Une société monégasque, exclusivité d’Apple

Adrien Paredes
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housse pour iPhone

Case Scenario, société appartenant au groupe monégasque Giraudi International, va lancer sur le marché des housses de protection pour appareils électroniques personnalisées. La célèbre marque à la pomme sera la première à les commercialiser.

Imaginez votre tout nouvel iPad 2 recouvert d’une housse de la marque aux codes couleur, Pantone Universe. Ou encore un iPhone 4 enveloppé d’un étui signé Ben. Ne rêvez plus, le groupe Giraudi International, via sa nouvelle société Case Scenario, l’a fait. « J’ai eu l’idée en me promenant dans les rues de Paris. Une boutique commercialisait des tasses de la marque Pantone Universe qui associe un code à chaque couleur. C’était parti », raconte Riccardo Giraudi, le patron créatif de Giraudi International. Ainsi est née Case Scenario, il y a à peine quelques mois. Plusieurs licences ont été signées. Outre Ben et Pantone, les Space Invaders (du nom du célèbre jeu d’arcade), les smileys ou encore les oeuvres pop de l’artiste Keith Haring figureront sur les housses. « L’idée, c’est de mélanger l’art, l’image et la culture pop dans le domaine de la protection de l’électronique. Que les gens puissent protéger leur bien et s’exprimer à travers le produit. Car à ce jour, les housses demeurent uniformes. Nous allons signer les licences d’artistes une à une. Nous aurons aussi nos propres dessins », explique Riccardo Giraudi.

Des housses branchées aussi pour smartphones et ordi

Le concept a plu à l’un des géants technologiques, Apple. Au point de négocier l’exclusivité en 24 heures. « J’ai envoyé des échantillons à Apple en Angleterre. Ils m’ont contacté le lendemain. Ils ont l’exclusivité mondiale du produit. Sa commercialisation sera d’abord européenne. Il sera lancé dans leurs magasins en Angleterre. Dans un premier temps, les housses pour iPad le 1er mai puis après pour les iPhone, un mois plus tard. Je suis vraiment ravi que Giraudi International, marque monégasque, soit associé à un grand nom comme Apple », poursuit-il. Outre les modèles spécialement dédiés aux produits de la marque à la pomme, les housses proposées peuvent aussi contenir les smartphones type Blackberry ou Android, tout type de tablette ou d’ordinateur portable. L’ensemble des produits pourra être acquis en ligne, à partir de la fin du mois d’avril, sur le site de Case Scenario (www.case-scenario.com). Pour les iPhone 4, il faudra notamment débourser 39 euros pour une housse Pantone. La commercialisation dans des magasins de Monaco n’est, pour l’heure, pas envisagée. Avec ses housses branchées, Case Scenario verra probablement la vie en Pantone 230 C. Pardon, la vie en rose.

Des projets dans le textile
Une autre filiale de Giraudi International, Fashion Factory, est en plein effervescence. Elle est spécialisée dans le destockage de grandes marques de mode italiennes comme Dolce et Gabbana dans les magasins outlet et sur la Toile. Fashion Factory planche sur deux projets?: la commercialisation de maillots de bain Pantone et la création d’un site internet avec une ligne de costumes et de vestes à l’italienne. « Pour le premier projet, on veut s’inspirer de l’esprit Lacoste. Pour le second, il s’agira un peu d’un Zara à l’italienne », confie Riccardo Giraudi, qui dirige le groupe monégasque. //A.P.
Riccardo Giraudi

Riccardo Giraudi © Photo Giraudi international.

“Devenir le deuxième groupe de restauration à Monaco”

Implanté à Monaco depuis les années 1960, le groupe Giraudi International est devenu l’un des leaders européens de l’import/export de viandes. Mais aussi un groupe de restauration, Monaco Restaurant Group. Interview de Riccardo Giraudi, fils du fondateur du groupe et aussi son actuel dirigeant.

