“Pas de révolution au MYS”

La Rédaction
-

Gaëlle Tallarida. Nouvelle directrice du MYS

« Depuis plusieurs semaines, la prochaine édition du MYS affiche complet. » Gaëlle Tallarida. Nouvelle directrice du MYS. © Photo MYS.

Luc Pettavino, qui a dirigé le Monaco Yacht Show (MYS) pendant 18 ans, passe la main à une de ses plus proches collaboratrices : Gaëlle Tallarida. Cette jeune femme de 35 ans, originaire de Cap d’Ail, a accordé un entretien exclusif à Monaco Hebdo. Interview relue. Propos recueillis par Marie-Noëlle Fratti.

Monaco Hebdo : Votre parcours ?
Gaëlle Tallarida : Après une formation en école de commerce, au centre d’enseignement et de recherche appliqués au management (CERAM) d’où je suis sortie en 1998, j’ai intégré le MYS la même année, au moment de sa 8ème édition. 2010 sera donc ma 13ème édition. J’ai accompagné Luc Pettavino depuis de nombreuses années tout en évoluant dans l’équipe. Quand je suis arrivée, on était trois personnes pour organiser le MYS. Maintenant on est 8 à y travailler, à plein temps et à l’année. Au fur et à mesure des années, j’ai pris des responsabilités. Et ça fait plus de 5 ans que je dirige les opérations du MYS.

M.H. : Vous êtes directrice générale du MYS depuis quand ?
G.T. : Depuis mi-avril. Cela a été annoncé début mai, car on a tenu à informer, en priorité, les autorités monégasques et les officiels avant que cela devienne public.

M.H. : Comment se porte le MYS ?
G.T. : Plutôt bien, compte tenu des conditions économiques mondiales. Et même si le yachting a bien entendu aussi été touché par la crise. Le salon est, pour les professionnels de ce secteur, un rendez-vous très important car il est identifié comme l’événement référent au niveau planétaire. En ces temps de réduction de budget, les professionnels ne conservent que les manifestations qui fonctionnent. Et le MYS en fait partie. Ils ont de fortes attentes pour 2010, et je pense que cette année est un temps de transition dans le domaine du yachting. Car les professionnels commencent à ressentir des signes positifs.

M.H. : S’il va bien, le MYS n’est pas un peu trop petit ?
G.T. : Le MYS permet d’accueillir 500 exposants, sur 20 000 m2 et 100 yachts. On est tenu à la limitation physique des places portuaires. Et pour un événement qui dure quatre jours, l’agrandir ne serait pas cohérent. De plus, les professionnels sont satisfaits de la durée de ce salon, car ils veulent limiter le temps accordé aux salons.

M.H. : La prochaine édition est bouclée ?
G.T. : Depuis plusieurs semaines le MYS est complet. Notre équipe commerciale est en phase de finalisation de commercialisation. On peaufine avec nos clients les changements de position et de surfaces de stands. Bref, on ajuste. On est là pour optimiser les espaces tout en satisfaisant le plus grand nombre.

M.H. : Avec des nouveautés ?
G.T. : Des nouveautés, il n’y a que ça. Avec de nouveaux produits, de nouveaux services et le lancement en première mondiale d’une trentaine d’unités. Le succès du MYS est basé sur la qualité des produits des exposants. Ce sont eux qui créent la nouveauté et nous, on est les chefs d’orchestre de cette manifestation. On est là pour servir une industrie. Et la Principauté bénéficie aussi de cet événement : d’ailleurs, en terme de retombées économiques, le MYS se situe juste derrière le Grand Prix.

M.H. : Qui est Informa ?
G.T. : Informa(1) est propriétaire du MYS depuis 5 ans déjà. A l’origine, le salon était détenu par la société IIR, dirigée par Irvine Laidlaw, qui a vendu le MYS à Informa en 2005.

