Unis devant Dieu

La Rédaction
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Le samedi 2 juillet à 17?h?30, Charlene et le prince Albert se sont dit « Oui

Le samedi 2 juillet à 17?h?30, Charlene et le prince Albert se sont dit « Oui » et ont échangé leurs alliances dans la cour d'honneur du palais. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Au lendemain du mariage civil, Charlene Wittstock et le prince Albert II ont échangé leurs vœux dans la cour d’honneur du palais. Entouré de 800 invités de prestige et ovationné par 3?500 Monégasques, le couple princier s’est dit « Oui ». Revivez les temps forts de la cérémonie religieuse.

Par Sabrina Bonarrigo.

Donatella Knecht de Massy, son mari Sébastien, et leurs enfants.

Donatella Knecht de Massy, son mari Sébastien, et leurs enfants. © Photo Charly Gallo / Centre de Presse.

C’était l’acte II du mariage princier. Le point d’orgue des trois jours de festivités. Le samedi 2 juillet, la cour d’honneur du palais s’est transformée en cathédrale d’un jour. La date est historique. Devant les médias du monde entier et face aux 800 hôtes triés sur le volet, Charlene Wittstock et le prince Albert II se sont unis religieusement. Sous le regard des 3?500 Monégasques. Aux premières loges, tous réunis sur la place du palais pour ce moment historique. Dès 15h, l’effervescence monte d’un cran sur le Rocher. Journalistes, photographes et caméras de télévision rejoignent méthodiquement l’emplacement qui leur est affecté. L’attente ne sera pas bien longue. Dès 15h30, par ordre protocolaire d’arrivée, le ballet des voitures officielles commence. Pour immortaliser le moment, les Monégasques troquent leurs éventails estampillés aux initiales du couple, contre leurs appareils photos. Les visages s’agitent pour guetter les premières arrivées. L’un des premiers à fouler le tapis rouge et blanc qui mène à la cour d’honneur, est le tennisman Henri Leconte. Puis Jean-Michel Jarre, applaudi par la foule. Le musicien avait donné la vieille un spectacle son et lumière sur le port Hercule. Sur la place du palais, la valse des berlines se poursuit à un rythme soutenu. Les arrivées sont minutées. Après le député maire de Nice Christian Estrosi, les principaux conseillers de gouvernement et le président du conseil national Jean-François Robillon, accompagnés de leurs épouses, arrivent à leur tour. Suivi de près par Philippe Narmino, le directeur des services judiciaires et président du conseil d’Etat, qui, la veille, avait uni civilement le couple.
A 16h10, c’est l’ex James Bond et résident monégasque Roger Moore qui se présente, très applaudi par les Monégasques. Suivi par le couturier et ami du couple, Karl Lagerfeld.

Le couturier Karl Lagerfeld.

Le couturier Karl Lagerfeld. © Photo Monaco Hebdo.

 Le président Nicolas Sarkozy très applaudi par les Monégasques.

Le président Nicolas Sarkozy très applaudi par les Monégasques. © Photo Monaco Hebdo.

Bernadette Chirac très applaudie

Dans la foulée, une arrivée bat les records d’applaudimètre?: celle de Bernadette Chirac. L’ex-première dame de France a fait sensation auprès des Monégasques avec son ensemble bleu marine et son chapeau à plumes. A 16h25, l’arrivée de la sculpturale ancienne top-modèle Naomi Campbell aux côtés de son compagnon Vladimir Doronin fait également crépiter les flashs. Entre deux arrivées « show biz », les têtes couronnées et les chefs d’Etat défilent à leur tour. Tous rivalisent d’élégance. Le prince Emmanuel Philibert de Savoie et sa femme Clotilde Courau, rayonnante dans sa robe rouge, font une arrivée remarquée. Tout comme la princesse Victoria de Suède au bras de son époux Daniel. Certains invités, comme le prince Carl Philip de Suède ou le roi des Belges Albert II ont eux arboré leurs uniformes. Rajoutant ainsi, une dose supplémentaire de « gotha » à la cérémonie. Un défilé sans fausse note. Jusqu’à l’arrivée du prince Laurent de Belgique qui trébuche sur le tapis. Mais il est vite rattrapé par les carabiniers présents. Entourée de ses fils, Sean et Gareth, la mère de Charlene Wittstock, Lynette, fait également une arrivée très remarquée. Impossible d’ailleurs de ne pas deviner l’identité de cette femme, tant la ressemblance avec sa fille est frappante. A 20 minutes du commencement de la messe, la princesse Stéphanie de Monaco et ses enfants Louis, Camille et Pauline arrivent ensemble. Suivi de près par Charlotte Casiraghi et son compagnon Alex Dellal, et d’Andréa Casiraghi et son amie Tatiana Santo Domingo. Et comme le voulait le protocole, c’est enfin le président français Nicolas Sarkozy, sans son épouse, qui clôture le défilé. A quelques minutes de la messe, tous les invités sont réunis. L’orchestre philharmonique de Monte-Carlo sous la baguette de Lawrence Foster, le chœur de l’Opéra de Monte-Carlo sous la direction de Stefano Visconti et les Petits chanteurs, dirigés par Philippe Debat, se préparent. C’est alors qu’Albert II et Charlene entrent à leur tour en scène.

Emmanuel-Philibert de Savoie et sa femme Clotide Courau.

Emmanuel-Philibert de Savoie et sa femme Clotide Courau. © Photo Monaco Hebdo.

