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Bisbilles autour des conditions du rachat de l’ASM

Par Milena Radoman

Mercredi 25 janvier 2012 | 08:05

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Les conditions de rachat du club Rouge et Blanc font désormais l’objet d’une bagarre politique.

Lorsque Laurent Nouvion a jeté le pavé dans la mare politico-footballistique, il ne s’attendait certainement pas à une telle réaction. Lors de ses vœux à la presse, le 9 janvier, le leader de Rassemblement & Enjeux s’était inquiété du sort de la Société des bains de mer, laquelle avait investi, en 2009, plus de 10 millions d’euros dans l’ASM. Pour sauver le club Rouge et Blanc de la panade financière (déjà), la SBM avait alors pris 40 % des parts de Monaco Sport Partenaires, qui détenait, jusqu’au rachat de Dmitry Rybolovlev le 23 décembre, 51 % des parts du club.
Après s’être félicité du rachat par l’investisseur russe, Laurent Nouvion avait lâché : « Nous nous demandons si les intérêts de la SBM ont été protégés et nous espérons que l’Etat s’est assuré que ce monopole d’Etat reprenne ses billes ». Taclant au passage le gouvernement qui avait tenu à l’écart les conseillers nationaux de cette négociation : « Ce n’est pas correct alors que nous sommes concernés par les intérêts de la SBM. Il y a des sous engagés. Que deviennent-ils ? A quelle condition la structure a été rachetée ? » « Cela aurait pu être à un euro symbolique », avait alors enchaîné Alain Ficini, vice-président de R&E, sur le ton de la plaisanterie. Une plaisanterie au goût amer pour les actionnaires de MSP, qui ont effectivement vendu leurs parts pour un euro symbolique, devant renoncer à leur mise de départ – qui se chiffre pour la plupart des investisseurs, plus ou moins volontaires, en millions d’euros. Et ce dans des conditions étonnantes : convoqués le 1er décembre pour l’AG finalisant le rachat le 23 décembre, beaucoup n’avaient appris que par la bande, ce qui les attendaient… Ce qui nous a encore été confirmé, depuis la semaine dernière. Y compris par des proches du staff dirigeant de la SBM.

« R&E irresponsable »
N’empêche. A peine les déclarations de Nouvion parues dans la presse locale, l’UDM, le parti majoritaire au conseil national, a immédiatement envoyé un communiqué assassin : « Alors que l’époque est traditionnellement consacrée aux vœux, aux bonnes résolutions et à la bonne humeur, Rassemblement & Enjeux ne peut s’empêcher, comme à son habitude, de créer et d’entretenir la polémique. Cette fois-ci, l’ASM est dans le viseur. Si les élus de l’UDM, comme la très large majorité des supporters et des compatriotes, se sont félicités du rachat du club Rouge et Blanc par un résident monégasque, R&E estime que les sommes versées jusqu’à présent au club par la Société des bains de mer devraient ainsi être restituées à la SBM. » Inutile selon l’UDM qui, après s’être gaussé, prétend « que les sommes qui avaient été versées par la SBM l’avaient été en réalité en déduction de la redevance des jeux. Par conséquent, c’est le budget de l’Etat qui avait indirectement participé au financement du club et non la SBM. » Avant de porter l’estocade finale, avec cet argument massue : « Soulignons qu’aussi bien le principe que les modalités d’entrée de Monsieur Dimitry Rybolovlev au capital de l’ASM, procèdent d’un accord avec la volonté du prince et que contester ou critiquer aujourd’hui une telle décision est parfaitement irresponsable. »

Redevance contre participation capitalistique de la SBM
Faux répond tout de go Laurent Nouvion. « Ils confondent redevance et participation capitalistique de la SBM. Moi je parle de participation au compte courant de 10 millions d’euros et donc de cash pur. Non des 4 versements de 7 millions d’euros versés par l’Etat pendant 4 ans. C’est une erreur grossière. Les élus de l’UDM n’ont pas relevé le sujet et surfent sur la caricature et la désinformation. » Le président de R&E justifie : « La reprise du club, on l’a demandée en premier il y a un an et demi. On n’est pas contre le principe mais contre les conditions de l’opération. Et ça ne déplait pas à un certain nombre de gens que l’on ait évoqué le sujet… »
Et pour cause. Du côté des actionnaires, certains regrettent d’avoir vu leurs fonds partis en fumée. « Toute cette affaire est invraisemblable, décrit l’un d’eux. Personne ne nous a informé de ce qui allait se passer. » Et à ceux qui lui rétorquent que c’est le jeu du football et que la mise était perdue d’avance, l’homme rappelle que « c’est grâce aux actionnaires que l’ASM n’était pas endetté auprès des banques. » Une polémique qui n’est pas prête de se clore. Car pour R&E, un autre aspect du dossier est surprenant : « Le même administrateur représente les intérêts de la SBM et du nouvel actionnaire. »
Le 23 décembre, le nouveau conseil d’administration de l’AS Monaco FC, présidé par Dmitry Rybolovlev, a été constitué. Et parmi les représentants de MSI, le nouvel actionnaire majoritaire du club à 66,7 %, on retrouve Willy de Bruyn, administrateur de la Société des bains de mer. Un Willy de Bruyn qui a accepté de répondre à nos questions dans notre prochain numéro. A suivre.

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