Marco Piccinini, le financier

Milena Radoman
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Né à Rome en 1952, Marco Piccinini vit en principauté depuis 1972.

Né à Rome en 1952, Marco Piccinini vit en principauté depuis 1972. © Photo Charly Gallo / Centre de Presse.

C’est un homme d’affaires, introduit dans les milieux de l’automobile mondiale, qui succède à Sophie Thévenoux aux finances.

A Monaco, tout le monde le connaît. Sans vraiment savoir qui est cet homme jugé « impénétrable », que l’on retrouve dans les organigrammes de l’Automobile Club, du Yacht Club, du Monte Carlo Country Club et, entre 2003 et 2009, de l’ASM. Le nouveau conseiller pour les finances Marco Piccinini a toujours cultivé le mystère. « C’est une éminence grise, à l’aise dans tous les milieux, souffle un journaliste sportif qui a approché l’homme d’affaires italien naturalisé monégasque quand il était encore directeur sportif de l’écurie Ferrari. On disait même à un moment donné que c’était le successeur rêvé de Michel Boéri à l’Automobile Club. »

Il faut dire que Marco Piccinini a touché à tout. Comme le montre la lecture de la page Wikipédia, qu’il a lui-même alimenté. Né à Rome en 1952, il vit en principauté depuis 1972. Fils d’un industriel italien, il a étudié l’architecture à Rome et a fait ses armes dans les techniques de négociation internationale à l’Institut des hautes études internationales à Genève. C’est dans le monde du sport qu’il se distingue en premier?: après avoir coopéré avec De Sanctis, le constructeur de Formule 3, il fonde la Société monégasque de constructions automobiles en 1974. Puis rejoint Ferrari en 1977. Directeur du sport automobile de Ferrari et manager de l’équipe de F1, il aurait été « l’architecte de l’accord Concorde, la charte régissant la réglementation ainsi que les aspects financiers du championnat du monde de F1 », indique son curriculum vitae. Marco Piccinini intègre alors en 1983 le conseil d’administration de Ferrari. Puis en 1994, celui de la Fédération internationale d’automobile. Une FIA dont il sera vice-président entre 1998 et 2008, qu’il quittera pour « se concentrer sur d’autres engagements professionnels. » Notamment après avoir présidé le conseil mondial du sport automobile, à savoir l’organe qui réglemente les règles du sport automobile.

« Expérience du monde des affaires »

Mais c’est bien entendu pour ses compétences financières que Marco Piccinini, nommé ambassadeur de Monaco pour la Chine et l’Inde en 2009, a été recruté par le prince. « C’est une personne très brillante, au carnet d’adresses très étendu, alliant l’expérience du monde des affaires privées et de grands talents de diplomate, analyse l’avocat Thierry Lacoste, qui l’a côtoyé au conseil d’administration de la Société des bains de mer. C’est un choix parfait au moment où il faut attirer des investisseurs étrangers en principauté et gérer les problèmes économiques. Il a une perception très fine de ce qui doit être fait par et pour la principauté. » Et de la diplomatie, Marco Piccinini en aura besoin. Dans l’administration, certains craignent déjà l’arrivée d’un homme d’affaires qui n’est pas du sérail. « Ce n’est pas un révolutionnaire, réplique Thierry Lacoste. C’est un garçon pragmatique qui a une grande faculté d’époque. L’image de conservateur qui lui colle à la peau vient sans doute de personnes en opposition avec lui. »

D’ailleurs, dans ses fonctions d’ambassadeur, Marco Piccinini a déjà du prendre la température de l’administration. Le directeur du tourisme Michel Bouquier a ainsi été amené à travailler avec lui. « Nous avons organisé des dîners ciblant les grandes fortunes, Monaco private level, à Shanghai et Hong-Kong. Nous avons eu des rapports concrets et opérationnels. Grâce à son réseau de décideurs d’affaires commerciaux et industriels, il a été d’une grande aide en nous permettant notamment d’inviter des propriétaires de Ferrari. »

En tout cas, dans un premier temps, il est certain que Marco Piccinini devra faire un choix entre le public et le privé. Et sans doute mettre un terme, entre autres, à ses fonctions d’administrateur de la Compagnie monégasque de banque et du Crédit mobilier de Monaco pour des raisons évidentes de conflits d’intérêt.

journalistMilena Radoman