La princesse Stéphanie entourée de ses enfants, Louis, Camille et Pauline.

La princesse Stéphanie entourée de ses enfants, Louis, Camille et Pauline. © Photo Monaco Hebdo.

La mère de Charlene, Lynette Wittstock, et ses fils Sean et Gareth.

La mère de Charlene, Lynette Wittstock, et ses fils Sean et Gareth. © Photo Monaco Hebdo.

17h, Charlene apparaît au bras de son père

Il est 16h55. Vêtu de l’uniforme d’été des carabiniers, et tout en esquissant quelques discrets clins d’œil aux hôtes qui l’entourent, le prince Albert pénètre dans la cour d’honneur et se place devant l’escalier de marbre blanc accompagné de son témoin et cousin germain Chris Le Vine. A l’autre extrêmité de la place du palais, Charlene se prépare depuis la caserne des carabiniers. A 17h précises, la princesse fait son apparition devant les Monégasques au bras de son père Michael Wittstock dans sa robe de mariée. Levant ainsi le mystère qui entourait sa tenue. La griffe est bel et bien italienne. Celle du couturier Giorgio Armani, également présent à la cérémonie. Ornée de 30?000 pierres, de 40?000 cristaux Swarovski et de 20?000 larmes de nacre, aux reflets blancs et or, la robe a nécessité pas moins de 2?500 heures de travail. Dont 700 rien que pour la broderie. La princesse ne porte ni collier ni bracelet. Seul un bijou ancien retient son chignon. Tous les visages convergent vers elle. Charlene esquisse les premiers pas sur le tapis rouge avec sa traîne de 5 mètres, portant un voile de 20 mètres de long. Une traversée, lente et souriante, saluée jusqu’à l’autel par une salve d’applaudissements. Pendant ce temps, dans la cour d’honneur du palais, résonne une chanson de Paul Mc Cartney, Celebration (extrait de Standing Stone). La princesse arrive à pas cadencé à l’autel de la cour d’honneur. Le couple est entouré des témoins, Chris Le Vine, pour le prince Albert et Donatella Knecht de Massy pour Charlene. Monseigneur Barsi prend alors les rennes de la messe.

La princesse Charlene habillée en robe Giorgio Armani.

La princesse Charlene habillée en robe Giorgio Armani.© Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Le prince Albert, vêtu de l'uniforme d'été des carabiniers.

Le prince Albert, vêtu de l'uniforme d'été des carabiniers. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Devant l'escalier de marbre blanc de la cour d'honneur, Charlene et le prince Albert se sont unis religieusement, entourés de 800 invités

Devant l'escalier de marbre blanc de la cour d'honneur, Charlene et le prince Albert se sont unis religieusement, entourés de 800 invités. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

17h30, ils se disent « Oui »

L’instant est solennel. « En ce beau jour où vos parents, vos amis et le peuple de Monaco sont réunis, vous vous engagez pour toujours dans le sacrement du mariage. L’Église vous accueille avec grande joie », énonce l’archevêque de Monaco en guise de préambule. L’Hymne de louange de Mozart résonne alors dans la cour d’honneur. 17h10, les lectures commencent. Pauline, la benjamine de la princesse Stéphanie, lit un extrait du livre de Tobie. Suivie par Charlotte Casiraghi, la fille de Caroline, très attendue par tous les observateurs. Celle que les médias annonçaient comme la Pippa Middleton du mariage monégasque a au contraire brillé par son élégance et sa discrétion. D’ailleurs, chacune à son tour, les autres nièces du prince Albert, Alexandre et Camille, apporteront leur pièce à l’édifice du mariage princier, à l’instar des petites filles de la princesse Antoinette. Vient ensuite l’Homélie prononcée par Monseigneur Barsi au cours de laquelle il souhaite au couple « un amour réciproque et profond ». A 17h30, c’est le très attendu échange de consentements. « Albert, Alexandre, voulez-vous prendre Charlene Lynette comme épouse??, demande solennellement l’archevêque. Charlene, Lynette voulez-vous prendre Albert, Alexandre comme époux?? ». Chacun à leur tour, ils répondent « oui ». A cet instant, Mademoiselle Wittstock devient religieusement SAS la princesse Charlene. Un moment salué par les Monégasques par des applaudissements nourris. Intervient alors l’échange des alliances, en or platine blanc de 18 carats, créées par la maison Cartier.

Après la cérémonie, les mariés traversent la place du palais et sont ovationnés.

Après la cérémonie, les mariés traversent la place du palais et sont ovationnés. © Photo GMO/Palais Princier.

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© Photo Monaco Hebdo.

Le couple dans la chapelle palatine signe l'acte de mariage.

Le couple dans la chapelle palatine signe l'acte de mariage. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

Charlene au milieu de la foule à Sainte dévote.

Charlene au milieu de la foule à Sainte dévote. © Photo Jean-Philippe Marty / Monaco Hebdo.

