Longtemps réservée aux cas extrêmes, la télémédecine permet désormais de mener diagnostics et consultations à distance pour tous types de patients. Un décret devrait généraliser son usage dès cette année en France. Que peut-on en attendre réellement ?
Vous avez besoin de l’avis d’un éminent spécialiste basé à 600 kilomètres de chez vous ? Vous voulez connaître le suivi de votre traitement ou surveiller votre grossesse à risque sans passer par la maternité ? Quelques radios scannées, un coup de fil ou un simple échange de mails et l’affaire est jouée… Longtemps réservée aux marins perdus au milieu des océans ou militaires en mission spéciale, la télémédecine est désormais accessible à de plus en plus d’actes de santé courants. Dans les prochaines semaines, le gouvernement français proposera le remboursement des premières téléconsultations. Connecté au net, le patient pourra y interagir par caméras interposées avec un praticien basé à plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres. L’ordonnance sera délivrée sous forme… d’e-mail ! D’ici deux ans, il devrait même être possible de consulter l’avis d’un médecin dans les pharmacies avant d’acheter ses traitements. Des zones dites de « confidentialité » devraient permettre d’y dialoguer à distance avec des praticiens sur ses symptômes ou d’éventuels effets secondaires…
Expérience pilote à Monaco
Avant qu’une telle généralisation de la médecine à distance ne se mette en place, les avancées technologiques serviront surtout à aider au diagnostic et au suivi des traitements. A Monaco, une expérience pilote menée au Centre monégasque de télémédecine permet d’ores et déjà de solliciter des avis de radiologues à distance en envoyant les clichés de patients via serveurs sécurisés. Les résultats peuvent être transmis en urgence en 43 minutes seulement. Plusieurs milliers de patients ont bénéficié de ces technologies en plus d’un an de mise en service. La nouvelle réglementation sur la télémédecine appliquée dès cette année en France devrait étendre ces réseaux d’expertises radiologiques à distance. Objectif ? Bénéficier des meilleurs avis pour établir les diagnostics les plus précis et pallier une diminution annoncée de 35 % du nombre des radiologues d’ici 2020…
L’utilisation d’outils communicants est également privilégiée pour le suivi des patients atteints de maladies chroniques. C’est particulièrement le cas pour le diabète où l’injection et le calcul des doses d’insuline constituent souvent de véritables casse-têtes au quotidien pour les patients.
Par SMS ou e-mail
Des services d’envois par SMS ou e-mail permettent déjà de transmettre aux équipes soignantes les données de son lecteur de glycémie et d’adapter les doses au plus juste. Mais les retours des médecins ne peuvent se faire qu’en différé, rendant la gestion compliquée. De nouvelles applications pour Smartphone permettent aujourd’hui le calcul automatique des doses à injecter en fonction de paramètres définis par les médecins. Transmises aux équipes soignantes, les données sont surveillées à distance et les règles d’adaptation des doses peuvent être modifiées automatiquement lorsque les objectifs ne sont plus atteints. Une avancée qui pourrait bénéficier demain à d’autres pathologies et qui ouvre un peu plus les perspectives de cette médecine du futur…


Regis de Closets










