zéro déchets, cinq idées pour commencer

Anne-Sophie Fontanet
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A Monaco et aux alentours, on s’active pour proposer des idées plus respectueuses pour notre environnement. Petit tour d’horizon des initiatives locales pour trouver l’inspiration et s’y mettre en douceur.

1. Trier, trier, trier

Pourquoi faut-il trier ? La pratique n’est pas encore automatique, elle a pourtant un rôle prépondérant dans la diminution des déchets. « Trier ses déchets permet de les recycler. Sans tri à la source des déchets, il n’y a pas de recyclage », éclaire Marie Berard, directeur adjoint Propreté Environnement au sein de la société monégasque d’assainissement (SMA). Pour accompagner la population sur ce chemin, son entreprise a recruté quatre ambassadeurs du tri. Des ambassadrices plutôt puisqu’il ne s’agit que de femmes. Leur rôle consiste à informer et sensibiliser sur la gestion des déchets de manière générale. « Nous sensibilisons également à la réduction des déchets et proposons des formations sur le tri pour les entreprises. De plus, nous animons des interventions dans les établissements scolaires. Enfin, nous invitons les habitants à venir visiter avec nous le centre de tri des déchets de Cannes la Bocca », détaille Marie Berard. Est-ce que tout cela fonctionne ? « Les performances de tri sont élevées pour le verre, mais le tri du verre existe depuis plusieurs dizaines d’années. C’est donc rentré dans les habitudes, constate la directrice. Pour les emballages ménagers et le papier (bac jaune), les performances sont encore faibles. Mais tous les immeubles ne sont pas encore équipés en bacs jaunes. Ce tri est plus récent. Il faudra plus de temps pour qu’il rentre dans les habitudes des usagers. Cependant, la qualité du tri effectué dans les bacs jaunes est nettement supérieure à la moyenne nationale française. » Le taux de refus moyen en 2018 étant à Monaco de 17 % contre 25 % pour la moyenne française. Trier, c’est réduire ses déchets à la source. Et chaque fois que vous le faites, cela permet d’éviter des incinérations inutiles productrices de gaz à effet de serre. Le travail de la SMA et de ces ambassadrices du tri permettant à tous les usagers, y compris les entreprises, commerces et restaurants, de pouvoir trier dans leur immeuble est donc un pan essentiel de ces nouvelles pratiques en cours d’acquisition.

+d’infos : numéro vert des ADT : 800 20 40.

Toutes les informations sur le tri et le Mag du Tri, téléchargeable en français et en anglais, sont disponibles sur le site www.sma.mc.

2. Des applications pour éviter de gaspiller

Pepino, pour réhabiliter les fruits et légumes moches

Imaginé par Enzo Giusti de Oui ! Greens, l’application anti-gaspi pour tous, Pepino, met en lien producteurs et consommateurs désireux de consommer local sans avoir un produit parfait. Car ce n’est pas parce que les fruits et légumes sont moches (en langage commercial, on dit qu’ils sont « hors calibres »), qu’ils ne sont plus consommables. « Pour l’instant, Pepino est seulement lancé sur Nice. Nous avons commencé à prendre contact avec des agriculteurs de Menton, mais le réseau n’est pas encore opérationnel sur Monaco », précise son créateur. Le concept : Pepino mobilise la variété de la filière alimentaire locale pour aider les agriculteurs à trouver des acheteurs en circuit court, quel que soit le produit ou son état. En fait, l’application utilise un algorithme qui « identifie les acteurs de la chaîne alimentaire les plus capables de sauver les fruits et légumes invendables ». Pepino s’adresse aux particuliers, comme aux professionnels.

Too good to go, les invendus à prix cassés

Parce que 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en France (soit 20 tonnes par minute ou 317 kg chaque seconde), parce que le gaspillage coûte 16 milliards d’euros par an, Lucie Basch a eu l’idée de créer l’application Too good to go, afin que les enseignes qui le souhaitent vendent à prix très réduit leur marchandise invendue du jour. Et ça fonctionne. A Monaco, plusieurs boutiques jouent le jeu, comme A Roca Fontvieille, Ici Salad Fontvieille, la maison Mullot ou encore la maison Dubernet. A la Condamine, on peut opter pour Délicieux Déjeuners, Ici Salad Princesse Caroline, A Roca Sainte-Dévote ou, un peu plus à l’Est avec Ici Saint-Charles.

3. Consommer local

Cela va peut-être en étonner plus d’un, mais le département des Alpes-Maritimes compte 1 675 exploitations agricoles, dont 1 270 s’étendent sur moins de 2,5 hectares. Car c’est bien le foncier l’obstacle le plus compliqué dans ce département. Au total, 65 % de ces producteurs vendent en circuit court. Sur l’ensemble, on ne comptabilise que 218 exploitations qui travaillent en biologique. Surtout de la polyculture maraîchère, de l’élevage et de l’horticulture. Le département des Alpes-Maritimes est pourtant le deuxième de France, après la Corse, en termes de surfaces agricoles, avec 44 000 hectares disponibles. Pour trouver des petits producteurs et des idées de recettes locales, vous pouvez jeter un œil au site des Nouvelles gastronomiques Côte d’Azur/Monaco dirigé par Fabrice Roy.