Chant sud-africain

Après ce moment très solennel, un inattendu vent de fraîcheur sud-africain souffle dans la cour d’honneur avec Pumela Matshikiza qui, au micro, entonne un chant sud-africain plutôt rythmé, Click song. La cantatrice est accompagnée d’un guitariste et d’un percussionniste. Charlene, le prince Albert et quelques invités dans l’assistance esquissent un large sourire. Le couple s’échange à ce moment-là quelques mots et des regards complices. La messe se poursuit. En signe de paix, les époux s’embrassent. C’est ensuite la soprano Renée Fleming qui prend la relève musicale. Quelques instants plus tard, le ténor italien Andrea Boccelli entre en scène à son tour. Pendant 4 minutes, l’artiste chante un émouvant Ave Maria de Schubert. Après une heure trente de cérémonie, la messe s’achève. Le couple se rend dans la chapelle palatine pour signer l’acte de mariage. Pendant ce temps, des assistantes sur la place du palais se pressent pour distribuer aux Monégasques des corbeilles de pétales de fleurs blanches. La voiture officielle du mariage, la Lexus hybride décapotée, arrive sur la place du palais. A 18h30 le couple quitte la cour d’honneur. Et traverse tout sourire la place, suivi de leurs 7 demoiselles d’honneur habillées en costumes traditionnels monégasques, confectionnés par les Ballets de Monte-Carlo. Les Monégasques ovationnent les mariés et lancent tout au long du parcours des pétales sur les mariés. Le couple arrive à la voiture décapotable. S’arrête un instant devant les photographes pour immortaliser le moment. Une fois installés dans la voiture, les mariés envoient quelques saluts. Direction l’église Sainte-Dévote. En ville, des milliers de touristes sont massés derrière les barrières. Un moment que les Monégasques suivent sur les deux écrans géants installés sur la place. Les 800 invités regagnent doucement les voitures officielles. Vers 19h, la place du palais se vide peu à peu. Les souvenirs, eux, restent.

Les mariés ouvrent le bal à l'Opéra Garnier.

Les mariés ouvrent le bal à l'Opéra Garnier. © Photo Gaetan Luci/Palais Princier

« Je ne veux rien rater?! »

Si le 2 juillet, les rues de Monaco n’étaient pas bondées (près de 15?000 personnes selon les autorités), de nombreux fans n’auraient loupé ce moment unique pour rien au monde.

Par Céline Galbrun.

Les rues commerçantes de Monaco sont étrangement vides en cette fin de matinée du 2 juillet. Pourtant, les fans ne manquent pas à l’appel. Pays-Bas, Allemagne, Brésil, Belgique… Ils viennent de tous les horizons. Et réunis au boulevard Albert Ier et à l’Église Sainte Dévote, ils attendent patiemment le cortège du couple princier. « Je suis là depuis 12h, je ne veux rien rater de la cérémonie?! s’exclame Jane, une Anglaise ayant vécu en Afrique du Sud et habitant désormais à Beausoleil. J’étais très en colère hier, car je n’ai pas réussi à assister au mariage civil à la télévision à cause de l’affaire DSK qui était diffusée sur toutes les chaînes. Aujourd’hui je suis sur place, je ne veux rien manquer?! » Un peu plus loin, deux Hollandais affichent fièrement un chapeau aux couleurs de leur pays, où l’on peut lire Maxima et Willem, les prénoms du prince et de la princesse des Pays-Bas. « Ma femme est une grande fan de toutes les royautés d’Europe. Elle s’appelle d’ailleurs Reina Reyes, ce qui veut dire reine roi », explique Asdrubal Medixa. Avant d’ajouter, avec émotion, le sourire aux lèvres?: « Nous ne sommes là que pour le week-end. C’est notre cadeau pour nos 37 ans de mariage ». Ces deux amoureux du mariage princier, en piste depuis 9?h?30, ne céderaient leur place pour rien au monde.

une Fan anglaise

© Photo Monaco Hebdo.

Fans de

« Albert et Charlene, vive les mariés », c’est ce que l’on peut lire aussi sur la banderole de Francine, Chantal, Nathalie et Alexandra, quatre Marseillaises, fans inconditionnelles de la famille souveraine. Une passion transmise depuis trois générations, présentes tous les ans le 19 novembre dans la principauté. « Le mariage princier, on ne pouvait pas le rater?! », affirme d’ailleurs Nathalie. Dès 8h, elles se sont rendues à Sainte-Dévote. « Mais on nous a expulsées tout de suite. Seuls les possesseurs d’un carton d’invitation peuvent y accéder. Cela nous a profondément déçu ». Mais rien ne semble pouvoir gâcher la fête de ces aficionados marseillaises?: « On était très émue lorsque le prince Albert et Charlene se sont dit oui vendredi, pour le mariage princier. On est très heureuses pour eux. Charlene est vraiment une femme splendide. Maintenant on veut voir sa robe de mariée?! » Une robe que tout le monde a découvert quelques heures plus tard, lorsque la princesse a remonté le tapis rouge au bras de son père Michael.

Concours de flashs

Lorsque le mariage commence, il n’y a pas encore foule au boulevard Albert Ier ni même à la Brasserie de Monaco, devant les écrans géants installés pour l’occasion. « Je m’attendais à plus de monde », s’étonne François Pichon, le maître-brasseur. Ce qui n’empêche pas les applaudissements et les acclamations de battre leur plein aux moments stratégiques de la cérémonie. Lorsque le cortège démarre place du Palais, les spectateurs se précipitent d’ailleurs vers les barrières, appareils photo, caméras ou téléphones rivés sur la route. Le couple princier passe. La foule agite les drapeaux au même rythme que les flashs s’enclenchent. Et c’est avec attention que les Monégasques et touristes assistent ensuite au dépôt du bouquet à l’Église Sainte-Dévote. Avec une émotion amplifiée lorsque celle que l’on peut désormais appeler princesse Charlene verse quelques larmes. Des larmes qui résonnent encore chez ces milliers de fans, heureux d’avoir fait le déplacement. « Charlene est à l’image du rôle qu’on attend d’elle », s’enthousiasme Geneviève, une Monégasque qui comptait bien profiter de ces moments intenses jusqu’au bout de la nuit.

