Festival de TéléVision, Escape at Dannemora et On the Spectrum primés

Maxime Dewilder
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La 59ème édition du festival de télévision de Monte-Carlo s’est achevée le 18  juin au soir, avec la remise des Nymphes d’Or. Escape at Dannemora et On the Spectrum ont raflé plusieurs prix. Tour d’horizon des acteurs, séries, films, et documentaires primés.

Une énième récompense pour Patricia Arquette

L’actrice américaine, qui a très tôt perpétué l’atavisme familial avec un premier rôle à 19 ans, est une nouvelle fois récompensée pour son jeu d’actrice. Elle reçoit cette année la récompense de meilleure actrice dans la catégorie « Programme long de fiction » du festival monégasque. Dans Escape At Dannemora, série de huit épisodes inspirée d’une histoire vraie, elle incarne Tilly Mitchell. Cette dernière est employée dans une prison et aide deux meurtriers à s’évader. S’ensuit une chasse à l’homme géante suivie de près par les Américains. Pour ce même rôle, l’actrice a déjà reçu cette année un prestigieux Golden Globes. Lors d’une conférence de presse, elle déclarait : « À 51 ans, Hollywood vous met progressivement à la retraite ! ». Avec ses multiples récompenses récentes, le moins que l’on puisse dire, c’est que la retraite ne l’effraie pas ! Patricia Arquette a, par ailleurs, remporté l’Oscar de meilleure actrice dans un second rôle en 2015 pour le film Boyhood.

Escape at Dannemora voit double

Cette série fait le plein de récompenses en remportant deux prix, l’un individuel, l’autre collectif. Le premier est celui de meilleure actrice (voir encadré par ailleurs), alors que le second récompense la série du titre de « Meilleur programme long de fiction ». Coup double donc pour cette fiction, tirée d’une histoire vraie, créée par Brett Johnson et Michael Tolkin et réalisée par Ben Stiller. Ce dernier, notamment connu pour ses rôles inoubliablement drôles dans Mary à tout prix (1998) ou Tonnerre sous les tropiques (2008), est très tôt passé derrière la caméra. Outre cette série, il a réalisé plusieurs films tels que Zoolander (2001), ou plus récemment La Vie rêvée de Walter Mitty (2013).

Un Français meilleur acteur

Toujours dans la catégorie « Programme long de fiction », le lauréat du titre de meilleur acteur est le Français Grégory Montel, pour son rôle dans La Soif de vivre. Il incarne dans cette série le mari d’une alcoolique, Lisa, interprétée par Claire Keim. Cette dernière a tout pour mener une vie heureuse mais sa consommation excessive d’alcool met son couple et sa famille en péril. Connu dès 2012 pour son jeu dans L’Air de rien, Grégory Montel partage sa carrière entre le cinéma et la télévision. Il a notamment joué aux côtés de Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus dans Les Trois frères : le retour (2014). Sur le petit écran, l’acteur est apparu dès 2007 dans Si c’était lui…, un téléfilm d’Anne-Marie Étienne. Les téléspectateurs ont aussi pu l’apprécier dans Vive la colo ! en 2012, et dans la série diffusée depuis 2015 Dix pour cent.

Multi-récompenses pour On the Spectrum

Dans la catégorie « Séries TV – Comédie », il n’y a qu’un nom à retenir : On The Spectrum. Cette série israélienne a raflé tous les titres : meilleure série TV, meilleure actrice pour Naomi Levov et meilleur acteur pour Niv Majar. Le synopsis de cette série à succès ? « Trois jeunes adultes autistes vivent en colocation et tentent de trouver leur équilibre, malgré les tracas du quotidien », décrit le site spécialisé Allociné. Dana Idisis, réalisatrice israélienne de 33 ans, est derrière la caméra. Devant, Naomi Levov et Niv Majar, acteurs israéliens peu connus, débarquent de manière fracassante dans le monde audiovisuel.

Allemagne, République Tchèque, Italie et Royaume-Uni représentés dans le drame

Trois récompenses, trois provenances différentes. Dans la catégorie « Séries TV – Dramatique », l’adaptation du livre L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante a remporté le titre de meilleure série TV. D’inspiration autobiographique, l’histoire conte l’amitié de deux jeunes filles grandissant dans un quartier de Naples, au début des 50. Dans cette même catégorie, le titre de meilleure actrice revient à Vicky Krieps pour son rôle dans la série d’origine allemande et tchèque, Das Boot. Celui de meilleur acteur est pour Richard Madden, héro de la série britannique Bodyguard.

L’audience aussi a son importance

Si le jury décerne la majorité des prix du festival de télévision de Monte-Carlo, l’audience joue aussi un rôle dans la remise de certaines récompenses. La catégorie « Prix de l’audience TV internationale » a couronné plusieurs lauréats. Le titre de meilleure série TV dramatique est pour The Good doctor. Série américaine produite par 3AD & ABC Studios, elle est notamment diffusée en France depuis août 2018 sur TF1. Elle met en scène un jeune docteur autiste très talentueux. Pour le titre de meilleure série TV crime, les États-Unis sont à nouveau à l’honneur avec la récompense reçue par L’Arme fatale. Diffusée elle aussi sur TF1, depuis 2017, elle met en scène deux policiers à priori incompatibles, qui forment pourtant un duo de choc. Dernier lauréat de cette catégorie consacrée aux audiences TV : From your heart to mine. Cette série indienne inscrit son nom en haut de l’affiche pour la catégorie meilleure « telenovelas ». Les spectateurs suivent les aventures d’un triangle amoureux, à la manière de Bollywood.

Des prix spéciaux au goût amer

Si les catégories précédemment citées laissent entrevoir, pour certaines, une bonne dose d’humour, les prix spéciaux récompensent pour la plupart des œuvres inquiétantes. Le prix spécial Prince Rainier III a été attribué à Drowning in plastic, littéralement : se noyer sous le plastique. La récompense s’inscrit dans le cadre de l’engagement fort de la principauté sur les thématiques environnementales. Yémen : les enfants et la guerre a récolté deux titres. Le premier lui a été décerné par le Comité international de la Croix-Rouge, le second dans le cadre du prix de l’Association Mondiale des Amis De l’Enfance (AMADE), une association présidée par la princesse Caroline de Monaco. Comme son nom l’indique, le documentaire suit l’évolution d’enfants à travers le conflit qui fait rage au Yémen depuis 2011.


journalistMaxime Dewilder