M.H. : Concrètement, qui fait quoi ?
G.T. : Monaco Yacht Show SAM s’occupe de la gestion de l’événement. Et toute l’équipe est salariée par cette entreprise. Je travaille en collaboration avec le chief executive officer (ceo, l’équivalent d’un PDG, ndlr) du groupe Informa, Peter Rigby, que je rencontre régulièrement. Le MYS est un fleuron de ce groupe et on est depuis longtemps en relation étroite. A nous la responsabilité de gérer le salon et de le développer.

M.H. : Pourquoi le nom d’Informa apparaît seulement aujourd’hui ?
G.T. : C’est un groupe très actif qui possède plusieurs événements qui se déroulent à Monaco. C’est certainement pour faire connaître le rôle d’Informa dans l’économie locale et annoncer le rachat de congrès mondial de médecine anti-âge qui se déroule au Grimaldi Forum.

M.H. : Mais ça donne aussi l’impression que, lorsque Luc Pettavino s’efface, Informa apparaît ?
G.T. : Peter Rigby a toujours été très présent. D’ailleurs, il vient au MYS tous les ans et il est en contact avec les officiels. Après le départ de Luc Pettavino, ils veulent démontrer qu’on est dans la continuité. Avec l’équipe d’organisation qui reste en place et qui dispose de la confiance de l’industrie. Bref, il n’y a pas de révolution au MYS.

(1) Créé en décembre 1998, le groupe anglais Informa, spécialisé dans l’édition et l’organisation de conférences et d’événements, possède 150 bureaux dans plus de 43 pays et emploie 8 500 salariés.

Luc Pettavino change de cap

Monaco Hebdo a contacté Luc Pettavino pour connaître les motivations de son départ. L’ancien directeur du MYS n’a pas souhaité
rencontrer la presse. Il s’exprime à travers un communiqué officiel.

J ‘ai décidé que le moment était venu pour moi de passer la main. C’est le fruit d’une réflexion personnelle et familiale longuement murie qui me permettra, avant tout, de consacrer plus de temps encore à mes engagements caritatifs et associatifs, principalement orientés sur la myopathie de Duchenne ».
Président de l’association monégasque contre les myopathies (AMM), Luc Pettavino est très engagé depuis de nombreuses années sur la recherche de solutions thérapeutiques pour la myopathie de Duchenne. Avec notamment l’organisation de tables rondes biannuelle ou le financement de programmes scientifiques ambitieux.
Grâce au soutien du Prince Albert, du Monaco Yacht Show (MYS) et des plus grands horlogers, l’AMM a été en mesure de collecter, tous les deux ans depuis 2005, 2 millions d’euros sur la vente aux enchères caritative Only Watch.
Et ce sera à nouveau le cas dans le futur. Car le groupe anglais Informa et l’équipe organisatrice du MYS ont décidé de poursuivre cet engagement aux côtés de l’AMM en reversant 50 % des entrées payantes du salon. Mais aussi en co-organisant la 4ème édition de la biennale Only Watch en 2011.
Dans son communiqué, Pettavino évoque la suite du MYS : « Je n’ai jamais été seul dans cette aventure et l’équipe hors pair […] reste en place : Gaëlle Tallarida désormais directrice générale, assistée d’Audrey Baylac, Eva Esteban, Aurelia Ferraris, Federica Ficarra, Eva Munoz, Oriane Odasso, Johan Pizzardini et tous nos fidèles prestataires. »
A noter que Pettavino cite, peut-être pour la première fois de manière aussi transparente, le groupe Informa, coté à la bourse de Londres : « Le groupe organise 8000 salons, événements, conférences, forums, formations, etc. et emploie 8 000 personnes dans 40 pays. C’est le n° 1 mondial du secteur. Outre le Monaco Yacht Show, il organise à Monaco, au Grimaldi Forum : GAIM, The Fund Forum et s’est récemment porté acquéreur du Anti-Aging Medicine World Congress – AMWC (congrès mondial de médecine anti-âge). »
A noter que le soutien financier de l’AMM à des projets de recherche a été en 2009 de 1,7 millions d’euros. Et sur les 4 premiers mois de 2010, de 900 000 euros.

Contact AMM : 11/13 rue Louis Aureglia.

Tél. 93 10 41 70 – info@amm.asso.mc.

journalistLa Rédaction