La princesse s'est rendue à la chapelle Sainte Dévote

© Photo Jean-Philippe Marty / Monaco Hebdo.

Des larmes, des chants et un baiser à Sainte Dévote

Grace Kelly l’avait fait en 1956. Charlene aussi. Après l’union religieuse, la princesse s’est rendue à la chapelle Sainte Dévote pour y déposer son bouquet. Sur la place, les Monégasques ont attendu sa venue en suivant le mariage grâce à un écran géant.

Par Aline Lambert.

Charlene et Albert II ont souhaité mêler tradition et modernité. Lexus hybride pour le cortège qui mène à la chapelle Sainte Dévote. Là, la princesse a respecté la tradition initiée par Grace Kelly lors de son mariage avec le prince Rainier?: y déposer son bouquet. Sainte patronne de la Principauté, Dévote était une jeune chrétienne corse martyrisée, dont le corps avait été placé dans une barque prévue pour l’Afrique. Mais les vents l’ont conduite à Monaco, où elle a été ensevelie.

L’attente

Dès 15 heures et sous un soleil timide, la foule s’amasse sur la place Sainte Dévote. Certains sont arrivés tôt pour être sûr de ne rien rater. Face à l’entrée de la chapelle, un couloir officiel. Des barrières aux couleurs monégasques l’encadrent strictement. De chaque côté, les invités prennent place?: des membres de la Croix Rouge, du FAR, des jeunes scouts et autres Monégasques. Des drapeaux rouge et blanc, sud-africains et du mariage sont distribués.
Sur l’écran géant, tous guettent l’arrivée au compte-gouttes des invités, place du Palais. Les plus prestigieux sont applaudis. Puis Albert II apparaît dans son uniforme blanc, sous les hourras. Il est suivi d’une Charlene resplendissante. Les drapeaux fendent l’air avec frénésie. Et quand la longue traîne est révélée, des cris de surprise retentissent.
La cérémonie religieuse est suivie assidûment par l’assemblée, les yeux rivés sur l’écran. Des « Chut?! » se font entendre dès qu’une voix s’élève un peu trop fort. Quand les très attendus « oui » des époux arrivent, drapeaux et cris s’élèvent à l’unisson.

Des larmes, de la musique et des fleurs

Puis vient la bénédiction finale de Monseigneur Barsi. Signe que le cortège princier va arriver. Les carillons de la chapelle retentissent. Le temps s’assombrit. Les portes de la chapelle s’ouvrent. Sur la place Sainte Dévote, les gens se pressent de plus en plus contre les barrières. Des parents placent leurs enfants sur leurs épaules pour qu’eux aussi ne ratent rien du spectacle. Puis finalement une mer d’appareils photos apparaît, tous tendus à bout de bras. La voiture vient d’arriver. Les nouveaux mariés en sortent avec sourires et signes de main à la foule.
Le couple est accueilli par Monseigneur Barsi, puis pénètre dans la petite église. Un chant en l’honneur de la Vierge Marie est alors entonné par une mère et sa fille de 11 ans. Charlene, très émue, laisse couler quelques larmes sur ses joues avant de les essuyer discrètement. Monseigneur Fabrice Gallo, curé de la paroisse, lit la prière. Puis, très solennellement, Charlene va déposer son bouquet sur l’autel de la chapelle.
Le couple quitte alors la chapelle et fait face à la foule qui agitent drapeaux et appareils photos. Et sous la demande, un baiser tant attendu. Puis le couple s’efface. Ils quittent le lieu saint sous les cris de joies, pour le Palais avant le dîner sur les terrasses du Casino.

volontaires

© Photo Monaco Hebdo.

Volontaires bénévoles pour mariage princier

Pour aider à l’organisation mariage princier, 229 personnes se sont portées volontaires. Des bénévoles qui ont connu des journées très rythmées.

Par Aline Lambert.

Un mariage, ça demande beaucoup d’organisation. Et un mariage princier, encore plus. Heureusement pour Albert II et Charlene Wittstock, 229 personnes se sont portées volontaires pour aider les fonctionnaires réquisitionnés. Cyrielle Orecchia, Monégasque de 23 ans, en fait partie. « J’étais stagiaire à la direction nationale de la jeunesse et des sports. En février, j’ai rempli la fiche de renseignements, puis j’ai eu un entretien en mars, comme tous les volontaires. » C’est ainsi que Cyrielle est devenue assistante de la responsable des bénévoles Sylvie Bertrand.

Des volontaires polyvalents

Les volontaires choisis étaient divisés en officiers et agents de liaison ou agents placeurs. Certains ont assuré la permanence au salon Bellevue du Café de Paris, d’autres étaient responsables par secteur. « 75 volontaires ont chacun suivi une délégation, qui comprend les familles régnantes, non-régnantes, les héritiers et les chefs d’Etats. Les invités privés étaient eux gérés par le Palais. Les volontaires font fonction d’aide de camp des délégations?: accueil sur le tarmac, escorte à leur hôtel, ils ont tenté de répondre à leurs besoins », raconte Cyrielle. Pour se préparer, tous ont suivi une demi-journée de formation en juin. « On nous a expliqué ce que nous devions faire et où. Ceux qui étaient affectés à l’aéroport sont allés le visiter. Le 30 juin, le staff a visité les hôtels. » Un travail intense qui a souffert parfois de changements de dernière minute. « Pendant ces quatre jours, nous avons géré les problèmes minute par minute. Dès qu’une délégation avait besoin de nous, nous étions disponibles. » Et le timing était serré.

