Plaidoirie pour charcuterie

Par Adrien Paredes

Mercredi 30 novembre 2011 | 13:14
Carrefour-Fontvieille

© Photo Fanny Cotin.

Deux anciens salariés de Carrefour ont été condamnés le 22 novembre pour avoir soustrait de la charcuterie à leur employeur.

Du saucisson, des saucisses, du jambon cru, du chorizo et du figatellu. C’est le « butin » alimentaire qu’ont soustrait, entre février et mars, deux anciens employés de la grande surface Carrefour située à Fontvieille. Les deux hommes ont comparu ce mardi devant le tribunal correctionnel pour répondre de leurs actes. Le préjudice causé à l’enseigne était estimé à une centaine d’euros. Les faits se déroulaient de nuit. Le premier employé détournait des produits du rayon charcuterie tandis que le second orientait volontairement les caméras de vidéo-surveillance du rayon vers le plafond. Les deux hommes avaient été dénoncés par un autre salarié et l’ensemble des victuailles avait été récupéré par la direction du magasin.

« Difficultés financières »

« Vous aviez besoin d’autant de charcuterie ? », a demandé le président du tribunal, Marcel Tastevin. « On devait diviser par deux », a répondu l’employé qui mettait de côté le jambon et autres saucissons. Et le prévenu, père de famille, d’ajouter qu’il avait commis ces vols en raison de « difficultés financières ». Le second employé, qui a reconnu avoir été complice des vols, a affirmé avoir agi « par amitié » et n’avoir rien reçu.
L’enseigne Carrefour, qui s’était constituée partie civile, a réclamé 500 euros de dommages et intérêts à ses deux anciens salariés. « Il est vrai que les produits de charcuterie sont relativement chers. Etait-ce pour faire l’économie de ces achats ou pour revendre ces produits ? Les infractions sont caractérisées. Son complice a beau l’avoir aidé à titre gratuit, ça ne change rien », a souligné la substitute du procureur, Cyrielle Colle. Le parquet a requis 500 euros d’amende pour chaque prévenu. Me Bernard Sivan, qui défendait l’ancien employé à la vidéo-surveillance, a demandé que la peine d’amende soit assortie d’un sursis. Les deux anciens salariés de Carrefour ont écopé de huit jours d’emprisonnement avec sursis. Toutefois, leur délit bénéficiant de l’amnistie ordonnée à l’occasion du mariage princier, la peine ne sera pas inscrite à leurs casiers judiciaires. Ils devront en revanche s’acquitter de 200 euros de dommages et intérêts à leur ex-employeur.

Scorpio : Prison ferme pour tous les prévenus
Le tribunal a rendu sa décision dans l’affaire Scorpio (voir l’article Une entreprise de shipping menée en bateau dans le Monaco Hebdo n° 762). Les huit prévenus ont écopé de peines d’emprisonnement ferme. Antonio C. et Carlo G., considérés comme les cerveaux de l’escroquerie, ont été condamnés à trois ans de prison avec mandat d’arrêt international. Leurs épouses, Maria G. et Barbara C. ont respectivement écopé d’un an et de 18 mois d’emprisonnement assortis d’un mandat d’arrêt international. Margherita A., ancienne salariée de la Scorpio, a été condamnée à 18 mois de prison. Claudio C. et Nicola M., dirigeant et employé de la société Italia Chartering, ont écopé de deux ans d’emprisonnement. Enfin, Alessandro P., ancien gérant de la société de shipping A.P. Maritime, a été condamné à un an de prison ferme. Les prévenus devront verser 886 447 dollars, soit plus de 654 500 euros, à la Scorpio.

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