Chaque semaine, en partenariat avec l’association des Monégasques de l’Etranger, un expatrié monégasque ou enfant du pays témoigne de son expérience hors de la principauté.
Monaco Hebdo : Présentez-vous, s’il vous plaît.
Lucas Allner : J’ai 28 ans. J’ai étudié l’informatique durant 4 ans dans une école d’ingénieurs, l’ESIEA à Paris. Le cursus m’a mené à Londres et à Helsinki. Ensuite, j’ai obtenu un master en « Computer Science » à l’Université de New York (NYU). J’ai travaillé un an comme consultant chez IBM ; en parallèle, j’ai postulé au concours d’entrée des Nations Unies, qui s’adressait seulement aux citoyens de pays non, ou sous représentés au sein de l’Organisation. J’ai également commencé un doctorat en bio-informatique à l’Université de Columbia, puis, un an et demi plus tard, les résultats du concours sont tombés et j’ai été accepté.
M.H. : Quel est votre travail au quotidien à l’ONU ?
L.A. : Je travaille pour le département des Ressources humaines, dans la section « Planning Monitoring and Reporting ». Notre mandat permet, par exemple, de fournir à un comité ou un Etat Membre ayant besoin de données en ressources humaines. Je suis récemment allé à Entebbe en Ouganda et à Brindisi en Italie, où se trouvent des bases logistiques de l’ONU. Nous y avons mis en place un nouveau système d’analyse de données.
M.H. : Comment perçoit-on Monaco ?
L.A. : Monaco a une très bonne image. Le Grand Prix, Grace Kelly, le Casino, le prince Albert II sont des sujets qui reviennent régulièrement. Monaco est un pays qui fait rêver. On s’imagine souvent que ses habitants y sont riches et heureux. Monaco n’est pas une nation agressive politiquement parlant ce qui contribue au profond respect de la Principauté aux Nations Unies.
M.H. : Des inconvénients à travailler à l’étranger ?
L.A. : J’ai voyagé dans près de 60 pays, passeport monégasque en main et je n’ai jamais eu le moindre problème.
M.H. : Quel lien gardez-vous avec Monaco ?
L.A. : Je reviens deux fois par an. Ma famille vit à Monaco et je ne suis pas auprès d’eux aussi souvent que je le voudrais. Ma mère transmet beaucoup d’informations sur la Principauté. Je fais aussi partie de l’association des Monégasques de l’étranger, qui nous envoie régulièrement une newsletter. Je lis aussi, de temps à autre, Monaco-Matin sur Internet.
M.H. : Parle-t-on du mariage princier à NYC ?
L.A. : Oui, depuis l’annonce du mariage. Les Américains adorent ce genre d’événements. Les gens me demandent souvent si j’y suis invité et font les gros yeux quand je leur dis que, malheureusement, je ne pourrais pas y participer. Voir les Américains aussi enthousiastes à l’idée du mariage fait plaisir.
M.H. : Votre avenir professionnel est-il à Monaco ?
L.A. : Je reviendrai à Monaco. New York est une ville géniale mais je ne pense pas y rester éternellement. Les gens ont, ici, une conception bien particulière de la réalité. Les jeunes grandissent beaucoup trop vite dans un environnement urbain très agressif. J’adorerais aller sur le terrain, travailler en mission. Après quoi, la situation sera favorable à un retour en principauté. Pour l’heure, représenter Monaco à l’ONU est le meilleur moyen de rendre ce que la Principauté m’a si généreusement donné.
M.H. : Pour vous, la Principauté a-t-elle un rôle à part dans le monde ?
L.A. : Oui, Monaco a un rôle particulier en diplomatie multilatérale. Parmi les pays qui ont une faible superficie à l’ONU, très peu ont le rayonnement de la Principauté. De plus la mission permanente a intégré plusieurs comités et met l’accent sur le développement durable dans son programme.


Adrien Paredes








