Monaco lance son Imsee

Raphaël Brun
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Michel Roger. Ministre d'Etat

« J'ai demandé au Monégasque Pierre-André Chiappori, qui est professeur à l'université de Columbia, de présider le conseil scientifique de la statistique et des études économiques. » Michel Roger. Ministre d'Etat. © Photo Charly Gallo / Centre de Presse.

Comme annoncé cet été par le ministre d’Etat Michel Roger, l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques a été officiellement lancé lundi 31 janvier.

52 minutes. C’est le temps qu’il a fallu au ministre d’Etat, Michel Roger, pour présenter à la presse lundi 31 janvier le tout nouvel Institut monégasque de la statistique et des études économiques (Imsee). « Cette mesure marque la première mise en oeuvre des mesures d’attractivité décidées par le gouvernement pour appliquer la feuille de route fixée par le prince », a indiqué le ministre. Objectif?: retrouver « une croissance dynamique et responsable. » Mais aussi moderniser. D’ailleurs, dès septembre, le gouvernement a annoncé une série de mesures. Et le 31 janvier, l’Imsee, a été la première des mesures à être lancée. Mais d’autres devraient suivre rapidement. Notamment le raccourcissement des délais pour créer son entreprise.

Champsaur appelé

Michel Roger, encore?: « L’évolution et la complexité de l’économie monégasque nous oblige à avoir des données fiables pour connaitre les réalités de l’économie. Et donc anticiper et nous projeter dans l’avenir. » Avant d’ajouter?: « C’est aussi un outil important pour les entrepreneurs de la principauté et tous les acteurs sociaux et économiques. » Alors qu’avec l’ouverture toujours plus grande de Monaco sur l’étranger, l’Imsee devrait aussi permettre à la principauté de gagner en visibilité et de participer aux débats internationaux. « Et puis, il nous faut des études, il nous faut une analyse des chiffres et une communication adaptée. Voilà pourquoi on a créé l’Imsee », a répété Michel Roger. Avant d’indiquer, à propos de la création du conseil scientifique de la statistique et des études économiques?: « J’ai demandé au Monégasque Pierre-André Chiappori, qui est professeur à l’université de Columbia, de présider ce conseil. Ce conseil donnera son avis sur les besoins à satisfaire et sur le programme annuel des statistiques. Tout en supervisant le travail de l’Imsee et en vérifiant la déontologie des méthodes employées. » A noter que ce conseil est aussi composé de trois autres personnalités nommées par Michel Roger?: l’ancien directeur de l’Insee en France, Paul Champsaur, mais aussi Henri Riey et Jean-Franck Bussotti.

Gros chantier

Alors qu’à la tête de l’Imsee, on trouve Lionel Galfré, un ancien chef de la division des statistiques. « La tenue de statistiques est encadrée par des chartes internationales de déontologie que nous appliquerons. Non seulement pour le recueil mais aussi pour le traitement et l’exploitation de ces données », a précisé le patron de l’Imsee. Toute une série de publications seront faites au fil de l’année (voir encadré). Des infos qui seront accessibles sur le site du gouvernement, www.gouv.mc.

Mais l’autre gros chantier sera le passage à une nouvelle nomenclature des activités françaises (Naf) qui soit notamment mieux adaptée à l’évolution des métiers. « Surtout dans le secteur des nouvelles technologies », a souligné Galfré. Un changement qui devrait être opérationnel en janvier 2012. Mais ce n’est pas tout. « On va poursuivre le travail de refonte de nos publications. En rendant les chiffres qu’on produit accessibles au plus grand nombre. Donc on va travailler sur la forme. Alors que sur le fond, on va s’assurer de la validité des données, tout en les rendant toujours plus pertinentes », a expliqué Galfré. Avant de révéler que la publication du PIB 2010 devrait intervenir en décembre. Ce qui ferait de l’année 2011 une année à « double publication de PIB. »

Bref, beaucoup de travail pour cet Imsee qui fonctionne avec les salariés actuels de la division des statistiques et des études économiques de la direction de l’expansion économique. Une équipe de 5 salariés qui devrait passer à 6 cette année, avec en plus, le soutien d’un stagiaire. Mais aussi « des moyens renforcés dans l’équipe informatique » a souligné Galfré. A noter que l’Imsee aura ses propres locaux?: 270 m2 situés à côté de l’espace entreprise Monaco business office.

PIB 2009 : -10,9 %
« Une baisse sensible. » C’est en ces termes que le conseiller pour les finances, Marco Piccinini a présenté le PIB 2009 à 4 milliards d’euros, contre 4,4 milliards en 2008. Une tendance qui confirme le ralentissement déjà entrevu lors de la publication du PIB 2008. C’est bien sûr la crise qui expliquerait ce mauvais résultat. A noter aussi que l’excédent brut d’exploitation (EBE) des entreprises monégasques est en chute de 21,8 %. « Mais les salaires n’ont pas baissé, avec une légère hausse de 0,57 %, a insisté Piccinini. Il y a très peu de pays capables de maintenir la masse salariale dans cette période. » A noter aussi que le PIB par habitant, qui inclue aussi les salariés qui n’habitent pas en principauté, est à 45?653 euros, en baisse de 10,5 % par rapport à 2008. Quant au PIB par secteur d’activité, entre 2008 et 2009, l’évolution globale est à -11,3 %. Avec de grosses baisses enregistrées par le commerce de gros (-23,2 %), l’immobilier (-27,7 %) et les transports (-25,1 %). Seuls les Postes-Telecom (+17,1 %) et les travaux publics (+1,8 %) ne sont pas dans le rouge. « On a une volatilité plus forte qu’en France, a expliqué le conseiller. Quand les choses vont bien, Monaco va de manière exceptionnelle. Mais quand les choses vont mal, les contractions sont plus fortes. »

journalistRaphaël Brun