Monaco endeuillé par la disparition de Jean-Paul Proust

Raphaël Brun
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Jean-Paul Proust

Jean-Proust avait pris ses fonctions de ministre d'Etat à Monaco le 1er juin 2005. © Photo Charly Gallo / Centre de presse.

Suite à la disparition de l’ex-ministre d’Etat, Jean-Paul Proust, Monaco Hebdo lui rend hommage en publiant une série de photos des 5 années passées en Principauté, de juin 2005 à mars 2010.

Jean-Paul Proust est mort dans la nuit du 7 au 8 avril dans un hôpital marseillais. Il avait quitté ses fonctions le 26 mars. Agé de 70 ans, il est décédé des suites d’une longue maladie. Né le 3 mars 1940 à Vaas (Sarthe), ce diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris avait rejoint le ministère de l’intérieur après avoir réussi l’ENA, en 1966. C’est d’ailleurs là et dans le corps préfectoral qu’il mène une grande partie de sa carrière. Avant d’être nommé en 1999 directeur de cabinet du ministre de l’intérieur de l’époque, Jean-Pierre Chevènement. Ensuite, de mars 2001 à novembre 2004, il exerce la fonction de préfet de police de Paris. Ce qui lui permet de travailler avec Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Puis, de décembre 2004 à mai 2005, il devient conseiller d’Etat et conseiller spécial auprès du ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin. Enfin, de juin 2005 à mars 2010, il rejoint Monaco où il est nommé ministre d’Etat. Alors que ses obsèques se sont déroulées lundi à la cathédrale de la Major, à Marseille, les hommages se sont succédé. D’abord, le Prince Albert bien sûr : « Je garderai le souvenir ému de son exceptionnelle capacité de travail, de sa passion pour l’Etat, de son esprit toujours en mouvement. Face à la maladie, Jean-Paul Proust a déployé les qualités de courage et de dignité dont il ne se départissait jamais dans l’exercice de ses hautes responsabilités. Il fut, jusqu’au terme de sa route, un homme debout, ce que personne n’oubliera à Monaco. » Quant au successeur de Jean-Paul Proust, Michel Roger, il a aussi tenu à réagir, dès que la nouvelle a été rendue publique, le 8 avril, dans la matinée : « C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Monsieur Jean-Paul Proust survenu cette nuit. En mon nom personnel, au nom du Gouvernement Princier et des personnels des Services de l’Administration, j’ai exprimé à son épouse et à sa famille de très sincères condoléances. Monsieur Jean-Paul Proust laisse le souvenir d’un très grand serviteur de la Principauté dont les qualités professionnelles et humaines ont pu être reconnues par chacun ». Du côté du Conseil national, les réactions ont aussi été nombreuses. Le président UP, Jean-François Robillon, a tenu à saluer celui qui « au-delà de sa compétence et de son grand professionnalisme, […] a su porter et enrichir le projet du Prince Albert pour Monaco. Fidèle à la Principauté et à son Prince, il a accompli jusqu’à la fin et, malgré les souffrances, sa mission avec courage et abnégation. » Du côté de l’opposition, les élus de Rassemblement & Enjeux (R&E) ont aussi souligné la « personnalité politique de l’ancien ministre d’Etat. » En rappelant que « Jean-Paul Proust avait été appelé à Monaco par le Prince Rainier III pour apporter à la Principauté toute l’expérience qu’il avait acquise au long d’une prestigieuse carrière au service de l’Etat français. Jusqu’au bout, malgré la maladie, il aura poursuivi sa tâche et défendu sa vision de l’évolution de notre pays. » Pendant les 5 ans passés à Monaco, Jean-Paul Proust a travaillé sur beaucoup de dossiers, dont certains assez sensibles. Notamment la livraison de 332 appartements domaniaux en 2007 et 223 en 2008. Alors qu’en 2009, la création du dispositif “habitation-capitalisation” a permis aux monégasques de devenir propriétaires sous certaines conditions. Sur le plan de la santé, plusieurs projets ont été réalisés : la première maison de retraite de Monaco, A Quietüdine, inaugurée il y a quelques semaines. Mais aussi le lancement du chantier du centre de gérontologie et le nouvel hôpital. Du côté de l’environnement, il faut souligner le lancement du tri sélectif et la démarche de haute qualité environnementale (HQE) pour les chantiers. Pour la culture, le projet du nouveau musée national de Monaco (NMNM) a été lancé en 2008. Quant à l’administration, le processus de modernisation a été impulsé dès 2006. A l’international, les accords de Paris, signés en 2005, permettent à Monaco de bénéficier d’une plus grande autonomie vis à vis de la France. Et l’an dernier, bien sûr, il faut citer la sortie de la Principauté de la liste grise de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Mais aussi la fin de la période de suivi du Conseil de l’Europe.

journalistRaphaël Brun