Monaco Hebdo?: Comment est venue l’idée de développer le secteur restauration de Giraudi (Beefbar, La Salière, Mozza et L’Avenue 31)??

Riccardo Giraudi?: J’ai vécu à Londres pendant sept ans, entre 1996 et 2003. Quand j’ai quitté Monaco pour Londres, le monde de la restauration en principauté était banal. Il était resté figé dans les modèles des années soixante-dix-80. Soit l’étoilé Michelin, soit la petite Trattoria du coin qui tire son épingle du jeu. En Angleterre, c’était une autre dimension. Il y avait des concepts qui étaient érigés en véritables marques. Je me suis aperçu, quand je suis revenu à Monaco, qu’il y avait un vide, qu’il manquait beaucoup de concepts.

M.H.?: D’où la création du Beefbar…

R.G.?: Avec deux autres associés, on a commencé cette affaire par pur plaisir personnel. C’était le concept restaurant de viandes. Il fallait essayer de dépersonnaliser le restaurant. Que les clients ne viennent plus pour le patron mais pour le produit.

M.H.?: Le concept fonctionne puisque le Beefbar s’est exporté à l’étranger. Vous prévoyez d’autres ouvertures??

R.G.?: Nous avons une stratégie pour l’étranger. Chaque Beefbar coûte environ 4 millions d’euros d’investissements. Nous avons ouvert un Beefbar à Nice et à Moscou. Le prochain sera implanté au Mexique dans l’hôtel le plus renommé de Mexico. Il ouvrira en août 2011. Nous avons aussi ouvert des Beefbar Junior. 1 au Luxembourg et 2 à Moscou. Enfin, nous devrions monter un Beefbar éphémère pour la nuit à Milan prévue en juin par la direction du tourisme et des congrès. Et nous aurons bientôt un nouveau concept.

M.H.?: Lequel??

R.G.?: Le Beeftro. J’ai remarqué qu’on mange toujours les mêmes morceaux de viande dans les restaurants. Or, il existe une multitude de muscles, qui s’ils sont travaillés, sont, certes moins nobles mais mille fois plus goûteux que les classiques côtes ou escalopes que l’on connaît. Pas un plat sur la carte ne dépasserait les 19 euros. Le premier Beeftro devrait ouvrir dans quatre mois à Moscou.

M.H.?: Et sur Monaco?? Quels sont vos plans??

R.G.?: Nous avons récemment acquis un cinquième restaurant en principauté. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant sur ce projet. Outre cela, nous avons deux concepts que nous souhaitons adapter à Monaco. Un restaurant chinois haut de gamme avec un étoilé Michelin aux commandes, qui ouvrira en décembre et un fast-food haut de gamme également. Nous cherchons toujours un emplacement pour ces deux établissements. Il est quasi-impossible de trouver encore des emplacements de prestige en principauté. Tout est pris. Nous allons aussi agrandir Mozza, qui devrait faire l’objet de quelques réaménagements au niveau de la carte. On gardera les meilleurs plats. La Salière et l’Avenue 31 tournent bien et le Beefbar va avoir un tout nouveau décor.

M.H.?: Vous n’avez pas peur de Mc Donalds pour votre fast-food??

R.G.?: Ce sera d’abord une autre viande dans les hamburgers. Et aussi une autre manière de faire. Le hamburger sera fait à la minute, devant le client. Les clients choisiront leur pain, ce qu’ils veulent mettre dedans. Ce sera à eux de juger entre Mc Donald’s et nous.

M.H.?: Donc la stratégie monégasque, c’est de s’agrandir??

R.G.?: Nous avons l’ambition de devenir le deuxième groupe de restauration à Monaco après la Société des Bains de Mer. Il faut être honnête. On ne peut pas faire mieux que la SBM. Nous voulons travailler en complémentarité avec elle. Parce qu’il y a un vrai créneau à occuper entre la SBM et les restaurateurs indépendants.

journalistAdrien Paredes