Naulleau ouvre les vannes

Par La Rédaction

Jeudi 2 février 2012 | 10:23
Eric Naulleau

Eric Naulleau : « Créer la polémique n’est pas une volonté de ma part. Je veux simplement obtenir des réponses aux questions que je me pose. » © Photo Monaco Hebdo.

Le 18 janvier, Eric Naulleau participait à la première « Rencontre polémique » organisée par le Centre Universitaire Méditerranéen à Nice. L’ancien chroniqueur de On n’est pas couché a également accepté de répondre à nos questions.

Par Romain Chardan.

Trublion de la télévision, flingueur, polémiste, autant de qualificatifs qui sont attribués à Eric Naulleau. Présent le 18 janvier dernier au CUM de Nice, l’ancien chroniqueur de France 2 a défendu la culture et la critique culturelle face à Denis Tillinac pendant plus d’une heure. Originellement axée sur la moralité publique et le système médiatique, cette « Rencontre polémique » a rapidement rejoint le terrain de la culture. Fidèle à ses habitudes, Eric Naulleau a gratifié l’auditoire de quelques phrases bien senties. « A la télévision, le vide culturel est abyssal », annonce-t-il. Avant de surenchérir : « dès lors qu’on a lu deux livres, on est considéré comme un intellectuel notoire ». L’homme qui sévit désormais sur Paris première et RTL a notamment regretté l’importance du divertissement dans le paysage télévisuel. « La télé n’est qu’un lieu de culture marginal, où le divertissement prime sur le reste ». Estimant que « la critique et la culture n’ont finalement pas leur place à la télévision », il a réfuté cette image de sniper qui lui colle à la peau, jugeant qu’il est tout simplement « un vrai critique littéraire ».

Monaco Hebdo : Eric Naulleau, vous voyez-vous comme un polémiste ?
Eric Naulleau : Parfois la polémique, ça peut être quelque chose de très simple. Si vous êtes chroniqueur pour une émission par exemple, le simple fait de lire le livre peut créer la polémique. L’écrivain se retrouve avec deux chroniqueurs qui ont chacun 10 pages de notes sur le livre. On m’a presque reproché d’avoir lu certains livres, parce que la critique ne passe pas avec des gens qui viennent pour se faire encenser. Créer la polémique n’est pas une volonté de ma part. Je veux simplement obtenir des réponses aux questions que je me pose.

M.H. : Pensez-vous qu’on peut encore froisser sans être attaqué en justice ?
E.N. : J’ai souvent été menacé, mais je n’ai pas encore été attaqué. Mais ce serait plus simple si ça se passait comme ça. Vous savez, les mesures de coercition utilisées aujourd’hui sont plus subtiles. Dès lors que vous vous faites remarquer, de multiples pressions peuvent intervenir pour vous amener à un départ forcé. Les attachés de presse peuvent parfois appeler une rédaction en proposant une personnalité, mais à condition que celui qui dérange dans l’équipe ne soit pas là.

M.H. : Vous faites référence à votre départ forcé d’On n’est pas couchés ?
E.N. : En partie. En réalité, il y a eu deux problèmes. D’un côté, un souci politique avec Zemmour, et de l’autre le fait que beaucoup de personnes de l’establishment culturel ont décidé que cela suffisait. Du coup la critique s’est tue pour que la promotion puisse régner.

M. H : Un mot sur les deux journalistes, Audrey Pulvard et Natacha Polony, qui vous ont remplacé chez Laurent Ruquier ?
E.N. : Je ne peux pas vous dire grand-chose étant donné que je n’ai toujours pas vu une émission. Bizarrement, je ne sais pas pourquoi, mais le samedi soir, il y a toujours un truc qui se met en travers. Je vais au théâtre, je rentre tard, et je préfère ouvrir un livre que la télé. Mais je vais m’y mettre compte tenu que tout le monde m’en parle (rires).

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