Le scandale des PIP sème le doute sur la pose et le suivi des implants mammaires. 50 000 femmes se font équiper chaque année en France et en Principauté. Faut-il s’inquiéter ? Eclairages…
Toutes les prothèses sont-elles à risque ?
Si les prothèses PIP sont sur la sellette, les questions de sécurité et suivi se posent pour l’ensemble des implants. En cause ? Les fameuses « ruptures silencieuses » causées par des fuites non détectées dans des prothèses posées. Ces fuites sont plus particulièrement difficiles à détecter dans les implants en gel de silicone (pour les implants avec sérum, la fuite entraîne un phénomène de « dégonflement » plus facilement identifiable). Il y a quelques mois, l’autorité de régulation américaine, la FDA, a appelé à la vigilance en rappelant les règles de suivi. Soit un IRM 3 ans après l’intervention, puis tous les 2 ans pour les porteuses d’implants avec gels de silicone. Problème : une méta-analyse récente de chercheurs de l’université du Michigan a montré que les IRM ne seraient pas toujours précis pour la détection des ruptures chez les patientes sans symptômes. D’autres experts recommandent de cibler et d’intensifier les contrôles plutôt chez les patientes dont les implants sont les plus anciens — l’âge moyen de l’implant à la rupture étant de 10 ans…
Quel risque de cancer exactement ?
C’est la grande crainte réveillée par l’affaire PIP et le décès d’une patiente à Marseille. Le port d’implant est généralement associé à deux formes de cancers : le cancer du sein et une forme très rare de lymphome. Les études menées ne concluent aujourd’hui à aucun lien entre implants et cancers du sein. Par contre, le lymphome anaplasique à grandes cellules (dont est décédé la porteuse marseillaise de PIP) est depuis peu associé au port d’implants. Mais dans des conditions qui restent méconnues et surtout avec une prévalence très faible : 6 cas de décès en près de cinquante ans alors que l’on compte 5 à 10 millions de porteuses dans le monde ! Les autorités veulent néanmoins mieux informer sur ce risque, encore souvent ignoré des professionnels eux-mêmes…
Quels contrôles pour les prothèses ?
Le scandale des prothèses PIP a révélé les lacunes de la réglementation encadrant ces interventions. Le marquage CE, seul label requis aujourd’hui, ne garantit que des malfaçons les plus graves. Et encore… Les autorités européennes voudraient renforcer les contrôles mais aussi les dispositifs de traçabilité des implants, afin de garantir pour les prothèses les plus sensibles une transparence « du lieu de production jusqu’à la personne qui les portera. » Les professionnels plaident eux pour l’instauration d’un registre des implants, déjà présent dans certains pays scandinaves notamment. Il permettrait de recenser le taux de fuites et ruptures pour chaque marque et modèle d’implants.
Quelles alternatives aux prothèses ?
Elles existent et se développent fort aux Etats-Unis. Principe ? Transférer la propre graisse de la patiente plutôt qu’utiliser un corps étranger. Ce lipofilling permet de recueillir la masse graisseuse au niveau du ventre ou des cuisses, de la centrifuger pour éliminer sang et cellules abimées avant de la réinjecter au niveau du sein. Certains proposent même de l’associer aux techniques d’implants classiques, entourant la prothèse d’un « tissu » graisseux pour un résultat plus naturel et confortable. Problème : la technique manque de recul, reste plus lourde à mener et coûteuse pour le patient (de 5000 à 6000 euros l’intervention).


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