Le musée d’anthropologie s’offre un lifting

La Rédaction
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Le musée d'anthropologie

Le musée d'anthropologie © Photo Charly Gallo / Centre de Presse.

Depuis le 15 décembre, le musée d’anthropologie a rouvert ses portes. Situé entre la villa Paloma et le Jardin Exotique, le bâtiment a été rénové, sous la houlette d’Yves Coppens. Objectif : attirer enfin le grand public.

Par Noémie Montalbano.

Il fût un temps où le musée d’anthropologie préhistorique était à la place de l’actuel Conseil national. Mais depuis novembre 1960, il a pris place dans l’enceinte du Jardin exotique, à proximité de la grotte de l’Observatoire. Le temps a passé et le site avait pris un sacré coup de vieux. « L’exposition était la même depuis 50 ans, et avait été initiée par Louis Barral (ndlr, directeur du musée entre 1960 et 1975), il y avait une telle profusion de matériels, tout était exposé, cela n’avait plus de sens pour le visiteur », admet ainsi le directeur Patrick Simon. Du coup, à la demande du prince Albert, le musée a fait peau neuve pour le 50ème anniversaire de son nouveau siège. Avec des travaux qui ont duré 2 ans et ont coûté près de 400?000 euros, d’après Jean-Charles Curau, directeur des affaires culturelles. Et parallèlement, pour gagner en lisibilité, les équipes du musée ont réduit les pièces présentées à environ 20 % de la collection originale.

Variations climatiques

20 % qui sont donc exposés dans deux grandes salles. Avec comme point d’orgue la collection de sépultures du paléolithique, datées à – 25?000 ans, découvertes « dans les grottes de Grimaldi, à la frontière italienne », ajoute Patrick Simon.

La nouvelle exposition Les preuves du temps est placée sous le thème des variations climatiques qui sont très importantes dans l’histoire du monde. Le professeur Yves Coppens – qui a montré sa faculté de vulgarisation en dirigeant, entre autres, le documentaire L’Odyssée de l’espèce – rappelle que de nos jours, « c’est la mode de parler de changements climatiques mais ils sont banals, depuis que la Terre existe?! » Pour illustrer ce phénomène, deux grands murs du musée sont recouverts d’un décor stratigraphique en résine, cailloutis et sédiments de la grotte de l’Observatoire. Ils symbolisent « le remplissage de grottes à travers le temps. On démarre de – 200?000 ans pour finir à l’antiquité romaine. » En d’autres termes, toute l’exposition est une véritable machine à remonter le temps. On plonge par exemple dans le paléolithique inférieur. Une période de transition où « la population du monde est passée de 500?000 à 5 millions d’habitants en quelques milliers d’années, souligne le professeur, avec un paléo baby boom?! »

Réputation à faire

Afin de comprendre l’exposition, les visiteurs pourront regarder des films courts où Yves Coppens met « en perspective les traces de la préhistoire régionale avec l’histoire de l’Humanité ». Un Coppens convaincu que la collection du musée est « exceptionnelle ». Tout simplement parce qu’elle provient de sites de la région de Monaco mais aussi de sites de l’ancien Monaco dans l’actuel Ligurie.

Reste que la réputation du musée est à parfaire. « Scientifiquement parlant, le musée est connu dans le monde entier. La preuve?? Les chercheurs américains demandent des autorisations pour venir mesurer et étudier », précise le paléoanthropologue. Tandis qu’à Monaco, moins connu que le musée océanographique, cet espace culturel tarde à gagner le cœur du grand public. « Le but est donc de faire connaître ce musée à la hauteur de son intérêt. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de nous », promet Yves Coppens.

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