Des amnisties et un flagrant délit

Adrien Paredes
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Tribunal

© Photo Fanny Cotin.

Plusieurs prévenus, qui ont comparu le 29 novembre, ont bénéficié de l’amnistie ordonnée lors du mariage princier en juillet. Sous les yeux de celui qui est passé en flagrant délit.

Par Adrien Paredes.

Le tribunal correctionnel juge actuellement plusieurs affaires dans lesquels les délits reprochés aux prévenus ont été amnistiés par l’ordonnance souveraine mise en œuvre lors du mariage princier. Dans le défilé des amnistiés, Mélissa, résidente de la Principauté tout juste âgée de 18 ans, tranche avec le reste. Perchée sur des hauts talons, la jeune étudiante au minois poupon s’est présentée à la barre, mardi 29 novembre. Il lui était reproché d’avoir détenu, courant mai, 3,4 grammes de résine de cannabis cachés dans un paquet de cigarettes. Mélissa a reconnu les faits, prétendant « souffrir de troubles du sommeil ». « J’ai tout essayé. Le cannabis, c’est complètement inutile », a précisé la jeune femme. « Vous prenez du cannabis pour vous endormir?? », s’est étonné le président du tribunal, Marcel Tastevin. L’étudiante, quelque peu irrévérencieuse, a aussi affirmé qu’elle ne fumait des joints que sur le territoire français, à Beausoleil. Mélissa avait fait l’objet d’une précédente condamnation en 2009 par la justice monégasque. Elle avait écopé de dix jours de prison avec sursis pour violences volontaires. « C’est un très mauvais départ pour une vie d’adulte. J’ai le sentiment que ça va continuer avec votre attitude », lui a lancé le président du tribunal. Une remarque qui n’a pas semblé faire douter la jeune femme. « Deux infractions pour quelqu’un d’aussi jeune, c’est beaucoup. Administrativement, cela pourrait être compliqué d’avoir un permis de travail en Principauté avec un tel casier. Il n’y a pas grand chose à faire pour que la prévenue comprenne », a souligné la substitute du procureur, Cyrielle Colle, qui a requis 500 euros d’amende. Réquisition suivie par le tribunal mais aussitôt annulée.

Près de 2 g d’alcool dans le sang, prison ferme

Christophe, 28 ans, ne se rendait pas, lui aussi, pour la première fois devant la justice monégasque. C’est son ivresse au volant, constatée deux jours auparavant au petit matin par des agents de la Sûreté publique, qui l’a mené dans le box. L’homme, résidant à Beausoleil, a été interpellé sur l’avenue des Spélugues où il faisait « hurler le moteur de sa voiture » et conduisait « à cheval sur la ligne médiane », selon les constatations des policiers. L’alcootest s’est révélé positif?: 0,97 mg d’alcool par litre d’air expiré soit 1,94 g d’alcool dans le sang. Le prévenu avait consommé des shots de vodka mélangée à d’autres boissons et deux bières dans trois établissements différents. « J’ai accéléré pour doubler une voiture de la Sûreté qui était arrêtée devant un établissement de nuit », s’est défendu Christophe, qui avait déjà quelques condamnations pour des faits similaires à son casier. Le ministère public a requis quinze jours de prison ferme. « Le prévenu a adopté une attitude au volant plus que dangereuse. Il pouvait rentrer à pied ou en bus », a indiqué Cyrielle Colle. Me Sarah Filippi, l’avocate de Christophe, a plaidé le sursis. « Il n’a aucune excuse. Là où je souhaite obtenir la clémence, c’est que mon client est suivi par un neuropsychiatre. Il n’a pas de problème avec l’alcool, il est en dépression depuis quinze ans. Est-ce qu’une peine de prison ferme est adaptée dans son cas?? Non », a-t-elle affirmé. Christophe a été condamné à 10 jours d’emprisonnement ferme.

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