+d’infos : cotedazur. nouvellesgastronomiques.com.

4. Recycler comme un lombric pour faire son compost

La société monégasque d’assainissement (SMA) et la direction de l’aménagement urbain (DAU) vont prochainement lancer un projet de lombricompostage en principauté. « C’est une thématique qui a fréquemment été citée par les habitants lors des différentes manifestations auxquelles nous participons en tant qu’ambassadeurs du tri, comme la tenue de stands sur les marchés ou la participation à des évènements », explique Myriam Aarras, ambassadeur du tri à la SMA, en charge du développement de ce dossier. Même s’il existe déjà quelques sites effectuant du compostage traditionnel à Monaco, la DAU a fait l’acquisition de 10 “lombricomposteur”, afin de faire une expérimentation via un appel à manifestation d’intérêt. « Les candidats — tous volontaires — ont été sélectionnés après étude de leur dossier de candidature. De plus, j’ai eu l’opportunité de suivre une formation de guide composteur courant mars 2019 », poursuit Myriam Aarras. Ces 10 volontaires vont bénéficier d’un lombricomposteur chacun et d’une petite formation. Ils s’engagent à mener cette expérimentation sur au moins une année. Il s’agit de particuliers et des professionnels, comme des établissements scolaires ou des bureaux, qui ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt. « En fonction des résultats, le projet pourra être élargi à un plus grand nombre », conclut Myriam Aarras. Pour les personnes intéressées, il existe 9 sites de compostage public à Monaco : par Terre de Monaco au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), à la tour Odéon, à la fondation prince Albert II et au Monte-Carlo Bay. Mais aussi par la direction de l’aménagement urbain (DAU) à l’école de Fontvieille et à la Villa Sauber, à la direction de l’environnement, au Stars’n’bars et au parc princesse Antoinette.

De gauche à droite, Bernadette Monfort, Evelyne Tonelli et Renate Solari de l’association Ecopolis.
De gauche à droite, Bernadette Monfort, Evelyne Tonelli et Renate Solari de l’association Ecopolis.

5. Pratiquer la cuisine zéro déchet (1)

Plutôt salé ?
Bouillon, chips ou velouté avec les épluchures de légumes

Bouillon : Éplucher les légumes après les avoir soigneusement lavés (carottes, navets, tronc de choux, pomme de terre, vert de poireau, courgettes etc.). Dans une casserole, faire revenir un petit oignon dans un peu d’huile d’olive, sel et poivre ; ajouter les épluchures et tiges (sans oublier les pelures de l’oignon) et couvrir avec de l’eau. Faire bouillir en laissant un peu réduire pour avoir plus de goût. Conserver ce bouillon dans un bocal au frais (2 ou 3 jours maximum). L’utiliser pour vos potages, vos sauces, vos béchamels etc. On peut aussi mettre ce bouillon concentré dans des bacs à glaçons et les congeler. Vous avez ainsi des cubes de bouillon prêts à l’emploi.

Chips : Les épluchures de carottes, navets, courgettes peuvent être frites dans une friteuse, ou passées au four 30 minutes légèrement huilées, ou encore sautées à la poêle et devenir de délicieuses chips.

Velouté de troncs et feuilles de chou (brocoli, chou-fleur, romanesco) : Dans une casserole pleine d’eau salée (ou de bouillon maison), mettre les troncs de chou (au préalable, enlever à l’économe ou au couteau la peau dure et filandreuse), les feuilles, une grosse pomme de terre, un oignon un peu de vert de poireau ou une branche de céleri (facultatif), un petit oignon. Faire cuire environ 20 minutes. Mixer. Servir seul ou avec des croûtons.

Plutôt sucré ?
Des muffins ou un gâteau avec une peau de banane

Recette pour 3 peaux : Ôter les extrémités des peaux, couper les peaux et les faire cuire dans 250 ml d’eau jusqu’à absorption de l’eau. Mixer. Dans un saladier, battre 2 jaunes d’œufs avec 80 g de sucre et 40 g de beurre fondu. Ajouter 180 grammes de farine, 1⁄2 paquet de levure (ou 2 cuillères à café de bicarbonate de soude) et les peaux mixées. Faire monter les blancs en neige et incorporer délicatement à ce mélange. Répartir dans des moules à muffins ou dans un grand moule à bords hautes et cuire environ 25 minutes à thermostat 6/7 (la pointe du couteau doit ressortir sèche). Variante : on peut mettre dessus (en les enfonçant un peu dans la pâte) des tranches de banane. On peut aussi ajouter des pépites de chocolat à la pâte ou de la noix de coco.

(1) Ces recettes ont été imaginées par l’association Ecopolis qui nous a permis de les diffuser.






journalistAnne-Sophie Fontanet