Une après-midi intense

Vendredi 1er juillet?: mariage civil. A 15 heures sur la place du Palais et sous un soleil radieux mais agressif, Cyrielle attend, avec d’autres volontaires et des appariteurs du ministère d’Etat. Règne un parfum de bonne humeur?: « On s’entend tous bien, on sait comment on travaille. Alors, on rigole ensemble et on passe du bon temps. »
Leur mission?: accueillir les hauts dignitaires pour la cérémonie civile. En attendant, tous souffrent de la chaleur. Des bouteilles d’eau sont distribuées. Puis retentit un « Dans 3 minutes?! ». La première voiture va arriver. Cyrielle rejoint aussitôt le groupe. Dernières explications, petit briefing sur l’après-cérémonie. Et la voiture est là. Le mécanisme est bien huilé?: des carabiniers ouvrent la portière des voitures officielles, puis deux volontaires guide l’invité jusqu’au « petit quartier », à gauche du Palais. Là, le relais est pris par le Palais.
16 heures, les Monégasques investissent la place. 16 heures 35, « Le dispositif est levé?! » Plus aucune voiture n’arrivera. Le travail de Cyrielle n’est pourtant pas terminé. Déjà, elle se dirige avec les autres volontaires vers le Palais. Il faudra s’occuper du retour des invités, après la cérémonie. Et le lendemain, rebelote.
Au final, « Tout s’est bien passé. Quelques imprévus à gérer au dernier moment, mais qui sont passés inaperçus. Des invités ont remercié les volontaires, tout le monde a été très content. » Lundi, tous ceux ayant participé au mariage et donc tous les volontaires, étaient réunis à l’hôtel Fairmont et ont été félicités directement par un prince et une princesse, fraîchement mariés. prêts à convoler en voyage de noces.

Roger Mullot

Roger Mullot © Photo Monaco Hebdo.

50 kg de douceurs pour les mariés

Comme son père en 1956, le confiseur Roger Mullot a offert une pièce au prince pour son mariage.

Par Aline Lambert.

Roger Mullot, pâtissier, confiseur et propriétaire de l’enseigne monégasque éponyme, a offert à Albert II le 30 juin un cadeau bien gourmand. « Je serai reçu à 16 heures au Palais par le prince. J’espère y croiser Charlene », confie-t-il la veille. Avec ses pâtissiers, Eric et Antoine Lecompte et Laurent Maire, il a élaboré une pièce spéciale mariage princier. Dentelles en sucre, blason monégasque et drapeaux sud-africains se côtoient dans la montagne blanche de gourmandises.
Une imitation presque parfaite de la corbeille offerte en 1956 par son père, Victor Mullot, pour les fiançailles du prince Rainier et de Grace Kelly. « Le panier de 1956 comportait des anses. Les deux pièces sont donc un peu différentes. Mon frère a voulu faire quelque chose de plus moderne », explique Paul, le frère aîné de Roger. S’il n’avait pas à l’époque participé à l’élaboration du gâteau, il était pourtant bien présent. « J’avais 21 ans et demi. Mon père a travaillé pendant longtemps dans l’hôtellerie, il était chef pâtissier au Carlton, à Cannes. A l’époque, dans l’hôtellerie, on créait beaucoup de paniers avec des roses en sucre. Il s’en est donc inspiré pour sa pièce de 1956. »

250 heures de travail

75 cm de diamètre, 1,10 mètre de hauteur pour 50 kg entièrement comestibles. La pièce a nécessité 250 heures de travail. Elle est surmontée de 79 roses en pâte d’amande, éclairées par des LED posées au coeur de chacune d’elle. L’ossature est en nougatine. Huit tiroirs démontables permettront au prince d’en disposer à sa guise sur la table. A l’intérieur, des spécialités monégasques?: Pavés du Rocher, fougasses monégasques et les indispensables d’un mariage, les dragées Avola.

Timbres du Mariage

© Photo Monaco Hebdo.

Razzia sur les timbres et enveloppes

Les produits à tirage limité ont tous été vendus. Certains exemplaires se retrouvent désormais à la vente sur le Net.

Par Adrien Paredes.

Comme une lettre à la poste. L’expression n’était pas la plus appropriée vendredi et samedi pour se procurer la collection de timbres et enveloppes émise spécialement pour le mariage princier. Une foule s’est massée devant les points de vente de l’Office des Emissions de Timbres-Poste, avant même l’ouverture à la vente des produits. Cinq timbres et un bloc avaient été commercialisés pour l’occasion. Christèle, résidente de Roquebrune, a ainsi acheté plusieurs planches de timbres « pour une amie collectionneuse de timbres dans le Pas-de-Calais ». « Elle avait déjà ceux du mariage de Kate Middleton et du prince William », dit-elle. D’autres comme Alexis, philatéliste, sont venus de Nice pour acheter « des timbres princiers qui seront rares » et les faire signer par les auteurs. Le diptyque comprenant les 5 timbres et le bloc, tiré à 500 exemplaires numérotés est parti en moins d’une heure dans tous les points de vente. Autre rupture de stock pour l’enveloppe souvenir tirée à 2?000 exemplaires. Certains de ces produits sont déjà en vente sur les sites d’enchères en ligne. Mise à prix de la lettre souvenir?: 100 euros soit dix fois son prix d’origine. Avec le cachet, la mise de départ passe du simple au double. Quant au bloc seul, il se négocie à 12 euros contre 5 euros, son vrai prix d’achat. A partir du 18 juillet 2011, un timbre montrant les carabiniers du prince au garde à vous devant le palais princier sera édité.

