Développer le « private equity » en principauté, c’est l’objectif de l’association Monaco Private Equity and Venture Capital Association (MVCA). Rencontre avec son président Zsolt Lavotha.
Par Romain Chardan.
Une conférence du milliardaire Henry Kravis en principauté, c’est un événement pour les professionnels de la finance qui n’arrive pas tous les jours. Et la rencontre avec l’un des pères du private equity, fondateur de Kohlberg Kravis Roberts & Co, dont le poids n’est plus à démontrer aux Etats-Unis (1), a été organisée le 25 janvier dernier par l’association MVCA. Pour son président, Zsolt Lavotha, c’est une « aubaine » : « Il peut aider à développer ce marché à Monaco ». D’autant que Monaco Private Equity and Venture Capital Association ne souhaite pas en rester là. « J’espère organiser d’autres conférences de ce type, j’en prévois une pour septembre ou octobre », confie Zsolt Lavotha. Histoire de montrer Monaco sous le jour d’un grand pôle financier.
« Franchir un nouveau palier »
Pour Zsolt Lavotha, Monaco aurait en effet intérêt à se mettre au private equity. Une pratique, certes controversée aujourd’hui, qui permet de racheter la majorité d’une société qui s’écroule du moment qu’elle n’est pas cotée en bourse. Il suffit ensuite de la remettre sur pied avec un nouveau business plan et conseil d’administration. Or, Monaco est vu comme un terrain privilégié du fait de sa renommée. « Il y a beaucoup de personnes capables d’investir ici, et il serait bénéfique de développer ce système qui permettrait à la Principauté, qui a déjà une belle réputation, de franchir un nouveau palier ».
Créée en 2006 par un groupe de financiers et de banquiers résidents monégasques, MVCA gère aujourd’hui un groupe de 70 membres. « Chez nous, vous pouvez trouver des banques, mais aussi des investisseurs individuels issus de différents secteurs », dont 30 % de sociétés monégasques. MVCA, qui n’est pas un fonds d’investissement, propose essentiellement de donner des conseils en investissement mais aussi des informations sur ce que l’on appelle des « dealflow », des projets d’investissements. « Nous conseillons également de jeunes entrepreneurs qui veulent monter leur société et qui ont des doutes sur leur business plan par exemple ». Mais attention, avant d’intégrer cette association, il faut montrer patte blanche. Sur les 40 sociétés qui se sont présentées en 2011, seules 8 ont été reçues, dont 3 monégasques. « Avant d’accepter une société dans notre groupe, nous étudions sa viabilité économique, son système de management », précise Zsolt Lavotha.


La Rédaction








