Un mariage civil
célébré par un Monégasque

Milena Radoman
-

Philippe Narmino

Philippe Narmino, directeur des services judiciaires © Photo Monaco Hebdo.

C’est le 1er juillet que Charlene Wittstock deviendra princesse de Monaco. Un mariage civil célébré par le directeur des services judiciaires Philippe Narmino.

«Pour le moment je ne suis pas stressé. Je sais que l’adrénaline montera dans les heures qui précéderont la cérémonie. » Pour Philippe Narmino, l’heure fatidique arrive à grands pas. Depuis qu’il a appris l’annonce des fiançailles princières le 23 juin 2010, le président du conseil d’Etat sait que, conformément aux statuts de la famille princière, il mariera Albert II et Charlene Wittstock. Mais celui qui a raccroché sa robe de magistrat en 2006 pour rejoindre la direction des services judiciaires a du mal à réaliser?: « Je suis très heureux et honoré de participer à ce mariage. C’est le hasard du destin qui l’a permis… »
Philippe Narmino avait certes participé au mariage civil de la princesse Caroline avec Stefano Casiraghi et Ernst August de Hanovre en tant que secrétaire du conseil d’Etat. Mais cette fois-ci, c’est lui qui dressera l’acte de mariage. Un fait inédit?: « C’est la première fois qu’un prince est marié par un citoyen et sujet monégasque », explique le DSJ. Sur la forme, le mariage civil sera célébré dans la salle du Trône du palais. Le 1er juillet, à 17 heures, les invités, déjà placés, assisteront à l’arrivée des futurs époux. Parmi les 80 invités, on retrouve, bien sûr, les familles des fiancés et leurs deux témoins, Christian Levine et Donatella de Massy. Mais aussi des officiels monégasques et étrangers, parmi lesquels, en vrac, les membres du cabinet, le chambellan Jayet, le premier aide de camp Luc Fringant, les ministres plénipotentiaires, le nonce apostolique, les ambassadeurs (ou représentants) de France, Italie, et Afrique du Sud. Cette cérémonie formelle respecte, comme pour le commun des mortels, les règles du code civil. Au côté de Brigitte Gambarini, présidente du tribunal de première instance et secrétaire du conseil d’Etat, Philippe Narmino prononcera un discours de 5 à 8 minutes, finalisé il y a quelques semaines. Une allocution « pas exclusivement en français » que le DSJ a longuement pesée?: « C’était un peu compliqué. Je souhaitais faire quelque chose de très chaleureux mais je dois respecter également le caractère officiel de la situation », explique Philippe Narmino qui prononcera le fameux « je vous déclare unis par les liens du mariage ».

Un buffet titanesque

Comme pour tout mariage, « mon rôle sera également de constater que les consentements sont libres et exprimés de part et d’autre. La rencontre des volontés forme le contrat de mariage », rappelle le directeur. C’est d’ailleurs à ce moment précis que « Charlene Wittstock deviendra juridiquement princesse de Monaco », ajoute le DSJ. Brigitte Gambarini, elle, authentifiera l’acte de mariage par sa présence. Et c’est sans doute elle qui tendra le stylo Mont Blanc aux époux pour apposer leur signature à l’acte de mariage.
« C’est l’Hymne à Charlene, interprétée par la fanfare des carabiniers et composée par Jean-Christophe Aurnague et le chef de fanfare Christian Escaffre, qui donnera le signal pour l’ouverture des fenêtres », explique le colonel Fringant, chargé de l’organisation de la place du palais, où 6000 Monégasques regarderont la cérémonie sur les écrans de télévision. Le couple princier apparaîtra alors au balcon du palais. Avant de rejoindre les Monégasques pour un bain de foule. Et un apéritif dinatoire « gigantesque », aux saveurs d’Afrique du Sud?: « Certains Monégasques ne participeront au mariage princier que ce jour-là. Le buffet sera de très haut niveau », promet le colonel Fringant.

journalistMilena Radoman