couverture de Huisgenoot

Le mariage vu d’Afrique du Sud

Si Monaco a suivi pas à pas le mariage de son chef d’Etat, qu’en est-il des Sud-africains?? Alet van Zyl, journaliste à Huisgenoot, nous en dit plus sur la fierté que ressent le pays de Charlene.

Par Aline Lambert.

Les journées d’Alet van Zyl ont été longues. Pas plus de 5 heures de sommeil. Arrivée à Monaco jeudi, elle a enchaîné les cérémonies civile et religieuse, les concerts, le feu d’artifice. Parce qu’Alet est Sud-africaine et journaliste dans l’un des plus importants journaux du pays?: l’hebdomadaire Huisgenoot. « C’est un magazine familial rédigé en afrikaans, l’une des onze langues officielles. Il traite d’actualités, de célébrités, de sport, mais il y aussi un guide TV et des recettes de cuisine. » Il est traduit en anglais, You Magazine, où l’accent est mis sur les célébrités internationales.
Depuis plusieurs mois, le magazine consacre au moins une page par semaine au mariage. « J’ai interviewé Charlene lors de la compétition caritative Midmar Mile à Durban, en février. Nous avons aussi publié un article sur la famille Grimaldi, une présentation simple de la Principauté et des infographies — où se passe le mariage, le trajet du cortège, etc. Au mois de juin, nous avons publié encore plus d’articles. Charlene a fait la une pour notre édition d’avant-mariage. J’ai rencontré les anciens professeurs de Charlene. »

« 10 à 20 pages »

Huisgenoot reprendra la plupart des thèmes couverts pour le mariage de Kate et William. « Qui vient, qui ne vient pas, les tenues de la princesse, les célébrités… Nous comparerons aussi Kate et Charlene, et ce mariage avec celui du prince Rainier et de Grace Kelly. » Alet a interviewé des Sud-africains, mais aussi des Monégasques pour recueillir leurs impressions. « J’ai parlé à une personne qui avait été présente au mariage en 1956. Elle m’a expliqué que c’était très différent?: avec plus de célébrités et d’extravagance pour celui-ci. J’ai aussi demandé aux Monégasques ce qu’ils pensaient de la nourriture sud-africaine qu’on leur a servie après le mariage civil. Ils l’ont trouvée épicée, mais ont aimé?! »
Au final, ce seront donc 10 à 20 pages qui seront consacrées au mariage, sur plus d’une centaine. « Peut-être même plus, pour le mariage de Kate et William, nous avons publié 30 pages?! Mais il y aura bien plus de photos que d’articles. »

« Les gens vraiment intéressés »

Selon Alet, les Sud-africains ont été intrigués par cette union princière. « Nous n’avons pas de famille royale chez nous. Mais de voir qu’une fille normale puisse devenir une princesse, cela leur a donné l’impression d’un conte de fée parfait. » Le mariage a été retransmis sur une chaîne nationale. « Les gens sont vraiment intéressés. Ceux qui habituellement ne suivent pas les sujets royaux l’ont regardé. »

« Ça nous rend vraiment fiers?! »

Alet a couvert le mariage religieux depuis la place du Palais. « Je l’ai trouvé magnifique. Par contre, j’ai été étonnée qu’il y ait si peu de monde dans la ville?! » Et quant à la place de l’Afrique du Sud dans ce mariage princier… « La chanson Click en isi Xhosa, vraiment typique, a été chantée pendant le mariage?; au dîner samedi soir, un groupe sud-africain a chanté en afrikaans?; notre drapeau est partout?; Jason Hartman a fait la première partie des Eagles… Charlene a vraiment tout fait pour nous inclure. Ce qui nous rend vraiment fiers?! »

« Un rayon de soleil dans un monde un peu sombre »

Albert et Charlene. Mariage princier à Monaco, préfacé par Stéphane Bern, est pour l’heure, le seul ouvrage consacré au couple princier. Rencontre avec les auteurs, le journaliste Alain Perceval et l’avocat Stéphane Loisy.

Propos recueillis par Céline Galbrun.

Monaco Hebdo?: Comment avez-vous obtenu toutes les informations biographiques nécessaires à la rédaction de ce livre??
Alain Perceval?: Depuis 5 ans, je suis pas à pas tout ce qui touche Albert et Charlene. J’ai tenté de retracer l’histoire des Grimaldi, en passant par la famille Kelly et la famille Wittstock. J’ai approfondi mes recherches en essayant de trouver des éléments différents de tout ce qui a pu être dit auparavant. De son côté, Stéphane Loisy, qui est originaire de Monaco, a apporté un autre regard sur la question et d’autres connaissances. J’ai également mis à contribution des contacts en Afrique du Sud pour avoir plus d’informations sur le passé de nageuse de Charlene. Cependant, nous ne sommes pas entrés en contact avec la famille princière. On a pu observer, de par les rares interviews du prince Albert, qu’il ne disait pas le moindre mot concernant sa relation, les fiançailles ou encore le mariage avec Charlene. Du côté de la future princesse, il en était de même. En fin de compte, les rencontrer ne nous aurait pas apporté beaucoup plus.

