Cloclo ressuscité en principauté

Adrien Paredes
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Le tournage d’un film retraçant la vie du chanteur Claude François débutera au printemps. Certaines scènes seront tournées à Monaco, où l’artiste a vécu et débuté sa carrière musicale.

Comme d’habitude, Alexandrie, Alexandra ou encore Le Téléphone pleure. Qui n’a pas en mémoire au moins une des nombreuses ritournelles laissées par Claude François dans le panthéon de la variété française. Le célèbre chanteur, décédé accidentellement en mars 1978 à l’âge de 39 ans, va revivre sur grand écran. Et cette résurrection passera par Monaco. Un biopic (film biographique), intitulé « Cloclo », devrait être en partie tourné en principauté mais aussi à Paris, à Bruxelles ou encore à Menton. Le tournage doit commencer en mars, avec un tandem prometteur à l’affiche?: l’acteur belge Jérémie Renier (Bons baisers de Bruges, Dikkenek, L’Enfant) dans le rôle de Claude François et Florent Emilio Siri (Nid de Guêpes) derrière la caméra. Une autre star du cinéma français, Benoît Magimel (La vie est un long fleuve tranquille, La Pianiste, La Haine), figure aussi au casting. Le scénario est signé Julien Rappeneau, à qui l’on doit notamment 36 Quai des orfèvres et Largo Winch. Le long-métrage, dont la sortie est prévue pour début 2012, sera co-produit par LGM Cinéma et Studio Canal. Les deux fils du chanteur, Marc et Claude Junior, sont associés à la production. Le tournage du film à Monaco devrait intervenir courant avril. Cependant, le département de l’Intérieur « n’a reçu, à ce jour, aucune demande » concernant le tournage de Cloclo sur le territoire monégasque. La Société des bains de mer confirme, elle, avoir été « approchée par une équipe de production » mais demeure « en attente d’informations complémentaires » sur le projet du film. Jusqu’à présent, un seul long-métrage, sorti en 2004, avait été tiré de la vie de l’artiste?: Podium de Yann Moix. Le comédien Benoît Poelvoorde campait un sosie de Claude François prêt à tout pour ressembler à son idole.

Les débuts au Sporting Club

Claude François a été résident monégasque. L’histoire remonte à l’année 1956. Les François sont expulsés d’Egypte suite à la nationalisation du canal de Suez par Nasser. Le père, Aimé, y travaillait comme contrôleur du trafic. La famille débarque à Marseille puis s’installe en principauté, où vit la sœur aînée du chanteur, Josette. Le jeune Claude a alors 17 ans. Les François vont rapidement déménager à Nice mais la relation du chanteur à la principauté ne s’arrête pas à cette migration. En 1959, Claude François veut vivre de la musique. Il intègre l’orchestre du Sporting Club de Monte-Carlo, dirigé par Louis Frosio et appartenant à la SBM. Celui-ci devrait être reconstitué, la production cherchant des figurants pour des rôles de musiciens au style années 50-60 (cheveux gominés, raie sur le côté) pour les prises de vue en principauté et à Menton.

Bien qu’ayant appris le piano et le violon, Claude François s’illustre à la batterie. Il est, plus tard, chanteur dans ce même orchestre, reprenant les chansons de Ray Charles ou de Bob Azzam. Son père, Aimé François, supporte mal cette vocation et lui en tiendra rigueur jusqu’à sa mort en 1961. Un soir où il se produisait au Cabaret avec le Sporting Club de Monte-Carlo, l’artiste fait connaissance avec une jeune danseuse anglaise. Une dénommée Janet Woollacott. Elle deviendra sa première épouse le 5 novembre 1960. Le mariage est célébré en mairie de Monaco. Ils montent ensemble à Paris mais Janet Woollacott le quitte pour Gilbert Bécaud, en 1962. La rupture, bien qu’effroyable pour Claude François, ne l’empêchera pas de réaliser une magnifique et prolifique carrière. Celle d’un artiste aux chansons populaires.

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