs et blessures involontaires.

Que les mineurs de Monaco se le disent une bonne fois pour toutes?: il est interdit aux bars et autres établissements de leur vendre des boissons alcoolisées. Quatre jeunes garçons, résidents monégasques et âgés de 16 à 17 ans au moment des faits, ont tenté de braver cette interdiction en juillet 2011. La cuite express était compromise en soirée puisque l’accès aux établissements nocturnes est très restreint voir refusé aux mineurs. Ils se sont alors rabattus sur l’happy hour de la Brasserie de Monaco, qui se déroule de 17 à 20h. Assis parmi des dizaines d’autres clients à la terrasse, les quatre frondeurs ont commandé et ont été servis. Les serveurs n’ont pas vérifié leurs cartes d’identité. A tort. Deux des mineurs ont bu une bière, le troisième, deux bières et deux shots d’alcools forts. L’affaire aurait pu virer au drame pour le quatrième, qui a sombré dans un coma éthylique. Après avoir ingurgité entre 1,5 et 2 litres de bière ainsi que quatre shots d’alcools forts, celui-là s’est retrouvé en bien mauvaise posture à l’arrêt de bus du boulevard Albert Ier. Son état aurait pu s’aggraver sans l’intervention d’une passante, qui a téléphoné aux sapeurs-pompiers.

« Virage dangereux »
C’est donc pour vente d’alcool à des mineurs de moins de 18 ans et blessures involontaires que Gilles Goggia, directeur général de la Brasserie de Monaco comparaissait, mardi 27 mars, devant le tribunal. Responsable pénal, Gilles Goggia a reconnu la faute de l’établissement. « La consigne de ne pas servir d’alcool aux mineurs est systématiquement donnée. Nous faisons souvent des réunions avec le personnel pour rappeler cette interdiction », a-t-il indiqué, concédant qu’il n’y avait « pas de vigiles lors de l’happy hour ». Après avoir écopé, en 2011, d’une contravention de 250 euros, amnistiée ensuite, la Brasserie de Monaco avait adopté des mesures plus drastiques sur la présence des mineurs?: écriteaux à l’entrée, avenants sur les contrats des employés — la vente d’alcool à un mineur est un motif de résiliation de contrat —, modification du règlement intérieur et contrôles d’identité intensifiés. « C’est un peu comme un virage dangereux. On attend qu’il s’y produise un accident pour qu’il y ait un panneau indiquant ce virage. On ne peut pas dire qu’en une heure, ce mineur n’a pas été vu une seule fois en train de consommer de l’alcool. Des mesures ont été prises mais il semble que l’accent n’a pas suffisamment été mis », a pointé le substitut du procureur Michaël Bonnet. Le parquet a requis une amende de 1?000 euros et 900 euros pour la contravention. Décision le 17 avril.

Escroquerie à la TVA?: 6,4 millions d’euros pour Monaco
Le tribunal a rendu sa décision dans l’affaire d’escroquerie à la TVA jugée le 20 février dernier. Via une société d’achat/vente de matériel informatique, trois hommes étaient soupçonnés d’avoir soustrait 6,4 millions d’euros de TVA, courant 2006, à l’Etat monégasque. Olivier Brivois, considéré comme le cerveau de l’affaire, a été condamné à trois ans de prison ferme avec mandat d’arrêt prononcé à son encontre. Guillaume D. écope d’un mois de prison ferme et Luca P. de 18 mois avec sursis. Ils devront rembourser les 6,4 millions d’euros auprès de l’Etat monégasque.
Procès annulé??
Le procès de Christian Leven va-t-il être annulé?? L’homme a été condamné par défaut en mars 2011 à deux ans de prison ferme et à verser 260?000 euros de dommages et intérêts, pour avoir détourné 255?568 euros dans une filiale de la SMA entre 2003 et 2006. Après avoir fait opposition, Christian Leven a été rejugé le 27 mars. Son défenseur, Me Frank Michel, a soulevé plusieurs nullités. Christian Leven n’ayant pas été entendu par le juge d’instruction, son procès pourrait être simplement annulé. Décision le 17 avril.

journalistAdrien Paredes