M.H.?: Quelle facette du prince souhaitiez-vous faire ressortir dans cet ouvrage??
A.P.?: À vrai dire, on a constaté qu’il n’arrêtait pas de bosser, qu’il voyage énormément chaque mois dans des instances internationales, dans des relations diplomatiques… J’ai cherché à mettre en avant cette facette pour ainsi casser avec l’image ultramondaine qui colle à la peau de Monaco.
S.L.?: Ce couple hors du commun a tout de même des obligations qu’on a souvent tendance à oublier. Derrière tout ce mariage, il y a un rôle politique à jouer pour Charlene Wittstock, il y a également l’histoire d’un pays, d’un prince souverain… Bref, des éléments bien plus sérieux qu’il n’y paraît.

M.H.?: Dans votre livre, vous décrivez ce qui unit le prince Albert et Charlene dans la vie quotidienne??
A.P.?: Leur passion commune du sport est quelque chose de très important. D’ailleurs, Albert l’a dit à quelques reprises. Ils ont aussi, tous les deux, une vision humanitaire très forte. Ils s’intéressent aux autres, aux œuvres sociales. Ils sont également liés par une forme d’humour. Albert II est plutôt pince-sans-rire et Charlene est plus discrète, mais très marrante, à en croire les dires de ses amis d’Afrique du Sud. Ils ont donc beaucoup de choses en commun, et je suppose qu’il y a l’amour aussi (rires).

M.H.?: À votre avis, pourquoi y a-t-il une telle fascination concernant les mariages princiers??
A.P.?: Je pense que malgré toutes les évolutions de la société, tous les bouleversements qu’il peut y avoir dans le monde, le mariage princier reste un conte de fées. C’est un rayon de soleil dans un monde un peu sombre.
S.L.?: Et puis c’est ancré dans le passé aussi. Dans un monde où tout bouge rapidement, c’est finalement quelque chose qui est entré dans une tradition. C’est une valeur acquise.

Le seul livre, pour le moment…
Il est étonnant de constater qu’Albert et Charlene – Mariage princier à Monaco, écrit par Alain Perceval et Stéphane Loisy, est le seul ouvrage traitant de l’histoire des futurs mariés. Un livre de Philippe Delorme, Charlene et ces drôles de dames de Monaco, paru en novembre 2010, s’attarde sur la vie de la future princesse. D’autres évoquent la famille souveraine tels que Les trois princesses de Monaco de Pierre Lunel et Royal Europe de Peter Conradi, sortis tous deux au mois de mai 2011.

Robert-Calcagno-et-Stephane-Bern

© Photo Monaco Hebdo.

Le mariage continue

Pour ceux qui souhaitent revivre le mariage du prince Albert II et de Charlene Wittstock, rendez-vous au musée océanographique du 9 juillet à novembre prochain.

Par Céline Galbrun.

«Le mariage princier est fini mais la magie continue », se délecte Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique. Au musée océanographique de Monaco, Monégasques et touristes pourront retrouver en exclusivité des objets symboliques du mariage ainsi que des photographies inédites, et ce, à partir du 9 juillet jusqu’à fin novembre 2011. Uniforme de carabinier du prince, Lexus hybride… Tous les éléments qui ont marqué les noces princières seront revisités dans le cadre de l’exposition L’Histoire du mariage princier présentée par le chroniqueur-journaliste Stéphane Bern. « La robe de la mariée, son diadème, mais aussi les bijoux que lui a offerts Albert II seront également présentés. Charlene Wittstock était très excitée et a accepté volontiers de partager ces éléments emblématiques de son union avec le prince Albert », confie le directeur du musée. « Les visiteurs pourront ainsi toucher du bout du doigt cette histoire », rajoute Stéphane Bern, avec émotion. Un Stéphane Bern qui n’a omis le moindre détail puisque même les cartons d’invitation, le menu ou les bouteilles de champagne seront exposés…

Souvenirs, souvenirs

Mais attention. « Les objets du mariage qui appartiennent à la princesse ou au prince ne sont, bien entendu, pas à vendre », rappelle Robert Calcagno. Seule une médaille avec le portrait du couple et leur monogramme sera vendue au prix de 2 euros. « Le prince et la princesse ont insisté pour que toutes les personnes, à tous niveaux de budget, puissent garder un souvenir » de leur union. D’ailleurs, « le palais travaille pour éditer des livres et Stéphane a également l’intention et le projet de faire un super catalogue ou on pourra retrouver les photos et les objets de cette alliance », révèle le directeur général de l’Institut océanographique. Autant d’idées pour revivre en boucle un mariage inoubliable…

Un « Oui » en vert

Les pollutions engendrées par le mariage princier seront compensées dans divers projets menés par la fondation prince Albert II de Monaco.

Par Adrien Paredes.

Parmi les invités du mariage, se sont jointes Mère Nature et sa fille, l’écologie. Le prince Albert II souhaitait en effet que l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre générées lors de l’événement soient compensées. En charge du bilan carbone du mariage, Bernard Fautrier, le vice-président de la fondation prince Albert II de Monaco, a estimé que « 4?000 à 5?000 tonnes d’émissions de CO2 » devront l’être. Les transports et déplacements d’invités représentant 80 à 90 % de ce bilan. Concernant le feu d’artifice, « l’impact est marginal », a souligné Bernard Fautrier. « Les déchets pyrotechniques seront détruits dans les sites agréés », a-t-il ajouté.
Plusieurs mesures ont déjà été prises en amont. Dans la flotte des autobus de la CAM, deux bus hybrides ont roulé ce week-end à l’occasion du mariage. Le couple princier a circulé dans un véhicule hybride pour se rendre à Sainte-Dévote. L’électricité « verte » alimentant les temps forts de la manifestation provenait de centrales hydroélectriques. Quant aux ingrédients du dîner concocté par Alain Ducasse à l’opéra Garnier pour les invités, ils ont été cueillis au Roc Agel ou pêchés au large de Monaco.
Pour compenser, la fondation Prince Albert II de Monaco mise donc sur le « Monaco Carbon Offsetting » (MC02), son programme mis en place depuis quatre ans. La fondation investira dans des projets d’usines de méthanisation de déchets ménagers en Amérique de Sud ou de petites centrales hydrauliques en Inde. Ces initiatives sont certifiées par le secrétariat de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. L’équivalent de 20?000 tonnes de C02 ont été couverts depuis la mise en place du programme.

Jérémy Genin

Jérémy Genin, 28 ans, vit et travaille à Londres depuis 9 ans. © Photo D.R.

Monaco vu de Londres

Chaque semaine, en partenariat avec l’association des Monégasques de l’étranger, un expatrié monégasque ou enfant du pays témoigne de son expérience hors de la principauté.

Par Adrien Paredes.
Monaco Hebdo?: Présentez-vous, s’il vous plaît.
Jérémy Genin?: J’ai 28 ans. Cela fait neuf ans que je vis et travaille à Londres. Après mon bac à Monaco, j’ai intégré une classe prépa scientifique à Nice. J’ai poursuivi mes études d’ingénierie aéronautique à la City University de Londres. J’ai ensuite intégré la société NetJets Europe pour laquelle j’ai travaillé durant plus de deux ans, avant de joindre le domaine de la finance dans plusieurs banques d’investissement, à Londres. Je suis vendeur d’actions (broker) et m’occupe des marchés asiatiques (Chine et Inde). Mon quotidien est de conseiller les Hedge Funds européens pour leurs placements en Asie.

M.H.?: Comment perçoit-on Monaco en Angleterre??
J.G.?: Monaco est un pays très bien perçu. Beaucoup de gens ont déjà visité la principauté. Certains Anglais me disent fréquemment qu’un membre de leur famille y a vécu ou qu’ils y ont été invités pour assister a un événement tel que le Grand Prix de Formule 1. L’immobilier de luxe en principauté revient aussi parmi les sujets de discussions. Monaco, par sa proximité et sa diversité de nationalités, est une destination très attirante pour les Britanniques.

M.H.?: Etre Monégasque, ça interpelle??
J.G.?: Oui, toujours. Les Anglais ne connaissent généralement pas le mot (ni ne peuvent le prononcer) et sont surpris par le petit nombre de nationaux. Ils sont souvent très curieux de comprendre de façon plus détaillée l’histoire de Monaco, sa situation en Europe et ses attributs qui en font un Etat unique.

M.H.?: Des inconvénients à travailler à l’étranger??
J.G.?: J’ai connu beaucoup de difficultés au départ car on m’a refusé le permis de travail malgré mes deux années d’étude à Londres. J’ai à ce propos beaucoup de gratitude envers les autorités qui ont appuyé ma candidature. Après 9 mois d’attente, j’ai obtenu une réponse favorable et pu débuter ma carrière chez NetJets Europe. Je suis content d’apprendre que des accords ont été signés pour les étudiants monégasques motivés d’acquérir une expérience en Angleterre. A part ça, je paye les taxes anglaises comme tout bon travailleur anglais.

M.H.?: Quel lien gardez-vous avec Monaco??
J.G.?: Je reviens quatre à cinq fois par an. J’ai une attache morale et sentimentale envers Monaco. Durant mes séjours, j’essaye toujours de rencontrer du monde pour évoquer les sujets sociaux et économiques qui touchent la principauté. Je me sens à 1?000 % Monégasque et fier de l’être. Je suis également l’actualité de Monaco par le biais d’Internet.

M.H.?: Parle-t-on du mariage princier en Angleterre??
J.G.?: Les gens sont fascinés par ce mariage comme ils l’ont été lors du mariage de Kate et William il y a quelques semaines.

M.H.?: Votre avenir professionnel est-il à Monaco??
J.G.?: J’ai toujours l’objectif de revenir à Monaco. Mais auparavant j’ai l’intention de continuer à travailler à l’étranger pour rassembler tous les acquis et revenir fonder une activité en principauté. Pour l’heure, je suis en en pleine installation à Hong Kong ou je souhaite évoluer après une longue expérience à Londres.

M.H.?: Pour vous, la Principauté a-t-elle un rôle à part dans le monde??
J.G.?: Monaco a énormément de potentiel au niveau international. Malgré sa petite superficie, elle peut être une nation d’extrême influence sur les plans économique, social et environnemental. Monaco s’exporte avec une campagne de communication très bien conçue. Il est important que les Monégasques locaux et établis à l’étranger se rendent compte de ce potentiel car la Principauté a toutes les qualités pour créer une différence.

journalistLa Rédaction